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Congrès de pédagogie Freinet

Comme je l'ai déjà souvent souligné, ma pratique pédagogique est fortement inspirée par la pédagogie Freinet et s'il en est ainsi, c'est grâce à toutes ces rencontres que l'Icem, l'association qui regroupe les membres du mouvement Freinet, organise.

Régulièrement des réunions, des stages, et tous les deux ans, un congrès ont lieu, donnant à chacun des participants une formidable occasion de s'enrichir, partager, échanger, se donner de nouvelles perspectives pour avancer, même (et surtout) dans un contexte éducatif pas franchement favorable.

Du 21 au 24 août prochain, à Strasbourg, se tiendra le 49ème Congrès, moment fort réunissant des participants de toutes régions et aussi de tous pays, débutants, simples curieux ou "chevronnés" en pédagogie Freinet.

J'y serai (j'y ferai d'ailleurs des interventions de clown, témoin particulier de ce qui s'y passe) et je vous conseille vraiment de vous y inscrire et vous y rendre pour assister aux conférences, ateliers, moments de "trocs de trucs", discussions, partages, moments festifs et conviviaux,  et tout ce qui s'y passe de rare et de précieux entre personnes désireuses d'enseigner et penser autrement.

Voilà le lien pour tout savoir :

Pour tout savoir sur le Congrès Freinet

Les Phraseux

Il y a un peu moins d'un an sortait mon livre "Phrases, langue et fantaisies", la suite de "Verbes, Sujets et compagnie". On y retrouvait le verbe Aimer à la rencontre souvent rocambolesque des personnages constitutifs, et ici imaginaires, de notre langue, nous la faisant découvrir ainsi bien autrement qu'à l'école.

Dans ce second tome il partait en mission exploratrice chez les Phraseux, 26 peuples maniant les registres de la langue comme personne, et à l'issue de sa mission, il pouvait revenir au Village des verbes, porteur de nouvelles possibilités de jouer avec les mots.

C'est ainsi que le lecteur pouvait découvrir, entre autres, les rigides Alpha-Bêtas, les collants Familiards, les étonnants Inventeux, les pas faciles Juge-moi-ça, les drôles d'Onomat', les "en guerre" Qui-Que-Quoi et Yakas, les nobles Raffinus, les fatigants Tchatchos, les sarkoziens Vas-y fonce ou bien les imprévisbles Zinzins.

On pouvait aussi s'amuser à voir une simple phrase "Bonjour, je voudrais visiter votre pays" se transformer de 26 façons.

Il y a peu de temps, j'ai fait travailler un groupe d'élèves de CM2 sur le livre et on a pu écrire à la manière des Phraseux. A partir d'une simple phrase, "Bonjour, je voudrais acheter une Wii pas chère", ils se sont régalés à la transformer comme s'ils étaient un représentant de ces peuples.

J'ai pu constater que c'était une formidable occasion de jouer avec la langue, ses registres, son vocabulaire, et plus largement toutes ses possibilités. En voici la preuve :


Et si vous voulez découvrir vous-même le livre :

Phrases, langue et fantaisies

La beauté

Compte-rendu brut de trois ateliers de réflexion conduits en mars 2009 avec des élèves de CE1.

 

Ce que je trouve fort intéressant, c'est le cheminement de ces ateliers. On sent que le groupe classe mène un parcours collectif et personnel autour de la notion de beauté, chacun glanant dans les paroles des autres ce qui peut le faire avancer vers une certaine complexité de pensée. Il en était de même sur le thème du racisme.


A noter la dernière parole du dernier atelier : "C’est pas parce que la maison du monstre est moche et mal rangée, que le monstre est moche, lui aussi. C’est pas parce que chez moi, c’est pas joli et plein de cochonneries, que je ne suis pas jolie."


C'est grâce à ces moments de paroles libres et en même temps organisées que des espaces intérieurs se libèrent chez l'enfant - notamment chez ceux qui ont les espaces de parole rares dans leur vie - permettant alors une plus grande estime de soi, et dès lors, toutes les découvertes et tous les apprentissages.

 

C’est quoi être beau ?

- Etre beau, c’est quand quelqu’un est dans la rue, il s’est bien lavé. On peut dire aussi belle, parce que y a pas que beau, beau c’est pour le masculin et belle c’est pour le féminin

- Moi je dis qu’être beau ça veut dire être bien coiffé, être bien habillé, des choses comme ça..

- Etre beau c’est quand t’as une belle coiffure, t’as des belles chaussures.

