Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #cp-ce1 catégorie

Ecrire dès le début du CP/CE1

Depuis plusieurs années que je choisis de prendre une classe de CP/CE1 (vous pouvez lire à ce sujet l'article suivant : Eloge du double-niveau), il y a plusieurs temps que je mets en place dès la première semaine : le "Je fais partager", le "Je fais un projet" et l'écriture de textes libres (même pour les CP, qui pourtant ne savent pas encore lire ou écrire des histoires : l'écriture de textes libres)

 

Cette année, je me suis lancé le défi que chaque enfant de la classe écrive une histoire au cours des deux premiers journées de classe.

 

En commençant toujours par un dessin, puis avec la technique de "dictée à l'adulte" pour les CP, ou en semi-autonomie pour les CE1, et le plaisir a été total : tous les enfants ont eu une idée d'histoire avec, pour les aider à se lancer, leur dessin personnel, et la plupart ont inventé des histoires de fiction, pendant que d'autres racontaient des petites scènes de leur vie quotidienne, le tout dans une ambiance apaisée de travail. A l'issue de ces deux temps d'écriture (mardi et mercredi), j'ai pu présenter chaque texte à l'ensemble de la classe.

 

Voilà une vidéo et quelques photos pour illustrer ce beau moment.

 

 

Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1

 

 

 

 

 

 

 

Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1

 

 

 

 

 

 

 

Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1Plaisir VECU 207 : Ecrire dès le début d'un CP/CE1

 

 

 

 

 

 

 

Lire en CP : La pratique du Texte-Initiales

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire sur cette pratique, mais je n'hésite pas à en ajouter une couche, car je crois que découvrir un texte d'album de lecture en CP avec des lecteurs et non-lecteurs est un vrai problème.

En effet, comment concilier l'attente des lecteurs, pressés de lire comme des grands le nouveau texte, et forcés de se taire pour ne pas déflorer l'histoire et le temps de la découverte, et la difficulté des non-lecteurs, ayant face à eux un texte composé de mots encore complexes, s'il s'agit bien sûr d'un vrai texte d'album et non d'un texte artificiel de manuel.

Alors, j'ai trouvé l'idée du Texte-Initiales.

1) Le nouveau texte est au tableau, mais seulement avec la première lettre de chaque mot et un trait pour représenter la suite du mot.

2) Nous découvrons ensemble l'album dans sa matérialité pour entrer dans son contexte : personnages, début de l'histoire, illustrations.

3) C'est ensuite aux enfants de reconstituer peu à peu le texte du tableau, en s'aidant de la première lettre, de la longueur des mots, d'hypothèses sur l'histoire. Et puis, le texte qui se reconstitue peu à peu va donner des indices... Les bons lecteurs s'attaqueront aux mots longs, ceux que l'on doit deviner en faisant des hypothèses. Les lecteurs plus hésitants, eux, pourront commencer par les petits mots, souvent déjà rencontrés auparavant.

Je mène cette pratique avec un petit jeu à points, mais ce n'est pas du tout nécessaire. D'ailleurs, je ne le fais pas souvent ainsi.

Voilà une vidéo concrétisant l'idée :

Prendre le temps de l'accueil

Ça fait plusieurs articles que j'écris dans ce blog sur ce temps de l'accueil, le démarrage en douceur de la journée de classe, un moment à rebours de toutes les conceptions utilitaristes de l'éducation, où il ne faut absolument pas perdre de temps.

A rebours aussi de ces pratiques de classe qui se répandent en ce moment et qui mettent la pratique des rituels au programme du démarrage de classe : petits rituels de mathématiques ou de français, que j'ai observés chez des collègues, qui mettent tout de suite les élèves en activité, alors que je considère au contraire nécessaire de faire du début de journée un sas entre la maison et l'école, un moment pour s'approprier l'espace de la classe, ses camarades, l'enseignant, les projets en cours.

Voyez comment ça peut se passer :

Le loup n'aime pas Noël (sous forme de "Petit Livre")

J'ai découvert début décembre une collection d'albums très en vogue actuellement, "Le loup qui..." d'Oriane Lallemand, déclinés dans de nombreux sites pédagogiques sous forme de rallye lecture, de lecture suivie, etc. Je remercie d'ailleurs tous ces collègues qui font un formidable travail de création d'outils.

