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Articles avec #la classe dont je reve catégorie

Le Jeu de l'oie des Multiplications

J'ai souvent eu l'occasion de vous faire part de ce qui est pour moi l'essentiel dans une classe : Qu'il y ait une circulation naturelle et vivante entre les temps d'apprentissage : Trafic fluide

 

Pour ce faire, il me semble que les temps d'expression, de projets personnels et de partage doivent s'articuler de la manière la plus fluide possible, de façon à ce que les élèves puissent se sentir "vivants".

 

J'ai pu à nouveau expérimenter cette circulation naturelle tout récemment.

 

Ça a démarré par ce nouveau temps, "Eurêka", qui est devenu un incontournable de ma classe (Eurêka)

 

A cette occasion, de nombreux enfants ont pu faire partager leurs plaisirs d'apprentissage. En particulier A., qui a parlé de cette nouvelle opération mathématique, la multiplication, qu'elle venait de découvrir apparemment avec plaisir.

 

A l'issue de sa prise de parole, nous avons procédé comme d'habitude : nous avons demandé s'ils souhaitaient mener des projets prolongeant ce partage. A. a aussitôt proposé de créer un "Jeu de l'oie des multiplications" et C. s'est associée à son idée. Je l'ai noté sur notre tableau de "projets Eurêka".

 

Petite précision : Depuis quelques jours, pendant le temps de l'Accueil, A. jouait beaucoup au jeu de l'oie qui se trouve dans le bouquin que j'ai écrit - et que vous conseille...😉 - "Verbes, Sujets et compagnie".

 

Puis la semaine se poursuit, avec notamment ces temps de "Projets personnels" qui permettent à chacun de mener le sien.

 

Quelques jours plus tard, est prévu dans l'Emploi des temps un moment de Présentation. Et c'est là que A. et C. présentent leur jeu de l'oie. Elles l'ont tracé, elles ont inventé des règles dans l'esprit d'un vrai jeu de l'oie et ont fabriqué deux dés en papier pour mettre en jeu la multiplication. Je le découvre avec les autres élèves, car elles l'ont réalisé sans mon aide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis, les élèves jouent volontiers à leur jeu !

 

Bien sûr, ce n'est pas spectaculaire, leur création pourrait être améliorée et le sera probablement, mais l'essentiel est ailleurs : grâce à ces temps ritualisés de la classe, les élèves ont la possibilité de se saisir de tout ce qu'ils ressentent pour se lancer dans des projets qui leur viennent en tête et qu'ils vont pouvoir rapidement présenter. Il en est de même lorsqu'ils écrivent des textes libres qui seront dans le journal, ou lorsqu'ils préparent des lectures à haute voix qu'ils pourront présenter à d'autres classes. J'insiste sur la ritualisation de ces temps, car souvent, dans les classes, il y a des projets, des envies, des propositions, mais pas les temps prévus pour les réaliser...

 

J'en parle ici :

Du temps !

Et là :

Toujours du temps

 

PS : Et pour finir, je vous conseille vivement la lecture de ce formidable ouvrage "Eloge de l'éducation lente" de Juan Domenech Francesch (Article dans les Cahiers pédagogiques)

 

Le Temps des penseurs : Réflexions et propositions

Nous nous sommes réunis à huit pour penser "le Temps des penseurs" lors de la Fédération de stages organisée par l'Icem-Pédagogie Freinet. Voilà le fruit bien synthétisé de nos réflexions, et surtout des pistes d'expérimentation à conduire en classe.

 

Notre plan de travail (synthétisé) pendant le stage

  • PENSER LES SITUATIONS D’APPRENTISSAGE QUE NOUS VIVONS
    Comment les vit-on en classe ? Pourquoi ce ressenti ?
  • PENSER LES CONTENUS D’APPRENTISSAGE

Quels sont les contenus fondamentaux ?
Comment faire en sorte que les enfants portent un regard de penseur sur leurs savoirs ?

Comment faire en sorte que les savoirs que nous avons à enseigner soient le plus possible pensés dans la classe ?

