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L'évaluation des élèves

L'évaluation est un sujet fort délicat, complexe et vraiment essentiel.

Délicat, car suivant le mode d'évaluation, on peut encourager ou décourager, aider ou bloquer, faire alliance ou opposition.

Complexe car les apprentissages sont tellement pluriels qu'on peut difficilement porter un regard juste sur le travail d'un élève, un regard qui tiendrait compte de son plaisir d'apprendre, du sens donné à ce qu'il apprend, de ses progressions, de son comportement.

Essentiel, car même dans une classe où le simple plaisir d'apprendre est bien là, il n'en restera pas moins que l'évaluation brute sera au centre des précoccupations, notamment des parents, et donc de leur enfant.

A ce titre, les évaluations nationales CM2, toutes récentes, sont aux antipodes de l'intérêt de l'enfant. Il suffit pour s'en persuader de prêter intérêt à leur contenu, centré uniquement sur le savoir écrit, à leurs modalités de correction qui font qu'un élève faisant très peu d'erreurs sera considéré comme un élève ayant échoué. Et je ne parle pas du fait qu'on n'évalue pas, comme je le disais plus haut, le plaisir d'apprendre, le sens donné aux apprentissages, à ses acquisitions orales, à l'implication dans les activités, et enfin aux autres domaines de connaissances que le français et les maths.

Pour moi, une évaluation a pour unique objectif d'aider un élève à savoir où il en est dans sa progression et encore plus, à lui donner envie de continuer à apprendre et à explorer.

C'est cela que j'ai mis en avant dans mon livret scolaire actuel. Le voici :

Mon livret scolaire

Mon choix d'évaluer sur deux axes, la progression illustrée par des couleurs bien visibles (vert pour "Ca avance bien", orange pour "Ca avance un peu" et rouge pour "Il faut que ça avance") et le niveau, représenté par les lettres A, B, C et D , peut être explicité par cet exemple concret :

J'ai eu l'an dernier une élève N., extrêmement volontaire, s'impliquant dans toutes les activités, désireuse de réussir, mais qui avait quelques difficultés dans la qualité de son travail écrit, or on sait que cette difficulté-là pénalise énormément dans notre système scolaire. Aussi, le fait qu'elle pouvait découvrir un livret scolaire couvert de vert pour montrer sa réelle progression ne pouvait que lui donner envie de persévérer, malgré des résultats moyens. Avec une évaluation traditionnelle, centrée sur le simple niveau des acquisitions, elle n'aurait pu que constater le peu de récompenses de ses efforts, même avec des remarques témoignant du sérieux de son travail.

Et des élèves comme N., il y en beaucoup.

Je continue à chercher, à en discuter avec des collègues, à résister aussi face à une pression modélisante.

Ce n'est pas facile. C'est passionnant.

Ysaure 17/02/2009 23:07

Bonjour,
je découvre votre blog avec bonheur, pour moi, qui commence une nouvelle vie dans l'enseignement. C'est drôle comme je me sens bien chez vous, ce que j'ai lu respire l'humanité et la reflexion ;-). Je me pose beaucoup de questions sur l'évaluation et je trouve ici une "façon de faire" qui répond à un des problèmes rencontrés. Comment faire pour tenir compte de progrès et de l'implication d'un élève, quelque soit le " niveau " atteind....et donc ne pas l'assomer mais l'encourager...Peut être que moi, je mettrais même, à la place de "qu'as tu eu du mal à faire" quelque chose comme " où penses tu que tu dois t'améliorer", j'ai l'impression que c'est plus positif encore, enfin, c'est uine idée comme ça.
En tous cas, je reviendrai par ici ;-)
A bientôt et merci de votre partage
Ysaure

Daniel Gostain 18/02/2009 11:28


Merci beaucoup pour votre message qui me fait chaud au coeur et m'encourage.

Il va fallloir se battre pour que cette façon de voir l'évaluation, pas seulement centrée sur le niveau atteint et les compétences acquises, ne soit pas interdite par l'institution qui la trouvera
trop subjective, pas assez binaire.

Daniel