 

Toutefois, je reste un peu réticent sur l'usage forcené de ces albums, quand ils sont prétextes à questionnaires de compréhension plus qu'à un vrai plaisir de lecture.

Comme je ne parvenais pas à trouver sur le net un tapuscrit pour "Le loup qui n'aimait pas Noël", adapté à mes CE1, je me suis mis à cogiter...

Et comme souvent, lorsqu'on se trouve face à de l'AQP (Autrement Que Prévu, expression chère à Jaques Lévine), une meilleure idée arrive : "Et si on créait nous-mêmes notre livre sur le loup qui n'aime pas Noël".

Aussitôt pensé, aussitôt lancé.

 

1ère séance : Recherche en duos d'une raison qui fait que le loup n'aime pas Noël, PUIS vote par la classe de l'idée retenue : Le loup n'aime pas Noël, car quand il neige, il est tout mouillé et il ne le supporte pas.

 

2ème séance : Recherche toujours en duos de l'idée que va avoir le loup pour résoudre ce problème, PUIS vote de la classe : Il va aller à la piscine pour s'habituer à l'eau.

 

Séances suivantes : L'histoire avance avec les propositions écrites de chaque CE1, votées par les CP. Les textes choisis donnent lieu à des exercices sur la langue (compréhension, grammaire), mais aussi et surtout à des inventions de suite d'histoire. Avec les CP, je procède à un moment de découverte du nouveau texte au tableau, pendant que les CE1 font leur activité en autonomie, notamment pour faire avancer l'histoire du loup.

Voilà les fiches d'activités produites :

http://www.calameo.com/read/000021025806405042fdb

http://www.calameo.com/read/0000210258ab879620868

http://www.calameo.com/read/000021025a13a1c50df56

http://www.calameo.com/read/0000210250159d8645156

http://www.calameo.com/read/000021025f5dc82610fd7

http://www.calameo.com/read/000021025dc9dad984b02

http://www.calameo.com/read/00002102590662cc20c26

http://www.calameo.com/read/00002102576d1f914f8f3

http://www.calameo.com/read/0000210259f21a2245765

http://www.calameo.com/read/0000210252618d73e1a31

 

Finalisation : L'histoire est achevée. Ne reste plus qu'à créer nos "petits livres", tels qu'ils ont été inventés par les éditions Célestine (http://pedagost.over-blog.com/article-31198391.html). Chaque enfant a pu recevoir plusieurs "petits livres", à illustrer soi-même, un beau cadeau de Noël à offrir aux parents.

 

En parallèle, j'ai lu à la classe des livres d'Oriane Lallemand.

Le loup n'aime pas Noël (sous forme de "Petit Livre")

Un début de journée en classe de CP/CE1

8h30-9h15, voilà trois quarts d'heure que j'avais envie de vous faire partager, un temps de démarrage qui me semble fondamental pour pouvoir créer une atmosphère apaisante et coopérative.

 

On commence par un temps d'accueil, appelé aussi "Temps libre et calme", un sas entre la maison et l'école, un moment propice aussi pour prolonger librement des apprentissages menés à d'autres moments de la journée, comme vous pourrez le constater dans la vidéo.

 

Puis on enchaine par de petits rituels : la présentation par deux élèves de l'emploi du temps notamment, mais aussi les responsabilités dans la classe attribuées pour deux semaines : 

 

Et enfin, le "Je fais partager", un temps précieux où les enfants volontaires présentent un objet, une création, un moment vécu, qui leur tiennent à coeur. Un temps particulièrement important, car aussi propice à un début d'apprentissages naturels (au contraire de ceux qui viennent comme un "cheveu sur la soupe" en classe, parce qu'inscrits dans une progression artificielle), comme celui que vous pourrez découvrir sur l'arbre généalogique. 

Inventer des problèmes mathématiques

Cette année, dans notre école, nous mettons l'accent sur les problèmes mathématiques, et plus largement le questionnement.

Avec mes CP/CE1, j'aime bien donner de l'espace à l'invention, de façon à ce que les élèves s'approprient concrètement et de l'intérieur les grandes notions.

