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Des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir

Sujet philosophie d'aujourd'hui :

Après "Doit-on tout savoir ?" (mon billet du 29 janvier)

"Il y a-t-il des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir ?"

Par exemple, ne pas savoir que si tant d'enfants rejettent l'école et les apprentissages proposés, c'est d'abord parce que les enseignants ne font pas leur travail, ont renoncé à leur mission d'instruction publique et ont fait le choix d'une pédagogie laxiste et démissionnaire, alors qu'autrefois le maître, à l'instar du curé, son modèle, représentait l'honneur et la fierté de la France blablablablablabla...

Il y aurait tant de choses à dire sur ces discours ambiants et sur ce qu'on essaie de nous dissimuler et nous "faire avaler" (pour le savoir, rendez-vous sur http://www.darcos-demission.org/ ), que je préfère m'arrêter là, et laisser la parole à mes élèves de CE1/CE2 en 2006, dont la libre expression, dans cet extrait d'atelier philosophique, est, elle, bien rafraîchissante, mais aussi empreinte d'un grand sérieux (Je trouve en revanche, à la réécoute, que je suis beaucoup trop intervenu sur cet atelier. Non ?)

Rémi Castérès 14/03/2009 03:23

Daniel,Tes élèves apprendraient à reformuler ou à recadrer si tu leur en laissais la possibilité ; ton silence les y contraindrait même. Bien sûr, ça ne se ferait pas instantanément ni sans hésitations ; comme le reste, il s'agit d'un apprentissage.Tu interviens aussi sur le fond quand tu crois n'intervenir que sur la forme. C'est toi qui estimes que le débat s'est enlisé. Peut-être est-ce vrai, mais peut-être aussi qu'il faut un temps de silence ou de répétitions pour que la réflexion progresse, et cela, tu ne peux pas le savoir a priori. De même, le hors sujet est peut-être un détour nécessaire. S'il ne l'est pas, les enfants sauront recadrer. Si la discussion dévie d'une façon générale, pose-toi plutôt la question du cheminement de la pensée et de ses surprenants détours.Bien cordialement,Rémi Castérès

Rémi Castérès 13/03/2009 09:26

C'est une question passionnante ! J'aurais aimé la poser à mes élèves.Je pense effectivement que tu parles beaucoup. C'est d'autant trop qu'à mon avis, dans un atelier philo, tu ne devrais pas parler du tout. Il faudrait vérifier si cela n'empêche pas des enfants de s'exprimer ou si cela n'en conduit pas certains à avoir un discours convenu qui plaise à leur maitre. Les enfants que l'on entend réfléchissent et sont très motivés, mais quelle proportion représentent-ils dans ta classe ? J'ai aussi l'impression qu'on entend peu ou pas de filles, mais peut-être est-ce parce que j'identifie mal les voix.

Daniel Gostain 13/03/2009 18:51


Merci, Rémi, pour ton commentaire.

il faut que je reprécise qu'on entend là un court moment philo de 2006, monté par Zoé Varier, et au cours duquel, comme je l'écrivais, j'intervenais trop, effectivement.

En tenps normal, j'interviens moins mais je ne suis pas obligatoirement en accord avec le précepte de ne pas pas parler du tout. Il m'arrive de reformuler si la parole de l'enfant n'est pas claire
sur sa compréhension par les autres, de reposer une question au cas où le débat s'enlise un peu, ou enfin d'intervenir si hors-sujet.

Il y a donc effectivement une part du maître que je ne nie pas, même si je ne donne jamais mon avis et je ne fais jamais de synthèse.

J'en ai parlé à plusieurs occasion avec Jacques Lévine, plutôt partisan du silence de l'enseignant, mais pas opposé à tout crin à ma façon d'intervenir parfois, me semble-t-il.

En ce qui concerne ta remarque sur les filles/garçons, il s'agit là du hasard d'un moment philo. Ca ne reflette en rien une réalité.

Sur la motivation des enfants, depuis toutes ces années où je propose ces ateliers philo, je constate une vraie motivation d'un bon pourcentage d'enfants, même si certains écoutent et ne parlent
pas.