  • PENSER LES EMPÊCHEMENTS A APPRENDRE
    Quels empêchements observons-nous dans nos classes ?
    Comment travailler sur les empêchements ?
  • PENSER LE GROUPE
    Quelles sont les façons de constituer une culture de groupe dans nos classes ?
    Comment aider l’élève à penser le groupe ?
  • SE PENSER SOI (COMME ETRE HUMAIN)
    C’est comment un enfant penseur ?
    Comment faire en sorte que l’élève ait un penser sur lui-même ?
  • NE PAS PENSER (Pour mieux penser ?)
  • SYNTHESE/FINALISATIONS/BILAN/PERSPECTIVES

 

Synthèse de notre travail

 

  • Qu’est ce que penser ?
    • Un pas de côté
    • Faire des liens ; relier ; « c’est comme »
    • Conscientiser
    • Porter un regard sur ce que j’ai fait, sur ce qui se passe, et comment je l’ai vécu (relire)
    • Questionner

 

  • Pourquoi penser ?
    • Conquérir les secrets de la vie (cf Jacques Lévine)
    • Remise en cause de ce qui est proposé
    • Passer d’un monde chaotique à un monde cohérent
    • S’approprier ce qu’on vit à l’école
    • Se construire, agir en son nom propre
    • Interpréter, se représenter le monde, tout en nuances.

 

  • Comment penser / faire penser ?

Les dispositifs de la classe Freinet qui, en permettant l’expression, la création libre, le tâtonnement, le partage, l’aménagement coopératif de l’espace et du temps, favorisent un penser permanent sur les apprentissages (au sens large), sur soi et sur le groupe.

 

Et pour aider à la prise de conscience de ces actes de penser, nous avons repéré des dispositifs complémentaires :

 

Le retour réflexif sur ce qui se passe en classe :

 

  • Pour penser les situations d’apprentissage :
    Permettre aux élèves et/ou à l’enseignant d’exprimer son ressenti à l’issue d’un moment de classe et de réfléchir brièvement ensemble au pourquoi / comment (en prenant en compte aussi les empêchements), pour le prolonger, si nécessaire, au Conseil.
    (élève) Qu’est-ce qui s’est passé pour moi ?
    (enseignant) J’ai observé que …
    (à la classe) Qu’en pensez-vo
    us ?

 

  • Pour penser les contenus d’apprentissage :
    Prendre un moment en fin de journée ou d’activité pour que les élèves identifient ce qu’ils ont appris et pourquoi.
    (élève) Avant, je ne savais pas que …/et : J’ai appris que…
    (élève) Je voudrais savoir pourquoi nous apprenons …
    (enseignant) A votre avis, pourquoi avons-nous travaillé s
    ur …

 

  • Pour se penser soi-même :
    Offrir la possibilité avec un outil simple et approprié pour chacun des élèves (éventail de pictogrammes, nuancier des sentiments) d’exprimer un sentiment personnel
    Fatigue, lassitude, énervement, impuissance, …

 

  • Pour penser le groupe :
    Même dispositif que pour les autres modalités, avec une focalisation sur les interactions.

 

Des moments plus planifiés où l’on va penser ensemble :

 

  • les ateliers de philosophie et de psychologie (cf. travaux de Jacques Levine),
  • le conseil,
  • les empêchements clownesques (http://www.empechementsaapprendre.com/),
  • jeux de rôles,
  • portrait chinois personnel ou du groupe,
  • bilan météo
  • la médiation culturelle (cf. travaux de Serge Boimare)

 

NB : Penser se fait bien sûr aussi de façon non volontaire (pendant les activités de loisir et quotidiennes, ou de façon inconsciente, pendant le sommeil).

 

Des prolongements évoqués

 

  • Chercher d’autres modalités pour faire penser qui ne soient pas verbales.
    Chacun selon ses penchants permet au groupe de les vivre pour ensuite les analyser.
    • Brain gym ;
    • Padovan ;
    • La méditation
    • Massage
    • Art du spectacle : mime ; marionnettes
    • Dispositif « Outil de représentation et de manipulation » © Céline / playmobil

 

  • Envisager un travail plus centré sur l’enseignant : penser sa classe, son travail, ses empêchements, sa personne.

 

Début de bibliographie

Jacques Lévine : « Anthropologie des savoirs scolaires »

Serge Boimare : « Ces enfants empêchés de penser »

André Tricot, sur les apprentissages naturels, adaptatifs.

Olivier Houdé : http://olivier.houde.free.fr/

Un article du Café pédagogique du 28/10/2015 : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/10/28102015Article635816158052873060.aspx

 

Penser à l'école. Penser l'école

En ces temps de turbulences et de peurs, injonction est faite de repenser la société, de repenser la citoyenneté, de repenser la religion, de repenser l’économie, de repenser l’homme.

