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Clown et Philosophie

Vous pouvez regarder un reportage sur une télé locale (Bussy Saint Georges) autour de la rencontre de la philosophie et du clown, que j'ai voulu expérimenter, animation que j'ai pu mener mercredi dernier en médiathèque avec 14 enfants qui s'y étaient inscrits. Ce fut une expérience vraiment intéressante. A approfondir.

Pourquoi la mort existe-t-elle ?

Suite de notre série d'ateliers de réflexion sur la mort avec cette question "très difficile", comme le dit un élève  : "Pourquoi la mort existe-t-elle ?"

Les enfants sont toujours aussi présents, investis et en vrai questionnement (les regards de chacun sont parlants).


Sinon, je profite de cet article pour vous conseiller d'écouter l'émission suivante sur les "désobéisseurs" sur France Inter : Interception 

Qu'est-ce que la mort ?

Voilà une nouvelle thématique, la mort, demandée par de nombreux élèves pour nos ateliers de philosophie, avec une première question : "C'est quoi la mort ?"

Vous y trouverez une véritable exploration en terrain mystérieux, avec des regards scientifiques, imaginaires, réalistes aussi, et bien sûr des inexactitudes, notamment sur le sida, que je me suis bien gardé de contredire pendant l'atelier (j'ai cependant dit un mot sur le sida juste après)

Faire travailler les élèves à l'école

Le 8 mars 2009, j'écrivais un article sur tous ces livres auxquels je dois tant. Aujourd'hui, j'aimerais en ajouter un que je viens d'achever, à conseiller à tous les enseignants souhaitant soit changer leur pratique sans se faire peur, soit se nourrir d'une analyse fort sensée de ce qu'est, et surtout ce que devrait être, une pratique enseignante aujourd'hui.

Il s'agit de "Faire travailler les élèves à l'école : sept clés pour enseigner autrement" de Sylvain Grandserre et Laurent Lescouarch, deux regards se complétant, l'un plutôt de praticien, l'autre plutôt de chercheur.
Sur la Fnac

J'ai eu beaucoup de plaisir à le lire, partageant la plupart de leurs idées, trouvant surtout à cet ouvrage beaucoup d'intelligence, loin de tout dogmatisme.

Voilà ce qu'en dit Philippe Meirieu sur son site (cf Liens amis) :

"Un livre qui associe la réflexion et l'instrumentation, qui prolonge l'inspiration de "l'Education nouvelle", à la lumière des recherches actuelles en sciences de l'éducation...

N’en déplaise aux spécialistes des « y a qu’à », tout enseignant sait bien que les apprentissages ne se décrètent pas. Pas question, pour autant, de se réfugier dans le fatalisme et de condamner à l’exclusion les élèves qui ne veulent ou ne peuvent apprendre.
Quoi qu’en pensent les technocrates, on n’éradiquera pas l’échec scolaire en multipliant les prothèses de toutes sortes après la classe, sans toucher à l’organisation même de cette dernière.
Et, en dépit des anathèmes et des malentendus, les pédagogues ne sont en rien de doux rêveurs ayant abdiqué leur autorité et renoncé à transmettre des savoirs. Ils témoignent, au contraire, d’une inlassable obstination dans ce domaine. Articulant, avec inventivité, la volonté d’instruire et celle de former à la liberté.
Sylvain Grandserre et Laurent Lescouarch en font ici la remarquable démonstration. Adossés aux grandes figures de la pédagogie, informés des meilleures recherches en éducation, soucieux d’être toujours au plus près des pratiques, ils nous offrent un livre exceptionnel.
Jean Houssaye dit d’eux, dans la préface, que ce sont des « sages ». Et, effectivement, ce livre est un livre de « sagesse pédagogique » : il conjugue, avec un rare talent, équilibre et exigence. Équilibre entre les informations théoriques et les préconisations concrètes. Équilibre entre le souci de créer du collectif et celui d’aider chacun au plus près de ses besoins. Équilibre entre les impératifs de la transmission et ceux de l’émancipation… Exigence aussi : exigence d’apprentissages rigoureux, exigence d’une culture porteuse de promesses d’humanité, exigence d’une formation authentique à la démocratie… Voilà donc, tout à la fois, un manifeste et un outil pour une véritable pédagogie de la liberté."

Peut-on vivre sans amour ?

Peut-on vivre sans évaluation où on est noté 1 ou 0 ? Oui

Peut-on vivre sans écrire pour de vrai ? Non

Peut-on vivre sans inspection ? Oui

Peut-on vivre sans projet personnel ? Non

Peut-on vivre sans programmation d'apprentissage définie à l'avance ? Oui

Peut-on vivre sans réfléchir ? Non

Et peut-on vivre sans amour ? Là, ce sont les élèves qui ont leur idée :

Evaluations : toujours sans nous !

Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos - sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves, et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier.

Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.

Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.

C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.

Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.

Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république

Site résistance pédagogique