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Ma future classe de CE2/CM1 (troisième partie)

Cette future classe de CE2/CM1 continue à me stimuler. J'ai vraiment envie d'essayer quelque chose de nouveau tout en restant positionné sur mes principes invariants exposés en première partie.

Alors j'ai avancé sur l'idée de faire travailler les enfants en petites unités axées sur du tutorat et en même temps d'y ajouter des moments où ils travailleraient avec moi sur de nouveles notions à acquérir.

J'ai imaginé des trios mensuels (à la place des duos), trios formés par un CE2 plutôt faible, un CE2 plutôt fort et un CM1 (j'aurai davantage d'élèves de CE2).

Chaque jour, pendant un temps de 45 minutes le matin et 45 minutes l'après-midi, les groupes "fonctionneraient".

Le matin, les duos de CE2 travailleraient ensemble sur une mission qu'ils auraient choisie dans une liste de missions à effectuer, liste que j'aurai établie en fonction du programme, mais aussi de leurs propositions. Exemple de missions : écrire un dialogue, apprendre la conjugaison d'un verbe, connaître une technique opératoire, écrire une poésie, etc. Il y aurait des missions spécifiques CE2 et CM1.
Pendant ce temps de duos de CE2, je travaillerais, avec les enfants de CM1 qui restent, sur une nouvelle notion ou sur un point à approfondir, moment donc plus magistral.

L'après-midi, les "CE2 forts" et les CM1 travailleraient ensemble sur leur mission pendant que je travaillerais avec les "CE2 faibles" sur de nouvelles notions à acquérir ou sur un point à consolider.

Ce système des trios divisés en duos et solos est encore à penser, notamment sur leur mise en place pour ce que ça ne devienne pas une "usine à gaz". Il y a aussi à réfléchir sur les "CE2 forts" : les missions avec les CM1 suffitont-elles pour eux ou leur faut-il aussi des moments avec moi ?

Il va falloir aussi que je commence à lister plus précisément les missions...

... et les moments de classe prévus à ce jour, compte tenu de ce projet des missions : "Temps des missions", "Présentation des missions à la classe", "Je fais partager", "Travail personnel", "J'écris", etc.

Ma future classe de CE2/CM1 (deuxième partie)

CE2/CM1, c'est considéré comme une classe à double niveau et l'avantage d'une telle appellation, CE2/CM1, c'est que transparaît clairement cette idée de différence  - alors qu'en ayant une classe de CE2, on s'imagine à tort pouvoir conduire une pédagogie monolithique adaptée à tous.

Pour gérer ce double niveau, que j'ai déjà eu il y a deux ans, je passais jusqu'à présent des moments avec les CE2 pour mathématiser pendant que les CM1 étaient en autonomie sur du travail personnel (écrire un texte, fiches lecture, lecture silencieuse) et puis on faisait le contraire.
Pour ce qui est des autres disciplines, les deux groupes travaillaient ensemble avec une différenciation sur mes demandes d'activités et mes exigences.

Aujourd'hui, je me demande si cette division CE2/CM1 a vraiment du sens.

Ne pourrait-on pas plutôt constituer des duos d'enfants qui avanceraient ensemble autour de questionnements et de projets de conquête sur la langue, sur les mathématiques, sur le monde (cf mon billet du 1er mars) ?

Exemple de questionnements-recherches :
- Comment partager une quantité en parts égales ?
- Comment décrire des figures géométriques complexes ?
- Comment écrire sur un événement vécu (notion de passé composé) ?
- Comment écrire un dialogue entre deux personnes ?
- Comment connaître une période de l'histoire ?
- Comment mieux conjuguer des verbes compliqués ?
- Comment mieux écrire sans faute des mots usuels ? Quels mots ?
- Comment élargir son vocabulaire (chasse aux mots) ?

Chaque duo travaillerait autour de ces questions, par exemple une en langue française et une en mathématiques par semaine, et aurait pour objectif de faire une présentation de sa recherche à l'ensemble de la classe et qu'un transfert de savoir puisse ainsi se faire, avec fiches d'entraînements pour vérifier.

Ces questions seraient proposées chaque semaine par moi-même, en fonction de ce que j'attends comme avancées liées au programme et aux besoins de conquête, ou par les élèves en fonctions de leurs envies.

Les duos seraient constitués sur trois semaines à partir d'une liste d'enfants divisée en deux colonnes, liste que j'établirais, avec une colonne d'enfants plutôt en besoin d'ête aidés et une d'enfants plutôt en capacité d'aider (sachant que la différenciation aidé/aidant n'est pas si simple). Je tire au sort un enfant de la première colonne qui choisit un enfant de la seconde colonne, qui ne peut refuser, et ainsi de suite. Pour des enfants qui voudraient travailler seul, on peut en discuter.