C’est un drôle de verbe, si on réfléchit bien, le verbe Penser. Il est souvent employé, et pourtant, où sont les espaces pour penser dans notre société ? Dans les médias ? Dans les assemblées et autres congrès ? A l’école ?

Allons-y à l’école. Pour moi qui suis instituteur, je n’ai aucun souvenir de l’emploi de ce mot en classe, en salle des maîtres, et même dans la bouche d’un ministre de l’éducation nationale.

Essayez de vous remémorer votre propre scolarité. Est-ce que ces phrases vous reviennent dites par un instituteur ? : « Tu as bien pensé ! »

« Tu as bien travaillé/appris » ; « Tu t’es bien concentré »

Penser, non… Comme si ce mot, cette idée, n’avait pas sa place à l’école, je dirai même, ne pouvait avoir sa place. Une place pourtant nécessaire pour qu’enfin l’école puisse donner accès à la complexité des choses et évite, autant que possible, de former une jeunesse n’ayant pour seule perspective que la servitude volontaire, ou alors pour certains le fanatisme.

Pourquoi ? Ce concept serait-il dangereux pour l’enseignant ? Est-ce que quelque chose lui échapperait si la classe et ses composants, les enfants, se mettaient à penser ? Penser serait-il incompatible avec l’objectif d’apprendre ? Doit-on même considérer que si on favorisait la pensée dans la classe, cela prendrait trop de temps pour faire émerger les savoirs, ça entrerait en contradiction avec les valeurs de la société, fondées sur la vitesse, voire l’urgence.

Et s’il y avait de plus, dans l’acte de penser, une boîte noire qui échappe à l’emprise de l’enseignant et qui lui pose vraiment problème, boîte faite de l’intériorité de l’enfant, ses émotions, ses désirs, ses préoccupations. Or, rien de plus angoissant pour le MAITRE de ne pas être maître de tout un pan de l’élève face à lui.

Alors, que fait-il bien souvent ?

1) Soit il évacue cette intériorité et l’enfant ne reste qu’un élève à faire avancer compétence par compétence, un élève découpé en morceaux de savoir-faire, et qui le plus souvent devient objet d’évaluation. Il ne pense pas, il travaille. Et s’il pense un peu, cette pensée doit pouvoir être mise dans une catégorie évaluable et ne pas prendre trop de temps sur les acquisitions.

2) Soit il reconnait cet espace de pensée et d’intériorité mais cherche à percer cette boite noire de façon intrusive et non respectueuse de l’enfant avec des idées toutes faites comme « Cet enfant ? T’as vu la famille qu’il a ! » ou « Le père est absent, c’est pour ça que… » De la psychologie de bazar. L’enseignant cherche à contrôler ce qui sort de l’enfant.

Pourtant, il faut réhabiliter la pensée à l’école, car c’est laisser un espace non contrôlable, un espace dans lequel chacun peut se glisser à sa manière.

Où l’indicible peut exister.

Cet espace de pensée, dans la mesure où il est cadré pour assurer la sécurité de chacun avec des règles explicites, est précieux dans une classe. Il permet de donner place à l’intériorité singulière de chacun, incluant blessures et blocages, pour qu’elle se transforme en réalisation et en création.

Il faut donc prévoir dans un emploi de temps des moments pour cela. Je l’ai fait, je le fais, je le défends. Et je ne suis pas tout seul.

Nous sommes de nombreux enseignants à à défendre un espace-classe où penser serait central et multiple :

- penser l’apprentissage.

Jacques Lévine, psychologue, psychanalyste, un de mes maîtres à penser justement, avait une formule qui est devenue mienne : « Il ne devrait y avoir qu’une seule discipline à l’école : conquérir les secrets de la vie ». Les enfants doivent dès le plus jeune âge penser ce qu’ils auront à apprendre, savoir pourquoi on leur demande d’apprendre à lire, à écrire, à compter, à mesurer, à dessiner, à chanter. Et le savoir passe d’abord par leur propre exploration tâtonnante, sans l’explication de l’adulte.

