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Lire au CP

Revenu au CP après quelques années de cycle 3, je retrouve le plaisir de ce niveau de classe, mais aussi les questions sous-tendant notamment l'apprentissage de la lecture.

 

Certains principes me semblent intangibles :

- articuler dès le début de l'année l'écrire (dictée à l'adulte dans le cahier d'écrivain, puis peu à peu, écriture plus autonome) et le lire. C'est ce qu'on appelle dans le mouvement Freinet, l'écrilire. 

- mettre les élèves en contact permanent avec la littérature de jeunesse (lecture silencieuse d'albums ; lecture d'histoires par le maître ; visite de bibliothèque ; prêt de livres pour la maison, etc.)

 

En revanche, la façon d'accéder à la lecture me semble plus problématique :

- passer d'abord par une méthode de lecture pour me rassurer et rassurer les parents - et parfois les enfants ? Mais au risque d'être prisonnier de cette méthode, et surtout au risque de ne pas donner de sens à ce qu'est l'acte de lecture dans toutes ses dimensions (communication, plaisir, imaginaire), et oublier le "lire pour de vrai" et pas seulement lire pour faire plaisir au maître.

- passer par les textes de vie des élèves, mais au risque d'instrumentaliser leurs écrits en les travaillant comme dans un manuel. Au risque aussi de tomber toujours sur le même vocabulaire, celui, naturel, mais encore un peu limité, des enfants.

- passer par l'étude des albums de jeunesse, mais au risque, là aussi, d'assécher le plaisir de la simple lecture de ces albums.

 

Alors évidemment, on pourrait essayer de conjuguer ces approches (le manuel, les textes de vie et les albums de jeunesse) - et y ajouter la correspondance entre classes. Mais comment faire avec le temps dont on dispose sur une année ?

 

M'est venue l'idée d'essayer autre chose, un "autrement", que j'appellerai "Le texte du jour", un peu inspiré de Sylvain Connac dans "Apprendre avec les pédagogies coopératives", mais remis à ma sauce .

 

LE TEXTE DU JOUR

 

Il s'agirait à la fin de chaque journée d'élaborer ensemble, une trace écrite de ce qu'a été un moment de la journée, une trace qui pourrait rester dans le réel ou s'aventurer dans l'imaginaire.

 

Comment pourrais-je procéder ?

1) Je demanderais chaque jour à un enfant (donc, ça tournerait chaque jour) de nous indiquer et raconter un moment qui l'a marqué ce jour-là, à partir d'un temps de classe ou plus largement d'école, à partir d'une histoire lue ensemble, à partir d'un fait, même anecdotique, à partir d'un passage lors du "Je fais partager", etc.

2) On construirait ensemble au tableau une phrase (au début d'année) ou un texte court (ensuite), illustrant ce qu'a dit l'enfant.

3) Le lendemain, on travaillerait tous sur cette phrase ou ce texte : reconnaisssance des mots, travail phonologique, jeux d'écriture, jeux d'imaginaire, etc.

 

A la fin de la semaine, ces quatres "textes de vie", accompagnés de textes d'écrivain d'élèves, d'images de classe - par exemple issues du "Je fais partager" - et enfin du récapitulatif de ce qu'on a appris cette semaine seraient mis dans le journal hebdomadaire de la classe, dont voici une première mouture : link

 

Je vais expérimenter cette approche. Vos réactions, partages et idées sont bienvenues.

 

 

Pascale Borsi 12/09/2010



Bonjour Daniel,


Huit ans que je ne décolle plus du cycle 2 mais y navigue avec bonheur, deuxième rentrée les yeux et la pensée rivés sur l'étoile "paulaire" parce que le "capitaine oh mon capitaine" qui m'a
convaincue de quitter le cabotage pour la haute mer a mis les voiles pour de bon.


Ton interrogation est la mienne depuis toujours et chaque année apporte ses réponses possibles, jamais définitives.


Il m'a fallu tenir compte du contexte qui est le mien: une belle équipe mais dans laquelle je suis la seule freinétiste déclarée, ce qui ne veut aucunement dire que les autres ne sont pas
inspirés du même élan mais chacun construit son chemin avec son histoire personnelle.


Il m'importait d'être cohérente: prôner la coopération et se mettre soi-même en marge d'un groupe ça ne tient pas debout, alors j'ai écouté, observé, accepté d'essayer des outils parce qu'ils
étaient toujours choisis en commun et débattus.


Cette année, comme depuis 3 ans, nous avons donc un fichier de lecture qui correspond au travail du code et permet aux enfants de travailler en autonomie sur le même outil quelle que soit la
classe dans laquelle ils se trouvent. Chez nous, il n'est pas employé comme une méthode mais comme un lien entre les classes et avec la famille parce que toutes les familles peuvent le comprendre
sans difficulté et qu'il rassure. 


Ensuite, chaque collègue fait selon sa sensibilité. Moi je les fais écrire quotidiennement des textes libres que je corrige et qu'ils recopient comme Paul Le Bohec le suggérait. Je ne veux pas
utiliser ces textes autrement que dans l'esprit des ateliers d'écriture: on les partage avec le groupe, ils peuvent être offert pour la Papotte (petit journal de la classe) ou pas, chacun y glane
ce qu'il veut et le partage peut aussi se faire entre copains, sans que tout le groupe s'en mêle. Pour les CP, j'ai tapé les textes de leur petit groupe (8 enfants) chaque jour et ils sont
archivés dans des pochettes. Si un enfant ne veut pas que son texte y figure je ne le mets pas sur la feuille. Cette semaine, je vais voir s'il peuvent prendre en charge une parution
bi-hebdomadaire sous forme de Mini Papotte comme il y a deux ans.


Pour travailler la lecture et la langue, nous écrivons ensemble, si possible chaque jour, un texte collectif, relatif à un évènement vécu par la classe ou inventé.


C'est à partir de lui que nous cherchons les phrases, chassons les noms et les verbes...(tes affiches sont déjà au-dessus du tableau et leur plaise bien).


Enfin, chaque niveau, en dehors des albums en libre service, possède un recueil de textes littéraires: "Grand large" pour le CP et "Rue des contes" pour le CE1.


Depuis l'an dernier, je travaille beaucoup à partir de contes traditionnels ou créés par la classe mais sans ces interminables fiches de lecture associées. Nous travaillons comme les conteurs
pros: à la création et à la mémorisation pour une transmission orale des histoires en "racontées sur l'herbe" (ou au coin du radiateur l'hiver). Les enfants accrochent bien à ce genre de travail
et leur imagination est fertile!


En principe, nous allons également reprendre la correspondance avec les CP/CE1 de Cambounet et avec Marc Audet au Québec.


Le temps? Tu sais bien, le temps de lire, c'est comme le temps d'aimer, c'est élastique si, comme Pennac on fait profit de tout instant, même le plus improbable. L'espace manque cruellement,
alors nous sortons sous les arbres dès que possible, nous rusons, jonglons....mais jamais avec le plaisir.


Comme ça, ça fait un peu idyllique...la réalité est parfois plus orageuse et je sais qu'il y aura des grains, de la houle mais bon, pas envie de céder au désespoir alors Hisse et haut!



flora 25/09/2010



Bonjour daniel c'est flora alaio j'ai lu le livre qui s'apelle verbe sujet et conpanie et j'adore ce livre en plus je trouve sa bien parce que ça m'a donné envie d'acheter le
nouveau livre qui  s'appelle phrases langue et fantaisies bon bah au revoir c'étais un plaisir de te parler :)