Dans l'emploi du temps, il y aurait deux moments de 30 à 40 minutes, un le matin, un l'après-midi, appelés "Nos recherches", consacrés à ces questionnements, et il y aurait évidemment des temps de présentation à la classe et des temps d'entraînement sous forme de fiches d'exercices ou d'activités à l'ardoise et dans un cahier.

A creuser, car il y a plein de questions en suspens, dont :
- quid de moments plus magistraux ?
- quid des spécificités du programme de CM1 ?
- quid des duos qui ne "fonctionneront" pas ?

Ma future classe de CE2/CM1 (première partie)

L'année prochaine, m'attend une classe de CE2/CM1.

J'ai le temps pendant ces vacances d'y réfléchir, de l'oublier (bien heureusement), de la laisser mener son chemin en moi, mais surtout, surtout, ne pas me laisser envahir par ces paroles : "Mais comment vas-tu faire pour gérer un double niveau ?"

Car je sais qu'il y aura d'abord des invariants  :

Premier invariant : Que l'on poursuive en classe ces moments précieux de Travail personnel dans lesquels les enfants explorent, découvrent, créent et réalisent, apprennent, échangent (mon billet du 15 février).

Deuxième invariant : Que toutes leurs réalisations soient partagées, là aussi quotidiennement, au sein de la classe, en premier lieu, en dehors de la classe, ensuite (mon billet du 14 février).

Troisième invariant : Que tout ce qu'on fera en classe soit sous le signe de la conquête (mon billet du 1er mars) : on conquiert les secrets de la vie (Ateliers philosophie), les secrets du monde (Travail sur l'actualité : mon billet du 22 février), les secrets de la langue (Toilettage de texte ; Travail ludique à partir de "Verbes, sujets et compagnie" et "Phrases, langue et fantaisies"), les secrets mathématiques (création et recherche mathématique)

Quatrième invariant : Que le tutorat soit au centre de l'atmosphère de classe, car l'aide entre pairs a bien plus d'impact que l'aide du maître (l'une excluant pas l'autre, cependant)

Cinquième invariant : Que l'évaluation du travail de chacun soit la plus discrète possible, passant après le plaisir de la découverte, de la conquête, de l'échange.

La prise en compte du double niveau, je soiuhaite ne le faire que dans un second temps, une fois que je serai sûr que ces cinq invariants seront garantis par mon organisation et mon emploi du temps.

J'en parlerai dans un message de seconde partie.

Evaluer ? (complément au précédent message)

En fait, j'essaie de centrer toute mon activité de classe sur l'apprendre (c'est pour cela que Philippe Meirieu m'a tant plu dans ses écrits et dans ses mots), tout en m'efforçant de faire en sorte que ça ne voit pas trop, que l'apprendre fasse partie naturellement du décor, avec le moins possible de "il faut que...", "tu dois...".

Je sais quand même que ça viendra d'abord par l'atmosphère de classe, avec de l'expression, du partage, des projets personnels, de la transmission (par moi, mais aussi par les enfants), de la pensée, de la créativité et du jeu, de l'entraînement, et bien sûr de la reconnaissance, autant que possible, de chacun.
Tant que je ressens de l'apprendre dans la classe, même si je n'en maîtrise pas les tenants et aboutissants, je suis heureux.

L'évaluation de cet apprendre me parait être le plus souvent qu'une perte de temps, voire un danger :
- ça risque de stigmatiser, ce qui est dommageable, vu que ça n'évalue que sur des critères partiels de réussite qui ne servent souvent qu'un profil d'élèves
- ça ne parle guère aux enfants, sinon comme réponse à la question classique : "Tu as bien travaillé ?"

Un exemple : Quand ils sont en "Travail personnel" dans ma classe, il n'y a pas de Plan de travail (trop proche pour moi de l'idée de contrat et de quantitatif, nombre de textes à écrire, de fiches à faire, etc., qui nous rassurent, nous les enseignants, mais qui remet trop l'apprendre dans de l'obligation). En revanche, dans leurs choix d'activité, ce doit obligatoirement être un projet où ils auront à découvrir, donc à apprendre : une maquette nouvelle en carton, un exposé sur un sujet nouveau, quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas encore, qu'ils auront à réexplorer ou à découvrir.

Evidemment, j'évalue quand même, comme tout le monde, le moins possible, mais je me pose toutes ces questions.