- penser les empêchements à apprendre

Ces empêchements sont partout en classe, et pas seulement chez les élèves qui sont notoirement en difficulté. Serge Boimare, psychopédagogue, ancien directeur du Centre Médico-Psychopédagogique Claude Bernard (Paris V), en parle formidablement bien dans un de ces ouvrages, « Ces enfants empêchés de penser ».

Ils sont cachés en chacun de nous – j’ai été moi-même de ces élèves empêchés, même si ça ne s’est pas vu dans mes résultats – et souvent ils sont inavouables.

Ces empêchements peuvent venir de partout, de l’enseignant, de la personne qu’est l’élève, de son entourage familial ou amical, des savoirs eux-mêmes.

Avec toute une équipe d’enseignants et de clowns (!), nous nous sommes confrontés à ces empêchements d’une façon singulière et pratique et avons fait partager notre travail sur ce site : http://www.empechementsaapprendre.com

- penser la classe

On ne passe pas six heures par jour dans une classe sans qu’il soit nécessaire de la faire sienne. Sinon, l’espace devient mortifère. Et pourtant, combien d’enseignants font de leur classe un espace de démocratie ?

La pédagogie Freinet, qui est là aussi d’une grande importance dans mes valeurs, l’a compris en instituant tous ces espaces de conseil, dans lesquels les élèves deviennent co-auteurs du fonctionnement de leur classe, faisant de celle-ci un espace de participation et de co-décision.

- penser le monde et la condition humaine.

Sous forme de moments de réflexion collective, inspirés là encore par Jacques Lévine, dans lesquels l’enseignant n’est que celui qui permet, il s'agit là d'établir un moment d'exploration entre pairs qui permette à chacun d'avancer dans la découverte de soi, de l'autre, et du monde dans lequel on vit.

L'objectif est donc triple :

- offrir un espace de réflexion personnelle à chaque enfant (qu'il intervienne oralement ou non dans l'atelier), où il peut aborder des grands thèmes auxquels, en général, on ne lui donne pas accès, soit parce qu’il est considéré comme trop petit, soit parce qu’on trouve qu’il y a d'autres priorités, soit parce qu’on n'a pas le temps, soit parce que c’est considéré comme difficile à mener...

- modifier le regard que chacun porte sur l'autre. Il n'y a pas là de « bon élève » étiqueté mais d'enfants qui cherchent ensemble un cheminement à l'intérieur d'une question, qui n'a pas de réponse juste.

- ouvrir un espace transitionnel entre soi et le monde. Le « pourquoi on vit » devient accessible. Cette façon de nous mettre en relation avec le monde peut aider des enfants à se réconcilier avec leur environnement.

Penser l’école, penser à l’école

Combat vital. Combat politique. Combat humain.

Lire en tutorat

En prolongation de mes articles passés sur la lecture-plaisir ( Lire en CP... simplement pour le plaisir ;  Bain de lectures), voilà un moment de lecture en tutorat, que j'ai filmé :

 

1) On forme des duos de lecteur/non ou presque lecteur. Le plus souvent, je place les étiquettes-prénoms des élèves en deux colonnes (bons lecteurs ; lecteurs en formation) et on procède au tirage au sort d'un enfant qui en choisit un de l'autre colonne.

2) Chaque duo se choisit un livre dans la bibliothèque de la classe.

3) Moment de lecture à deux avec, vous le verrez en images, des façons de lire ensemble qui diffèrent. Soit le lecteur lit simplement l'histoire à l'autre, soit il lui fait lire les mots simples, soit ils mènent presque un travail de reconnaissance de sons, de déchiffrage, de combinatoire. A chacun sa façon de procéder.

 

Des défis mathématiques en CP/CE1

Cette année, j'ai décidé de me lancer dans les "Défis mathématiques" et d'en explorer ses différentes dimensions : comment essayer de regarder ce qu'il y a de mathématique autour de nous et en faire un espace de recherche. Une façon d'affirmer que les mathématiques ne peuvent se réduire à une affaire de manuel scolaire, d'abstraction déconnectée du réel, de technique pure.

 

Donc, en parallèle à un travail plus classique mené du lundi au jeudi, nous mettons tous les vendredis des lunettes mathématiques imaginaires et regardons notre environnement autrement. Ma première impression, que vous ressentirez peut-être au vu des vidéos qui suivent, c'est qu'il y a un véritable engagement de chacun dans ce moment, une ébullition réelle pour conquérir des savoirs, une ambiance de coopération rendue plus facile dans une classe à double niveau.