- Etre beau c’est quand par exemple, y a une dame qui sort dans la rue, elle est maquillée, elle est coiffée, elle s’est bien lavée.

- Etre beau ou belle, c’est naturel. C’est que quand t’es belle c’est pas seulement avec ta coiffure, tes habits, c’est aussi naturel dans le visage.

- Etre beau, ça veut dire que parfois on met des costards ou des habits beaux, on a envie de se faire beau, parce que dans la rue, j’avais déjà vu un garçon qui s’est habillé en costard et tous les garçons font ça.

- Etre beau, faut quand même être riche pour avoir des beaux habits et comme ça, on est très beau. Etre beau, c’est pas que de la mode, y’a pas que les filles qui sont belles, y’a aussi les garçons, même des chiens, tous ceux qui sont sur la terre peuvent être beaux ou belles.

- Quand on dit qu’on est beau, c’est le contraire de laid, donc beau, c’est si on trouve quelqu’un qui s’est bien lavé, qui s’habille en choses qui sont belles ou beaux.

- Etre beau c’est quand on a des vêtements qui ne sont pas sales et c’est aussi quand la couleur va bien avec nous.

- Mais aussi, c’est pas nous qui décidons d’être beau ou belle, c’est nos parents qui nous ont fait et des fois, on peut être beau ou des fois pas très beaux.

- Etre beau c’est quand par exemple tu vois quelqu’un aller à un mariage, elle doit avoir une robe bien et des belles chaussures parce tu ne vas pas à un mariage avec un pantalon ou des converses. Mais beau, c’est pas juste avoir une belle robe, tu peux très bien être beau en étant naturel, comme t’es d’habitude.

- En fait, c’est pas nous qui avons fait nos corps, c’est Dieu, c’est grâce à Dieu qu’on a une belle peau.

- Moi je dis que pour être beau, c’est pas la couleur qui compte. Si t’es beau ou belle, c’est juste que toi, tu es naturel. Il faut être naturel, tu dois bien te sentir dans ta peau au lieu de prendre beaucoup de choses pour être belle et beau, du maquillage. Moi, je préfère être naturelle au lieu de se maquiller beaucoup comme les grandes personnes qui font ça pour être très très beaux.

- On peut être beau au naturel ou des trucs comme ça, en étant avec les tenues parfois les plus moches qu’on a, avec notre peau, ça peut très bien aller. Et aussi la beauté, c’est se coucher tôt, c’est pas que les habits ou le maquillage et les trucs comme ça, c’est aussi de bien se coucher, de tous les jours se laver, de bien manger.

- Moi je dis que la beauté c’est un peu de la mode.

- Ce n’est pas obligé d’être riche pour être beau.

- On n’est pas obligé de se maquiller pour être beau ou belle.

- C’est vrai que parfois y’a des gens qui s’habillent mal, mais dans leur visage, ils sont beaux ou belles.

- Si on dort, ça c’est pas de la beauté, ni manger, ça c’est pas de la beauté c’est autre chose.

- Moi je dis que la beauté, c’est peut être le corps, la tête, les cheveux, ça peut-être autre chose, les yeux, la bouche, ça peut-être autre chose que les habits.

- Dormir, manger, c’est pas la beauté, c’est pour son énergie et pour soi.

- C’est pas obligatoire d’avoir des affaires qui sont achetées dans un magasin très connu où c’est très cher, tu pourrais très bien t’acheter des choses simples et aussi, t’as pas besoin de te maquiller parce que si tu te maquilles trop, ça cache un peu tout ton visage, ça cache un peu ton côté naturel

- Quand on mange et on dort, c’est pas de la beauté, parce que c’est pour se reposer.

- Moi je dis qu’être beau, on peut être beau dans son cœur, être beau en gentillesse. Etre beau dans la gentillesse, ça veut dire on est beau mais gentil aussi, on est sympa quoi.

- Dormir et manger, c’est pas de la beauté, c’est pour notre énergie, notre sang et tout ce qu’on a dans notre corps, mais c’est aussi pour vivre.

- Etre beau ou belle, c’est pas obligé. On peut être aussi moche. Toi, tu dis que toi, tu es beau, il faut pas croire les gens, peut-être toi, tu es beau ou belle, tu te dis que toi tu es beau ou belle, mais faut pas croire les gens qui disent que tu es moche, après tu te mets du maquillage pour cacher ta peau.

 

Faut-il être beau dans la vie ?

- C’est pas obligé, mais la moindre des choses, c’est d’être beau.

- On est naturel, on peut être aussi moche.

- Des fois, on est beau naturellement. On peut se maquiller pour être beau.

