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Articles avec #evaluation catégorie

Bilans du 1er trimestre (CP)

Je débute les bilans qui me sont utiles pour savoir où en est chaque enfant dans ses apprentissages. Une partie des bilans est faite collectivement, une autre individuellement avec moi, en particulier en lecture, pour avir une idée assez précise des progrès de chacun.

Voilà, si ça peut vous servir pour votre classe, ces bilans :

Bilan

 

Evaluations nationales de CE1 : NON !

Voilà la lettre d'une collègue de l'école sur son refus de faire passer les évaluations de CE1. Je la soutiens totalement.

 

Pourquoi je ne ferai pas passer les évaluations nationales

 

à mes élèves de CE1 la semaine du 16 mai 2011

 

Depuis 2009, des évaluations nationales obligatoires ont été instituées pour les élèves de CE1 et de CM2.

 

Conçu comme un examen, les épreuves (quelques dizaines d’exercices, limités uniquement au français

et aux mathématiques) sont chronométrées. Les consignes de passation doivent être appliquées strictement. Les affichages de la classe pouvant aider les enfants doivent être retirés des murs

de la classe.

La notation se fait sous forme de codage 0 /1 (raté /réussi) pour permettre une saisie informatique.

Les résultats des élèves sont enregistrés sous forme de pourcentages. Ces résultats seront inscrits dans le nouveau livret de compétences qui va suivre chaque enfant toute sa scolarité. Les résultats sous forme de pourcentages sont aussi établis par classe, par école, par Académie.

Une prime de 400 euros est versée aux enseignants  qui font passer ses évaluations (alors que pour des raisons d’économies, 16 000 postes seront supprimés à la rentrée, avec comme conséquence des classes surchargées).

 

Ces évaluations suscitent beaucoup de questionnement et d’inquiétude, tant de la part des parents que des enseignants. Elles n’ont jamais fait l’objet de discussions avec les professionnels de l’éducation. L’institution refuse tout dialogue et les maintient à tout prix, exerçant menaces et sanctions contre ceux qui s’y opposent.

 

Mes valeurs d’enseignante de l’École Publique et mon expérience pédagogique me conduisent à  dire,

comme de nombreux collègues, que ces évaluations ne sont pas un outil pour aider les enfants à mieux réussir.

Mon objectif est que chaque enfant apprenne, progresse à son rythme, qu’il développe le goût d’apprendre, dans une classe où chacun s’entraide pour la réussite de tous.

Ces évaluations n’entrent pas dans cet objectif, au contraire. Elles n’ont aucun intérêt pédagogique pour l’enseignant. Cette épreuve (examen chronométré, codage binaire sans nuances) enregistre des erreurs comme des échecs, alors que les savoirs sont en cours d’acquisition. Elle ne permet pas de comprendre la nature des difficultés de l’enfant et ne tient pas compte des progrès accomplis au cours de l’année.

 

On ne peut réduire un enfant à une somme de compétences, à un pourcentage de réussites ou d’échecs.

Il  y a  danger pour les élèves d’être fichés dès la maternelle, de voir leur parcours scolaire enregistré dans un livret de compétences qui les suivra jusqu’à la fin de leurs études et au-delà.

 

Cette politique de pilotage par les résultats est néfaste. Elle poussera les enseignants à travailler dans une perspective de compétition, à faire bachoter leurs élèves  pour atteindre des meilleurs pourcentages de réussite. L’école ne doit pas entrer dans cette logique de concurrence. 

 

 

Ces évaluations nationales ne sont pas  au service de vos enfants, nos élèves.

C’est pourquoi je serai en grève pendant la  semaine du 16 mai, 

à l’appel de plusieurs syndicats enseignants.

 

Mme V

Livret de conquête des savoirs

Comme je l'ai déjà écrit, l'évaluation est un casse-tête pour chacun de nous, enseignants.

 

Evaluer ?

Evaluations : toujours sans nous !