Profitant de mon double-niveau, nous constituons souvent des duos hétérogènes pour permettre le tutorat. Cette fois-ci, je leur ai donné pour mission d'inventer chacun un problème dont la résolution passerait par une addition ou une soustraction.

Le déroulement de la séance fut le suivant :

1) Les duos inventent oralement une histoire finissant par une question mathématique.

2) Chaque enfant de CP du duo présente à la classe le problème, aidé pour cela par son "tuteur". A la fin de la présentation, les autres duos doivent inscrire sur leur ardoise si la résolution du problème passe par une addition ou une soustraction. Pour l'instant, on n'allait pas vers la résolution elle-même.

Les enfants ont été très impliqués par ce temps de recherche, pas facile en début d'année.

Vous trouverez ci-dessous un montage vidéo montrant un aperçu de ce moment.

Eloge du double niveau

Cette année scolaire 2012-2013 qui vient de s'achever fut pour moi la plus accomplie depuis que j'enseigne, soit depuis 18 ans.

Les raisons sont multiples : je suis dans une école où la mixité sociale est de mise, et plutôt favorable, une école dont l'ambiance entre collègues est tout à fait satisfaisante, avec des projets d'équipe réjouissants, comme la "semaine du corps", la "journée de l'eau", et une année à venir axée sur le questionnement et les situations-problèmes. De plus, j'ai bénéficié cette année d'une classe culturelle mêlant les arts plastiques et l'art théâtral.

Mais, avec le recul, ce qui me semble essentiel dans ce bilan fort positif, c'est la composition de ma classe en double niveau CP/CE1, à rebours de toutes les idées sur le double-niveau qu'on entend partout : "Ouh là là, ça te fait un double travail" "C'est bien pour les CP, mais pour les CE1, ça nivelle par le bas..." " Comment tu gères les moments où tu t'occupes des CE1/des CP ?"

Alors oui, ces remarques et questions se comprennent, mais il me semble assez facile d'y répondre. Je vais essayer de le faire concrètement en présentant mes choix d'organisation :

1) En premier lieu, il faut considérer cette classe comme une classe à part entière, et non pas comme deux groupes mis ensemble.

a) Ce qui implique le mélange des élèves dans l'espace classe et surtout pas la répartition/division "CP à gauche et CE1 à droite" (ou le contraire). Les enfants se sont mis par tables de 4 ou 5, avec autant que possible un CP à côté d'un CE1 pour permettre l'aide et le tutorat.

b) Ce qui implique aussi des temps communs comme le "Je fais partager" ( http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html ), le "Je réfléchis" ( http://pedagost.over-blog.com/article-27175727.html ) , le "Je lis une histoire", le "Je fais un projet" ( http://pedagost.over-blog.com/article-27970847.html ), autant de temps vécus par tous en même temps.

2) En second lieu, il faut favoriser autant que possible les moments à deux, où la compétition n'existe pas, car les enfants sont de niveaux de classe différents, des moments de lecture, de recherche, d'expérimentations. Vous trouverez sur mon blog des scènes de ce type. http://pedagost.over-blog.com/article-des-defis-mathematiques-en-cp-ce1-111201118.html http://pedagost.over-blog.com/article-lire-en-tutorat-113724385.html

3) En troisième lieu, il faut passer par des moments de regroupement nombreux, un peu comme en maternelle, pendant lesquels on peut prendre le temps d'expliquer à chaque groupe de niveau ce qu'il a à faire. Souvent, j'expliquais d'abord aux CP ou aux CE1 l'activité à mener en autonomie (écriture, calculs, créations, notamment pour les CP ; activités plus larges pour les CE1, à priori plus autonomes), puis une fois l'explication donnée et les enfants repartis à leur place, je travaillais au tableau avec le groupe restant sur une nouvelle notion, un point à développer, une découverte de lecture. J'ai eu aussi la chance que trois collègues m'aient pris, à un moment où ils étaient libres, mon groupe de CP, ce qui me permettait d'aborder des points plus complexes avec mes CE1.

Tous ces dispositifs ont favorisé une véritable ambiance de coopération, de partage et d'aide entre élèves. J'ai pour en témoigner certaines images fortes dans la tête :

- des élèves de CE1 ne cessant de se rapprocher des CP pour les aider à lire ou à écrire leurs textes libres

- des élèves de CP se saisissant des projets plus aboutis des CE1 pour les essayer eux aussi, notamment au troisième trimestre. Par exemple les rallyes lecture.

