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Franz Stangl et moi

Pour une fois, voilà un billet pas vraiment pédagogique.

 

J'aimerais ici recommander un livre que je viens d'achever et qui m'a profondément touché : "Franz Stangl et moi" de Dominique Sigaud.

 

La journaliste et écrivaine Dominique Sigaud se plonge dans la psychologie de l’ancien commandant des camps d’extermination de Sobibor et de Treblinka, Franz Stangl et offre avec ce roman une autre variation énigmatique sur la discipline bureaucratique que demande la fabrication démentielle de cadavres.

 

Voilà ce qu'en dit un lecteur de libfly.com :

 

"Elle nous parle de lui, des "x" qui suivent le dragon de werra, l'horreur de la guerre, l'horreur tout court, qui la servent, sans se poser de questions, ou pas ouvertement, surtout pas à temps. Elle nous parle aussi des "uns", qui ne sont pas des "x", comme Janusz Korczak, le pédiatre qui se fera volontairement déporter avec les enfants du ghetto de Varsovie et ira mourir avec eux à Treblinka, où le "x" Stangl administre la mort. Franz Stangl et moi, c'est aussi Franz Stangl et nous, on arrête les guerres, on ne pense pas à décréter la fin de l'Horreur, alors il y a de nouvelles guerres, et si quand Franz Stangl se regarde dans le miroir et se répète "je n'ai plus d'espoir" et tente de redevenir "un", qu'est ce qu'on dirait, qu'est ce qu'on aurait fait ? C'est un livre puissant qui ne laisse pas vraiment indemne, d'une approche déroutante au premier abord, mais quand tout a été tenté pour parler de l'inhumain et de l'horreur, toutes les intentions sont louables."

 

J'ai choisi de vous conseiller ce livre, car il parle aussi en filigrane de tous nos moments d'abandon du combat que nous devrions pourtant livrer face aux injustices et aux dérives de notre monde, abandon que nous ne voyons pas ou que nous  justifions par nos petites priorités : faire des cartons de déménagement ; regarder un match de rugby pour se détendre de la semaine ; préparer un bon repas.  

 

Et pour finir sur une note un peu plus pédagogique, voilà un passage du livre qui m'a fait penser à l'évaluationnite forcenée en cours dans nos sociétés :

"Certains craignent trop la matière incertaine de leurs pensées et des paroles, les écartent au profit de l'acte, du fait, cohorte mesurable croient-ils, quantifiable."