 

Il s'agit à la fois de savoir estimer là où en est chaque élève dans ses apprentissages, mais ne pas passer son temps à évaluer chaque moment de classe, évacuant là toute gratuité de l'apprentissage.

 

Il s'agit de donner des éléments d'appréciation aux parents mais de ne surtout pas passer à côté de tout ce qui est la vraie vie de classe, donc le transdisciplinaire, l'envie de découvrir, le sens de ce qu'on apprend, l'échange oral, la coopération, le tâtonnement, autant d'éléments fondamentaux qui ne s'évaluent guère, et qu'on pourrait donc facilement négliger.

 

Il s'agit à travers ses évaluations de donner envie d'avancer plutôt que de stigmatiser ceux, qui pour des raisons diverses et souvent ne dépendant pas d'eux, ont plus de difficultés.

 

Alors, j'ai essayé de construire un "Livret de conquête des savoirs", qui tienne compte des compétences à acquérir sans chercher à les évaluer une par une, qui essaie d'expliquer le qualitatif du travail, qui mette en avant la progression de chacun autant, sinon davantage, que son niveau.

 

Le voilà :

 

Livret de conquête des savoirs

 

Vous noterez sur ce document, qu'à côté de la liste des compétences prévues par domaine de savoirs, j'écrirai un texte d'appréciation générale pour chacun de ces domaines (j'ai mis un exemple de début de texte).

 

Il est en réflexion, donc aussi en réfection possible. Vous remarques sont bienvenues.

Evaluations : toujours sans nous !

Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos - sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves, et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier.

Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.

Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.

C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.

Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.

Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république

Site résistance pédagogique

Nous ne sommes pas des traders

Voilà un article paru dans l'Huma de mardi 29 qui parle assez bien, je trouve, de notre refus des évaluations telles qu'elles sont conçues et de la prime qui va avec .


Evaluer ? (complément au précédent message)

En fait, j'essaie de centrer toute mon activité de classe sur l'apprendre (c'est pour cela que Philippe Meirieu m'a tant plu dans ses écrits et dans ses mots), tout en m'efforçant de faire en sorte que ça ne voit pas trop, que l'apprendre fasse partie naturellement du décor, avec le moins possible de "il faut que...", "tu dois...".

Je sais quand même que ça viendra d'abord par l'atmosphère de classe, avec de l'expression, du partage, des projets personnels, de la transmission (par moi, mais aussi par les enfants), de la pensée, de la créativité et du jeu, de l'entraînement, et bien sûr de la reconnaissance, autant que possible, de chacun.
Tant que je ressens de l'apprendre dans la classe, même si je n'en maîtrise pas les tenants et aboutissants, je suis heureux.

L'évaluation de cet apprendre me parait être le plus souvent qu'une perte de temps, voire un danger :
- ça risque de stigmatiser, ce qui est dommageable, vu que ça n'évalue que sur des critères partiels de réussite qui ne servent souvent qu'un profil d'élèves
- ça ne parle guère aux enfants, sinon comme réponse à la question classique : "Tu as bien travaillé ?"

Un exemple : Quand ils sont en "Travail personnel" dans ma classe, il n'y a pas de Plan de travail (trop proche pour moi de l'idée de contrat et de quantitatif, nombre de textes à écrire, de fiches à faire, etc., qui nous rassurent, nous les enseignants, mais qui remet trop l'apprendre dans de l'obligation). En revanche, dans leurs choix d'activité, ce doit obligatoirement être un projet où ils auront à découvrir, donc à apprendre : une maquette nouvelle en carton, un exposé sur un sujet nouveau, quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas encore, qu'ils auront à réexplorer ou à découvrir.

Evidemment, j'évalue quand même, comme tout le monde, le moins possible, mais je me pose toutes ces questions.



Evaluer ?