- Pas obligé, y’en a qui sont moches, ils peuvent être beaux dans leur cœur.

- On n’est ni moche ni beau. Quand on dit que quelqu’un est beau, c’est qu’il a des choses spéciales, une belle robe, des belles chaussures. On n’est pas obligé, on peut être normal. Y’a pas de mal à être comme tu es.

- On peut ne pas être maquillé et être beau naturellement.

- C’est pas obligé, t’as pas besoin de plaire aux autres, tu est comme tu es. Tu peux être beau et les autres ne te trouvent pas beaux. C’est à toi que tu dois plaire d’abord.

- T’es pas obligé. Faut essayer de mettre des habits normaux. Si tu mets des habits jolis, les autres vont dire : « Elle est belle, mais y’a de la triche dans sa beauté. » On peut être beau avec les habits qu’on trouve moches, si tu mélanges bien.

- Les habits peuvent être moches mais le corps peut être beau.

- On n’est pas obligé. Si on n’est pas beau, c’est qu’on ne veut pas être beau.

- Si on est beau, ça sert à rien.

- La beauté, ça ne compte pas toujours dans la vie. Tu dois être toi-même. Si y’a une fleur, tu peux dire qu’elle est belle et une autre fleur qu’elle est moche, c’est pareil que pour les hommes.

- Si tu te mets trop de maquillage, tu vas devenir un clown. Faut rester naturel.

- Quand t’as plein de maquillage, ça veut pas dire que t’es beau.

- On peut être belle en s’occupant bien de soi, en faisant sa toilette, sa propreté. Si t’achètes des habits naturels, en plus ça fait des économies.

- Si tu t’habilles bien et que tu vas à une soirée, les hommes peuvent te trouver ravissante et être fous de toi.

- Je ne veux pas m’habiller belle.

- Si ça se trouve, quelqu’un sans maquillage n’est pas beau. On ne peut pas dormir avec son maquillage, tout faire avec, en plus.

 

Un monstre peut-il être beau ?

- Non, car ça a plein de boutons, des trucs comme ça.

- Un monstre, ça pourrait être beau. Même si vu de l’œil, on croit qu’il n’est pas beau, mais ce qui nous intéresse, c’est pas de le voir vraiment, mais de sentir sa beauté intérieure, sinon, ça sert à rien.

- Des fois, y’a des monstres beaux.

- Un monstre, ça ne peut pas être beau, car les monstres, c’est fait pour faire peur, et non pas pour être beau. C’est pas en étant beaux qu’ils vont faire peur aux enfants.

- Les monstres, c’est pas forcément moches. Y’a des monstres qui peuvent se transformer en gentils monstres. Ce qui compte c’est sa gentillesse et sa façon intérieure d’être beau.

- Un monstre, ça ne peut pas être beau, car ça fait peur aux enfants dans les histoires.

- Les monstres, y’en a qui sont gentils dans leur cœur.

- Un monstre, c’est pas toujours moche, on peut inventer des monstres qui sont beaux, pour être gentils plutôt.

- Si les monstres étaient beaux, ce ne serait plus des monstres. Les monstres, ils font partie de la cruauté. 

- Un monstre, ça peut être beau, mais la plupart sont moches.

- Y’a peut-être des monstres qui sont beaux.

- Un monstre, ça peut être moche et gentil.

- Y’en a qui sont gentils dans les films. Dans la réalité, ça n’existe pas, les monstres. En tout cas, on ne doit pas les traiter de moches.

- Y’en a des beaux, y’en a des moches.

- Ca peut être beau. Y’a pas de lois qui disent qu’ils doivent absolument faire peur.

- Si les monstres ne faisaient pas peur, les enfants lui diraient « Mais tu ne me fais pas peur ! »

- Les monstres peuvent être gentils et tout ça, ça peut faire beaucoup de beauté. Gentil, ça peut être beau.

- Moche, c’est pas faire peur. La mocheté ne fait pas obligatoirement peur.

- Un monstre, ça peut être moche, mais quand on lui dit t’es moche, ça lui fait de la peine.

- Un monstre, si c’est moche, ça peut nous faire peur, par exemple un ogre.

- Si des monstres sont beaux, ils deviennent des copains pour les enfants.

- C’est pas parce que la maison du monstre est moche et mal rangée, que le monstre est moche, lui aussi. C’est pas parce que chez moi, c’est pas joli et plein de cochonneries, que je ne suis pas jolie.

