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Doit-on tout respecter ?

On poursuit en philosophie autour de la question "Doit-on tout respecter ?"

Apparaissent quelques confusions entre le respect et l'obéisssance.

Et puis, des questions passionnantes, issues de cet atelier, sont à venir, comme "Ce serait quoi respecter soi-même ?" ou alors "Pourquoi respecte-t-on ses parents ?"

 

C'est quoi le respect ?

Voilà un atelier de philosophie sur un nouveau thème, le respect, qui a démarré assez sagement avec des paroles un peu "comme il faut", et puis peu à peu, la complexité s'est installée dans la classe, montrant bien que les choses ne sont pas aussi simples que ça.

Et merci à un certain Nicolas S qui a su donner de l'élan à cet atelier...

 

Poésie mathématique

Je débute aujourd'hui une série d'articles témoignant d'expérimentations dans ma classe sur "Les maths autrement", où comment porter un autre regard, complémentaire à celui habituellement adopté en classe, sur le monde des mathématiques.

Cette façon de voir autrement cette discipline va dans l'esprit du livre "Mat et Ma Tic et compagnie" qui proposait au jeune lecteur de partir en voyage avec les héros de l'histoire chez dix peuples étranges pratiquant les maths autrement : les Graphitik, les Problématik, les Motik, les Narratik, Les Philosotik, mais aussi les Observatik, les Quotitik, les Luditik, les Gymnastik et les Poétik.
Des maths, autrement

Après avoir fait découvrir ces dix peuples et leurs particularités à mes élèves, j'ai lancé un moment hebdomadaire appelé "ébullition mathématique", où les enfants, seuls ou à deux, se saisissaient d'un des peuples du livre et se mettaient à "porter des lunettes" changeant leur regard maths. Certains se mettaient à créer des maths en dessins, d'autres inventaient des histoires mathématiques, et des poésies aussi voyaient le jour.

C'est ce regard poétique que nous avons le plus appronfondi. Il s'agissait après les premiers jets poético-mathématiques de certains élèves de concevoir collectivement une poésie mathématique mettant en jeu les notions géométriques ou numériques, tout en essayant d'en respecter leur propriété mathématique.

Ou comment faire de la poésie tout en restant dans une démarche mathématique.

Et voilà les poésies élaborés par la classe :

POESIE GEOMETRIQUE

Le triangle et le rectangle ont beaucoup d'angles

Le carré est toujours calé

Et l’ovale dessine des pétales

 

Les parallèles aiment bien être belles

Les perpendiculaires veulent une équerre

 

Le cercle cherche un couvercle

Alors que le segment se prend pour un grand

 

La face voyage dans l’espace

Les sommets pointent le bout de leur nez

Et la pauvre arête n’a pas de tête

 

Et pour finir, le préféré c'est le losange, car c'est un ange


Bien entendu, l'objectif de rester dans une optique mathématique n'est pas parfaitement atteint pour chacune des rimes, mais en revanche, de nombreux enfants disaient avoir ressenti le plaisir de faire des mathématiques sans en avoir l'air. A poursuivre donc...

Une collègue de CP de mon école s'est saisie de la poésie géométrique ci-dessus, l'a présentée à ses élèves. Voilà son témoignage :

"J'ai proposé cette semaine dans  ma classe (CP) la poésie géométrique  des CE2/CM1 de la classe de Daniel.
Après une première lecture orale,  les enfants ont repéré les mots de géométrie qu'ils connaissaient : carré, triangle , ....  Je leur ai proposé de tous les retrouver. J' écrivais les mots au tableau et les enfants venaient dessiner ce qu'ils avaient trouvé. A la troisième lecture, tous les mots ont été trouvés : un jeu de mémory qui leur a beaucoup plu !
Deuxième temps, je leur ai donné le texte écrit  et leur ai proposé de  surligner de différentes couleurs ces mots "par familles"; On est arrivé au classement : lignes, figures géométriques, solides, outil (que j'ai  quelque peu induit  ...)
Troisième temps : j'ai recopié sous forme de tableau ce classement  et l'ai appelé dictionnaire de géométrie n°1, pour garder une trace dans le  cahier de maths.
Ensuite,  j'ai demandé aux enfants de faire une création à partir de tous ces éléments (avec feuille blanche, feuille quadrillée, découpage possible, équerre ...).
Lundi, les enfants commenceront à présenter leurs créations. Donc à suivre.
En demandant aux enfants, après leur avoir lu la poésie, pourquoi elle s'appelait "poésie géométrique", j'ai induit l'énumération des termes géométriques.Cela a  limité les échanges, les questionnements  et  la construction de nouveaux savoirs  mathématiques. J'aurais dû dire comme je fais souvent après une présentation : "opinions, remarques, propositions" pour lancer la discussion entre les enfants. Ecouter les propositions et organiser leur réalisation. La pression pour arriver vite aux savoirs formalisés est toujours grande ! (plus rassurant pour l'enseignant )
Malgré tout, cette poésie géométrique venant des enfants d'une autre classe a beaucoup plu et a servi de déclencheur pour relancer les créations."

Et, pour finir, une poésie des nombres plutôt centrée sur leur graphisme  :

POESIE DES NOMBRES

Le 1 n'a pas de copain
Le 2 est amoureux
Le 3 ne peut pas se tenir droit
Le 4 se met sur une patte
Le 5 se prend pour un cintre
Le 6 mange beaucoup de saucisses
Le 7 est un casse-tête car il veut diviser le 27
Le 8 a deux limites
Le 9 présente son "Quoi de neuf ?"
Le 10 n'est pas le double de 6
Le 100 se prend pour un grand
Le 1000 a trois îles

Et si vous essayiez dans votre classe ?

Que ressent-on quand quelqu'un de proche est mort ?

Ces moments de réflexion collective où chacun chemine, avec l'accompagnement de tout le groupe et l'acceptation de toutes les paroles, font vivre de belles émotions.

Cette semaine, la question "Que peut-on ressentir quand quelqu'un de proche est mort ?" a permis à plus du 3/4 des enfants d'y mettre une part de soi, dans le respect et l'écoute.

C'est ça aussi qu'on peut appeler "Apprentissage".

Pourquoi a-t-on souvent peur de la mort ?

Encore un petit tour dans ces territoires mystérieux, fascinants, inconnus que mes élèves de CE2/CM1 abordent avec beaucoup de maturité, sans doute un peu d'effroi et de "Ouhlala !", et un sérieux collectif impressionnant.

Ecoutez donc.