Face à cette déferlante de processus d'évaluations dans notre société, et donc aussi dans l'école - y'a pas de raison qu'il en soit autrement - il me semble indispensable de s'y intéresser en dépassant les habituelles analyses trop restrictives sur les simples contenus d'évaluation ou les modes d'évaluation (comme ce fut trop le cas, à mon goût, lors des évaluations CM2 puis CE1).

D'abord avec cette question qui m'occupe constamment dans ma conduite de classe : Est-ce qu'évaluer les élèves leur sert vraiment ?

J'ai un doute, si on pose ces postulats et interrogations :

1) On ne devrait naturellement pas apprendre pour être évalué.

2) Ce n'est pas parce qu'on est évalué et qu'on a "réussi", qu'on a appris, au fond.

3) Ce qui fait qu'un enfant se mettra à apprendre n'a souvent rien à voir avec le fait d'être évalué. Un exemple vécu  : Une élève de ma classe, L., a écrit dans son bilan personnel d'aujourd'hui qu'elle s'est mise à lire pour faire comme G. qui commençait à lire.

4) Le goût, le plaisir, la soif d'apprendre, le cheminement expérimental ne s'évaluent pas aussi simplement que la compétence purement disciplinaire. Et pourtant, ils sont fondamentaux.

5) L'évaluation s'adresse plus à l'institution qu'aux parents, et plus aux parents qu'aux enfants. Et pourtant, qui apprend ?

6) On évalue un résultat. Pourquoi n'évalue-t-on pas l'origine du résultat, ce qui l'a permis et lui a donné sens. Ne serait-ce pas parce qu'on a peur que ces résultats ne soient le plus souvent dénués de vrai sens ?

J'en arriverais même à rêver - et je ne suis évidemment pas le premier ni le seul - d'un apprentissage qui ne s'évaluerait pas - même par des brevets - sinon par la passion, la curiosité, l'élan qui habiteraient celui qui apprend.

 Plutôt que d'évaluation, nos élèves n'auraient-ils pas d'abord besoin de reconnaissance ?

Les Evaluations de CE1

Ces évaluations de CE1, telles qu’elles sont pensées, conçues et

telles qu’elles seront exploitées,

sont néfastes pour les élèves et leurs apprentissages.

 

 

1) Elles n’évaluent qu’un pan bien réduit de ce que doit apprendre un enfant. Rien sur le rapport au monde et sa découverte. Rien sur l’oral. Rien sur les capacités imaginatives et créatives. Rien sur le rapport de sens au travail, aux savoirs, donc sur l’envie, le plaisir.

 

2) Elles ne donnent qu’une image figée de ce qui normalement devrait être un mouvement, une progression. Qu’en est-il des enfants, qui à partir de difficultés vécues auparavant, se mobilisent, donnent tout pour réussir et qui progressent, si au bout du compte leurs résultats sont quand même classés 0 ?

 

3) Elles font fi de la complexité de ce qu’on sait en choisissant pour des raisons purement statistiques et numériques (et de classement) une notation binaire injuste et automatiquement stigmatisante.

 

4) Elles sont, de par leur densité et leur austérité, terriblement fastidieuses à passer pour des enfants qui sont encore loin du baccalauréat.

 

5) Elles vont mettre nombre d’enfants en échec automatique sur plein d’items. On remarquera ainsi que le texte de lecture choisi dans ces évaluations, « Akimbo et les lions », est conseillé, sur le site de Gallimard, l’éditeur, et sur d’autres sites, à des enfants de CE2  au minimum. Et nous ne parlerons pas des soustractions à retenues, du passé composé, des divisions, etc.

 

6) Conséquemment, à quoi vont servir ces évaluations si elles ne sont pas adaptées à la plupart des élèves de nos classes, sinon de les mettre en échec et donc dans le découragement.

 

7) Mais peut-être qu’elles ont un autre objectif que de servir nos élèves…

 

 

Et pourtant, il est important d’évaluer le travail et l’avancée de chacun. Mais le veut-on vraiment ?