Le racisme

Quand des enfants de CE1 s'interrogent sur ce qu'est le racisme, sur le pourquoi du racisme, et même sur la question, "Est-ce qu'ils pourraient être racistes ?", on est loin des clichés et des belles paroles.

Ecoutez-les :


PS : Ma mission à la rentrée : leur faire dire les mots "raciste" et "racisme" sans se tromper.

Eloge de l'inattendu en pédagogie

Dans ce blog, j’essaie d’envisager la classe avec un autre regard que celui qui nous est de plus en plus imposé dans l’Education nationale au nom d’une pseudo efficacité, un regard inspiré, entre autres, de la pédagogie Freinet,

 

Je vous fais partager des outils, des idées, des moments d’expression et de pensée, mais derrière tout cela - et peut-être devant  - il y a une chose qui est là en classe et qu’on oublie souvent de percevoir, car non quantifiable, difficilement définissable et un peu effrayante. Cette chose-là, c’est l’inattendu.

 

Qu’entendons-nous par inattendu ?

 

Il y a en chacun des enfants que nous accueillons des désirs, des émotions, des passions, des peurs, voire des blocages et empêchements, qui nous échappent (et c’est heureux). Tout cela existe même chez les plus réservés ou les plus scolaires. Le plus souvent, on essaie de ne pas le voir, d’en considérer les manifestations comme a-scolaires, relevant de professionnels spécialisés ou de la famille, et pourtant, c’est bien là.

C’est la sphère de l’intérieur, qu’on demande généralement de garder en soi, et pourtant qui nous meut, nous agite, nous remue.

 

Cette sphère de l’intérieur, voire de l’indicible, a sa place en classe. Plutôt que d’affirmer que celle-ci ne fait pas partie de notre travail de maître, on peut choisir de l’accueillir quand elle se déclare, et même, par tous nos appels à l’expression libre et à la création, à en favoriser l’émergence. Sans tomber bien sûr dans un psychologisme déplacé où on jouerait avec l’intime…

 

Pourquoi prendre ce risque, alors qu’il est tellement plus facile et attendu par l’institution de faire avancer les apprentissages sur du terrain connu et balisé, sur un savoir travaillé depuis des siècles, celui qui fonde notre culture commune ?

 

Parce que, comme le disait Jacques Lévine, ce penseur si précieux qui a su explorer les relations entre pédagogie et psychanalyse, qui nous rappelle ainsi que notre métier est fait de complexité humaine, l’école devrait être un espace dans lequel on partirait à la conquête des secrets de la vie, et pour cela, on a besoin de solliciter toutes les dimensions des petits êtres qu’on a la chance de faire avancer et grandir. Nous ne pouvons nous permettre de rejeter ces élans, ces impulsions, ces sensations, ces émotions qui les constituent.

 

Dès lors qu’on accepte ce bouillonnement humain dans nos classes, quitte à risquer d’en être parfois désarçonnés, et qu’on met en place les cadres appropriés pour l’accueillir, quelle richesse nous favorisons là !

 

C’est lorsque quelque chose nous échappe, ce quelque chose qui tient de la vie et ses secrets, que nos élèves pourront trouver leur place, développer leurs apprentissages et… respirer. Et c’est pour ça qu’on est là, non ?

 

PS : Un numéro du Nouvel Educateur, revue du mouvement Freinet, traite en avril de cet inattendu : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/icem-info/publications/nouvel-educateur

Le clown et l'instituteur

Je vous propose de réfléchir à la relation, a priori improbable, qui pourrait exister entre une pratique théâtrale qu'est le clown de théâtre, à différencier du clown de cirque, et notre pratique de classe.
Pourquoi cette envie ? Parce que, depuis de nombreuses années, j'ai été amené à me frotter parallèlement à ces deux pratiques. Ce devait avoir un sens...
 

LE CLOWN

Le clown est un personnage muni d'un nez rouge, un masque qui lui permet de jouer tous les personnages dési­rés sans être pour autant chacun de ces personnages. On dit qu'il joue à être ce personnage et à tout moment il sait qu'il joue à jouer donc, à tout moment aussi, il a l'autorisation de chan­ger de personnage ou de "dire" au public comment il vit tel ou tel per­sonnage. Un exemple? Je peux rentrer sur scène en jouant un aventurier dans la forêt d'Amazonie, arrêter mon aventure pour faire partager mon ressenti de clown au public, revenir à mon personnage et même, au contact d'un partenaire clown, entrer dans son jeu et jouer à être son assistant pour repeindre son appartement.

L'essentiel étant que lorsque le clown joue à être, il y croit totale­ment, vivant ses émotions et les événements à fond, tout en sachent qu'il ne fait que "jouer à".

