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Lire en CP : La pratique du Texte-Initiales

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire sur cette pratique, mais je n'hésite pas à en ajouter une couche, car je crois que découvrir un texte d'album de lecture en CP avec des lecteurs et non-lecteurs est un vrai problème.

En effet, comment concilier l'attente des lecteurs, pressés de lire comme des grands le nouveau texte, et forcés de se taire pour ne pas déflorer l'histoire et le temps de la découverte, et la difficulté des non-lecteurs, ayant face à eux un texte composé de mots encore complexes, s'il s'agit bien sûr d'un vrai texte d'album et non d'un texte artificiel de manuel.

Alors, j'ai trouvé l'idée du Texte-Initiales.

1) Le nouveau texte est au tableau, mais seulement avec la première lettre de chaque mot et un trait pour représenter la suite du mot.

2) Nous découvrons ensemble l'album dans sa matérialité pour entrer dans son contexte : personnages, début de l'histoire, illustrations.

3) C'est ensuite aux enfants de reconstituer peu à peu le texte du tableau, en s'aidant de la première lettre, de la longueur des mots, d'hypothèses sur l'histoire. Et puis, le texte qui se reconstitue peu à peu va donner des indices... Les bons lecteurs s'attaqueront aux mots longs, ceux que l'on doit deviner en faisant des hypothèses. Les lecteurs plus hésitants, eux, pourront commencer par les petits mots, souvent déjà rencontrés auparavant.

Je mène cette pratique avec un petit jeu à points, mais ce n'est pas du tout nécessaire. D'ailleurs, je ne le fais pas souvent ainsi.

Voilà une vidéo concrétisant l'idée :

Prendre le temps de l'accueil

Ça fait plusieurs articles que j'écris dans ce blog sur ce temps de l'accueil, le démarrage en douceur de la journée de classe, un moment à rebours de toutes les conceptions utilitaristes de l'éducation, où il ne faut absolument pas perdre de temps.

A rebours aussi de ces pratiques de classe qui se répandent en ce moment et qui mettent la pratique des rituels au programme du démarrage de classe : petits rituels de mathématiques ou de français, que j'ai observés chez des collègues, qui mettent tout de suite les élèves en activité, alors que je considère au contraire nécessaire de faire du début de journée un sas entre la maison et l'école, un moment pour s'approprier l'espace de la classe, ses camarades, l'enseignant, les projets en cours.

Voyez comment ça peut se passer :

"Les empêchements à apprendre" : chronique du Café pédagogique

Daniel Gostain et le défi des empêchements d'apprendre

Moi c'était un prof de SVT au nom un peu ridicule mais à la carrure impressionnante. Il terrorisait ses sixièmes. Sans doute, pour lui, fallait-il être craint pour être obéi. De notre coté, toute notre énergie passait à éviter son regard et à littéralement disparaitre de son champ visuel. Mais peut-on être compris dans le désert d'une classe muette d'effroi ? Ce moment personnel, Daniel Gostain le fait revivre et le transforme en fable pédagogique à travers des vidéos où sa troupe de clowns interrogent les empêchements d'apprendre. Une sacrée aventure pédagogique !

Pour devenir un prof pas commun mieux vaut commencer par un parcours pas ordinaire. Daniel Gostain n'est pas tombé tout petit dans la marmite enseignante. Il a commencé sa vie professionnelle par une école de commerce prestigieuse et un travail de commercial. "J'ai appris des choses, par exemple écouter, me décentrer pour suivre mon interlocuteur", nous dit-il. "Mais j'avais l'impression de faire des choses sans sens". En vendant ses livres, il perdait son temps et ne retrouvait du punch qu'en encadrant des colonies de vacances. Alors la balance a vite été faite. Adieu la paye, bonjour les valeurs ! A 33 ans, le jeune commercial réussit le concours des écoles. Daniel Gostain se retrouve enfin à sa vraie place : devant des élèves, à Paris, au primaire. Aujourd'hui il enseigne en CP/CE1 dans un quartier populaire du nord est parisien.