 

Premier environnement : l'espace de la classe.

 

A chaque séance, nous avons posé nos lunettes imaginaires et puis nous avons cherché...

 

1) Cherché tout ce qui nous semblait mathématique dans la classe, puis par deux, les enfants se sont donné un défi à réaliser : mesurer la cage des gerbilles, refaire un alphabet géométrique, compter les étiquettes, etc.

 

 

2) Défis Mesure : On a mesuré tout ce qu'il y avait sur nos tables avec les instruments qui leur paraissaient utiles.

 

 

3) Défis Comptage : Nous avons compté tout ce qui pouvait se compter dans la classe et avons noté nos résultats numériques.

 

 

4) Défis géométriques : Nous avons essayé de représenter les formes vues en classe : étiquettes, portes, lumières, sablier, etc.

 

 

5) Défis Questions : Nous avons essayé de trouver des questions pour lesquelles une réponse mathématique était possible.

 

Le démarrage d'une journée de classe

Les enfants dans l'école où je suis arrivent entre 8h20 et 8h30 à l'école. Ils vont dans la cour, échangent entre eux, se montrent des objets, courent un peu, disent au revoir à leur parent. Et puis il y a la montée des escaliers, deux étages, rien que du classique, quoi.Mais pas tout à fait...

 

Dans ma classe, plutôt que de démarrer par quelques rituels habituels (appel, sortir le cahier de liaison, la trousse, etc.), on commence par un "Temps libre et calme" : 10 minutes, parfois un peu plus, pendant lesquelles chacun se lance dans l'activité de son choix.

 

Comme vous le verrez sur la vidéo, les enfants sont complètement présents, emplis de quelque chose qui ressemble à une envie, une motivation, la leur, pas celle imposée par l'enseignant, les programmes, les compétences à développer. A tel point qu'il est difficile de ne pas ressentir qu'il y a du vrai apprentissage pendant ce moment, un apprentissage qu'on ne mesurera pas mais qui se voit, qui se vit, tout simplement. Et qu'on a même du mal à couper par un "Bon, les enfants, on démarre". Car ça déjà bien démarré !

 

Voyez plutôt !

 

L'emploi DES temps (CP/CE1)

A l'occasion d'un stage Freinet dans le sud-ouest que j'ai suivi cet été, nous avons eu l'occasion de réfléchir à plein de sujets, dont le fameux "emploi du temps".

 

Sur ce sujet, je suis de ceux qui trouvent qu'avoir un emploi du temps pour mener sa pratique de classe est bien utile, à condition de pouvoir s'en détacher, si besoin est, bien sûr.

 

Pendant notre échange de ce stage, j'ai senti que l'appellation "Emploi des temps" s'imposait davantage pour dire que la classe devait être faite de temps différents (partage, expression, création, entraînement, réflexion, projets, tutorat, etc.), car elle indique bien que l'habituel découpage  du temps entre disciplines (maths, français, histoire, géographie...) est vraiment à proscrire, car dépassé. Comme si la transversalité des apprentissages n'existait pas !

Vous pouvez lire à ce sujet l'article suivant : Organisation de ma classe

 

Cet emploi des temps, je vous le fais partager ici pour ma classe de CP/CE1. Il est expérimental, donc à peaufiner.

 

Emploi des temps CP/CE1

Quand les temps de classe se parlent...

La classe est un ensemble complexe composé :

- d'enfants qui y cherchent, plus ou moins volontairement, de l'apprendre

- d'un enseignant, qui est aussi un fonctionnaire devant obéir à une Institution de plus en plus présente, de moins en moins pédagogique

- de programmes à suivre, sans doute nécessaires, mais qui peuvent facilement stériliser l'esprit d'une classe en imposant une scolastique mortifère et une progressivité des savoirs souvent très artificielle

- d'un espace classe souvent trop réduit pour permettre le mouvement et la circulation des corps, pourtant nécessaire pour bien apprendre et se développer

- de rythmes scolaires qui ne sont malheureusement guère au service des enfants : trop longs dans une journée, trop découpés en tranches disciplinaires

 

Ma manière à moi de m'en sortir avec ce contexte éducatif actuel peu favorable à un "apprendre autrement", j'aimerais la résumer en un mot, et ce mot est CIRCULATION.