II est ici et maintenant sur scène, prêt à réagir à tout ce qui pourrait arriver (l'arrivée d'un partenaire, les réactions du public, une envie sou­daine, etc.), simplement à l'écoute de lui-même et de son environnement.

L'INSTITUTEUR

L'instituteur, et notamment celui pratiquant la pédagogie Freinet ou toute pratique mettant l'élève et son cheminement au centre des apprentissages a pour moi de nombreux points communs avec le clown de théâtre.

Quand il se trouve sur sa "scène de classe", il est, comme le clown, à l'écoute de toutes les expressions de son envi­ronnement.

Qu'elles soient issues des enfants, du quartier, ou plus largement du monde, il saura s'en saisir pour rebondir pédagogiquement, tout de suite ou en différé. Pour le clown comme pour l'enseignant, ces expressions représentent une for­midable "nourriture" pour avancer, l'un dans le jeu, l'autre dans les apprentissages, car l'essentiel est le chemin, avec ses détours, ses rup­tures, ses élans.

Par exemple, le clown entre sur scène avec pour objectif de jouer un morceau de musique qu'il a composé, mais peut-être que l'installation et la préparation de son numéro prendront toute la place et qu'il ne jouera jamais son morceau.

Evidemment, pour l'enseignant, l'ob­jectif de faire avancer les savoirs doit être, lui, atteint mais la démarche pour y aboutir est au moins aussi essentielle.

 

De même façon, la démarche coopé­rative est aussi nécessaire pour le clown que pour l'enseignant. On dit que le clown doit tou­jours "dire oui" à ce qui arrive, une proposition de son partenaire clown, une réaction du public, etc. Ainsi, lorsqu'un partenaire entre sur scène avec une proposition nouvelle, le clown déjà présent doit entendre cette proposition et l'intégrer dans son jeu comme source d'enrichisse­ment.

Inutile de dire que dans une classe, la coopération est aussi une source d'enrichissement pour tous.

 

Je suis de plus en plus persuadé que des pratiques comme celle du clown ne peuvent que favoriser notre pra­tique d'enseignants, "freinétiques" ou non.

Les exposés

Une petite précision d'abord : il y a en ce moment un problème d'écoute des enregistrements que j'ai mis sur le blog. J'essaie de résoudre le problème.

Cette semaine, j'ai proposé qu'on s'entraîne à préparer des exposés, ce qui est assez nouveau pour mes élèves de CE1.

D'abord, j'ai envie de dire ce que je ne voulais pas sur ces exposés :

1) Je ne voulais pas que les enfants se contentent de recopier sur affiches des textes tirés de documents puisés sur internet ou dans livres, documents souvent peu adaptés à de jeunes enfants.

2) Je voulais être sûr qu'ils soient capables de raconter sans lire ce qu'ils avaient retenu sur un sujet et qu'ils puissent répondre à des questions simples dont les réponses étaient dans leur document.

3) Je souhaitais que la présentation de ces exposés ne soit pas un moment fastidieux pour les autres élèves, notamment quand les "conférenciers" se contentent de lire leur affiche.

Voilà comment j'ai procédé :

- Des groupes de deux ont été constitués et une fois constitués, chaque duo a choisi un animal sur lequel il souhaitait travailler.

- J'ai distribué à chaque duo un document simple, tiré des numéros spéciaux du Petit Quotidien.











- J'ai demandé aux duos de lire ensemble leur document, de se répartir les parties du document à présenter, puis de le lire chez eux (comme leçon).

- Le lendemain, chaque membre du duo devait poser des questions à l'autre pour vérifier la préparation. Puis, on a essayé quelques présentations-test devant toute la classe pour lesquelles je suis pas mal intervenu, mettant l'accent sur les règles pour mener une présentation claire et  organisée : parler assez fort ; se répartir harmonieusement les prises de parole, etc.

- Les jours suivants, les présentations se sont faites, centrées sur l'oral, les documents ne pouvant être lus.

Si je considérais que l'exposé était réussi - j'ai estimé, à tort ou à raison, qu'une évaluation juste de la qualité de ces exposés était difficile à faire pour les enfants  -  chaque duo devait dessiner l'animal en grand et avec légendes et on  prenait rendez-vous avec une grande classe pour qu'ils présentent l'exposé.

Les enfants se sont bien investis dans leur préparation et leur présentation. Un moment donc à reconduire, sur propositions des enfants, cette fois-ci, en leur donnant alors plus d'autonomie.