L'empêchement d'apprendre est devenu une signature des élèves français dans Pisa. Plus que les autres, ils ont peur de répondre de façon erronée. Ils ne répondent pas et semblent très mal à l'aide dès que l'on sort des schémas classiques pour utiliser des compétences en situation non scolaire. On en a tous fait l'expérience. Pas forcément celle des empêchements liés à la peur du maître. Il y aussi, d'après Daniel Gostain, ceux qui sont liés à l'élève : la peur de rater, les soucis, la honte. Ceux qui viennent de la famille : trop différente de l'école ou trop indifférente à moi. Ou encore ceux qui sont liés aux savoirs : à quoi ça sert ce qu'on apprend ? N'est ce pas trop difficile ?

Avant Pisa, des chercheurs ont travaillé ces empêchements d'apprendre et Daniel Gostain s'en inspire. Il a travaillé avec Jacques Lévine, l'initiateur et l'inspirateur de l'AGSAS et , bien sur, avec Serge Boimare. Pour ce dernier, "il y a des enfants qui arrivent à l’école sans compétence psychique pour apprendre. L’apprentissage implique une confrontation avec le manque et l’attente, la solitude. Dans cette situation, ces enfants sont pris par un sentiment parasite, une émotion trop forte. Pour eux le moment de doute est désorganisateur et ils construisent des stratégies pour l’éviter. Ce n’est pas par des exercices d’entrainement qu’on va les sortir de ces difficultés".

Alors comment faire ? Daniel Gostain a découvert "son clown". Il peut faire vivre un clown sympathique. Avec ses collègues de la Compagnie "Tape l'incruste", ils sont rodés aux numéros qui croisent les personnages de chacun. Si Serge Boimare passait par la mythologie et le conte pour dépasser les empêchements d'apprendre, Daniel Gostain appelle son clown. Avec cette technique il entre directement dans un univers qui est celui de l'enfance et qui entretient une distance savante avec l'empêchement.

"Je suis contre le volontarisme. Je suis dans le permettre, le laisser venir", nous dit-il. "Je mets en place des situations qui permettent à l'enfant de s'exprimer s'il le souhaite". Avec une quarantaine d'enseignants, un groupe s'est constitué qui a répertorié une vingtaine d'empêchements. Le groupe imagine maintenant des scénarios à aborder en classe. Il construit petit à petit une bibliothèque de vidéos où les clowns abordent les différents empêchements d'apprendre. Il y a les courtes vidéos sur "Je n'arrive pas à le dire", "Je passe d'une idée à une autre", "J'ai honte de moi", "Je ne suis pas comme les autres", "Je en suis pas au niveau" et encore beaucoup d'autres dont "Il nous fait peur ".

"Il ne s'agit pas de mettre l'élève face à son empêchement", nous dit il. "Mais de faire réfléchir un groupe d'enfants sur des situations avec l'aide des clowns". Daniel Gostain fait volontiers appel aux techniques du Théâtre forum où un enfant peut intervenir dans le spectacle pour empêcher une action et réécrire l'histoire. C'est ce travail d'expression qui permet de dépasser les empêchements. Avec les enfants rien de plus facile que de s'emparer des vidéos de Daniel Gostain.

François Jarraud

La vie (et l'école) d'avant

Sur la période de janvier-février, nous avons étudié la thématique de la vie d'avant, comparée à celle d'aujourd'hui.

 

Nous avons démarré par une mini-enquête auprès des parents : un questionnaire leur a été proposé pour qu'ils témoignent de leur vie d'enfant, et de nombreux adultes ont eu la gentillesse de l'écrire.

- Où ont-ils grandi ?

- Quels objets étaient les leurs ?

- Que mangeaient-ils ?

- Quels jeux et jouets ?

- Quels événements les ont marqués ?

 

En parallèle au partage et à la lecture en classe de ces questionnaires, nous avons mené des moments de réflexion autour de trois questions :

 

1) C'est comment une personne âgée ?

 

2) A quoi ça sert qu'une personne âgée nous raconte sa vie d'enfant ?

 

3) Quel âge aimerais-tu vivre maintenant ?

 

Et puis nous avons eu la chance de bénéficier de la venue de deux grands-parents d'élèves de la classe, le premier nous présentant sa vie d'enfant à Paris, la seconde nous racontant sa vie d'écolière plutôt à la campagne.

 

Voilà son témoignage en vidéo :