- un esprit très mûr chez la plupart des CE1, se sentant investis d'une responsabilité de grand frère ou de grande soeur, et même parfois de "petits formateurs".

Pour conclure sur ce sujet, le travail supplémentaire demandé par la différenciation CP/CE1 est largement contrebalancé par tout ce qui est gagné en terme d'atmosphère, aussi bien dans les relations entre eux que dans l'émulation dans le travail.

De la lecture-plaisir

J'ai filmé dans ma classe de CP/CE1 un moment tout simple que j'appellerai "lecture-plaisir", sans livre imposé qui serait le même pour toute la classe, sans questions à poser sur le texte pour vérifier la compréhension, sans compte-rendu de lecture.

Comme pour bien d'autres moments de classe comme le "Je fais partager", le temps de l'Accueil, où l'apprentissage n'est pas aussi visible que lorsqu'on travaille sur une compétence précise avec des outils didactiques très élaborés, ce temps de lecture-plaisir me parait essentiel pour donner une autre dimension à ce que devrait être la lecture.

Là, en cette fin d'année, les enfants ont choisi de lire seul ou à deux et puis... c'est parti pour le plaisir.

Ateliers de réflexion en CP/CE1

Voilà une nouvelle moisson bien intéressante de réflexions d'élèves de CP/CE1 sur trois thèmes bien différents issus de moments vécus de la classe.

 

1) Est-ce que c'est mieux d'être âgé ou jeune ?

 

Atelier après la lecture d'une histoire à la classe. 

 

Un moment fort réjouissant dans lequel de nombreux enfants se sont impliqués. Avec une question qui a émergé au fil des échanges : c'est quoi être "jeune" ?

 

 

2) Est-ce que c'est possible qu'une personne soit nulle ?

 

Atelier après avoir vu au théâtre "Mélisses, la petite fée qui disait qu'elle était nulle".

 

Encore un moment de partage et de réflexion que j'ai trouvé fort intéressant, où aussi bien les CP que les CE1 sont intervenus. Avec pratiquement la même maturité de réflexion.

 

 

3) Pourquoi on veut souvent être le plus beau ?

 

Atelier après la lecture d'un album : "C'est moi le plus beau ?"

 

Après un démarrage un peu confus, de belles paroles ont émergé sur la justesse ou non de se prétendre beau.

 

Des défis mathématiques en CP/CE1

Cette année, j'ai décidé de me lancer dans les "Défis mathématiques" et d'en explorer ses différentes dimensions : comment essayer de regarder ce qu'il y a de mathématique autour de nous et en faire un espace de recherche. Une façon d'affirmer que les mathématiques ne peuvent se réduire à une affaire de manuel scolaire, d'abstraction déconnectée du réel, de technique pure.

 

Donc, en parallèle à un travail plus classique mené du lundi au jeudi, nous mettons tous les vendredis des lunettes mathématiques imaginaires et regardons notre environnement autrement. Ma première impression, que vous ressentirez peut-être au vu des vidéos qui suivent, c'est qu'il y a un véritable engagement de chacun dans ce moment, une ébullition réelle pour conquérir des savoirs, une ambiance de coopération rendue plus facile dans une classe à double niveau.

 

Premier environnement : l'espace de la classe.

 

A chaque séance, nous avons posé nos lunettes imaginaires et puis nous avons cherché...

 

1) Cherché tout ce qui nous semblait mathématique dans la classe, puis par deux, les enfants se sont donné un défi à réaliser : mesurer la cage des gerbilles, refaire un alphabet géométrique, compter les étiquettes, etc.

 

 

2) Défis Mesure : On a mesuré tout ce qu'il y avait sur nos tables avec les instruments qui leur paraissaient utiles.

 

 

3) Défis Comptage : Nous avons compté tout ce qui pouvait se compter dans la classe et avons noté nos résultats numériques.

 

 

4) Défis géométriques : Nous avons essayé de représenter les formes vues en classe : étiquettes, portes, lumières, sablier, etc.

 

 

5) Défis Questions : Nous avons essayé de trouver des questions pour lesquelles une réponse mathématique était possible.