 

Il me semble que les élèves doivent vivre intérieurement une circulation d'apprentissage. Ils doivent sentir que chaque moment proposé et acté en classe est en lien avec les autres moments de classe, donnant ainsi une cohérence à l'ensemble.

- que le "Quoi de neuf ?" du matin ( Le "Je fais partager" ) est l'occasion de présenter des choses réalisées lors du Travail personnel (Le Travail personnel)

- que le Vote de texte permet aux textes libres écrits par chacun d'être partagés ( L'écriture de textes libres) 

- que l'écriture collective du Texte de vie de la classe ( Le Texte de vie de la classe ) permet une réflexion sur ce qu'on fait ensemble

- que le moment de Réflexion collective hebdomadaire (Mon regard sur les ateliers de réflexion collective )  favorise une atmosphère d'écoute et de regard différent entre eux

- que l'existence du Journal de classe (Journal de classe) diffusé chaque semaine aux parents permet à la classe de ne pas être enfermée sur elle-même.

- que la coexistence entre créations, recherches et applications mathématiques permet de donner sens à cette discipline très technique (Des maths, autrement)

- que de mener parallèlement des activités de lecture, si possible actives et réflexives, et d'écritures, si possible libres, et ce dès le début du CP, garantit un apprentissage plus solide et complet (Apprendre à lire au CP)

 

D'où l'importance d'un Emploi du temps stable et vivant.

Stable, car il sécurise les élèves et permet la garantie de cette circulation.

Vivant, car il s'alimente aussi de tout ce que les enfants apportent en expressions personnelles, en créations, en réflexions, en tâtonnements, en coopération.

 

Alors bien entendu, ces moments de classe ne se parlent pas toujours entre eux et il y a plein de temps où on se trouve à faire classe plus qu'à faire vivre la classe, où on fatigue, où on joue la facilité. Mais quand on entend les temps de classe se parler entre eux, que c'est beau !

Débuter la classe par l'Accueil

Chaque jour, à partir de 8h20, les élèves montent directement, à leur arrrivée, dans la classe : c'est le moment d'Accueil échelonné qui durera jusqu'à 8h35 environ.

 

Il s'agit là pour moi d'un moment extrêmement précieux, qui, même si on ne peut parler vraiment d'apprentissage, favorise ceux-ci. Vous pourrez le constater sur la vidéo.

 

Je suis convaincu que les enfants ont besoin de s'approprier l'espace de la classe, constitué des murs -eh oui, même les murs qui marquent les limites et le cadre !-, des camarades et du maître. J'ai d'ailleurs remarqué que pour ceux qui arrivent à la fin de l'accueil, il manquait quelque chose d'essentiel, une sorte de reconnaissance de leur présence.

 

C'est particulièrement vrai pour un enfant de ma classe, autiste, qui est désemparé à chaque fois qu'il arrive trop tard pour s'approprier l'espace classe. Ce qui est vrai pour cet enfant l'est assurément - mais dans une moindre mesure, évidemment - pour les autres.

 

 

Un moment de travail personnel

Tous les jours, un temps de 30 minutes environ est consacré au Travail personnel.

 

Comme vous pourrez le voir sur la longue vidéo ci-dessous, le rituel est le suivant :

1) Chacun choisit le projet qu'il fera pendant ces 30 minutes, avec quelques obligations (en particulier que huit enfants chaque jour écrivent un texte libre). Leur choix est inscrit sur un tableau qui pose l'engagement.

2) Le temps de travail personnel démarre : chacun se place, prend les outils adéquats (cahiers, livres, petit matériel de trousse, etc.) et moi, je me tiens à leur disposition.

 

Ce moment est particulièrement apprécié par les éléves, comme vous pourrez certainement le ressentir sur cette vidéo.

Sans doute qu'ils goûtent là la liberté qui leur est laissée, une liberté dans un cadre établi donc rassurant.

 

Et ces projets seront ensuite pour la plupart présentés au groupe classe dans le "Je fais partager" du matin, et peut-être publiés dans un journal.

 

Voilà quatre vidéos retraçant ce moment de Travail personnel (désolé pour la publicité éventuelle que je ne parviens pas à retirer). Désolé pour les problème de lecture. J'essaie d'arranger ça.

 


Préparation du travail personnel

 


Ecriture de textes libres

 


Projet lecture

 

 

  Projets divers