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Articles avec #la classe catégorie

Le Jeu de l'oie des Multiplications

J'ai souvent eu l'occasion de vous faire part de ce qui est pour moi l'essentiel dans une classe : Qu'il y ait une circulation naturelle et vivante entre les temps d'apprentissage : Trafic fluide

 

Pour ce faire, il me semble que les temps d'expression, de projets personnels et de partage doivent s'articuler de la manière la plus fluide possible, de façon à ce que les élèves puissent se sentir "vivants".

 

J'ai pu à nouveau expérimenter cette circulation naturelle tout récemment.

 

Ça a démarré par ce nouveau temps, "Eurêka", qui est devenu un incontournable de ma classe (Eurêka)

 

A cette occasion, de nombreux enfants ont pu faire partager leurs plaisirs d'apprentissage. En particulier A., qui a parlé de cette nouvelle opération mathématique, la multiplication, qu'elle venait de découvrir apparemment avec plaisir.

 

A l'issue de sa prise de parole, nous avons procédé comme d'habitude : nous avons demandé s'ils souhaitaient mener des projets prolongeant ce partage. A. a aussitôt proposé de créer un "Jeu de l'oie des multiplications" et C. s'est associée à son idée. Je l'ai noté sur notre tableau de "projets Eurêka".

 

Petite précision : Depuis quelques jours, pendant le temps de l'Accueil, A. jouait beaucoup au jeu de l'oie qui se trouve dans le bouquin que j'ai écrit - et que vous conseille...😉 - "Verbes, Sujets et compagnie".

 

Puis la semaine se poursuit, avec notamment ces temps de "Projets personnels" qui permettent à chacun de mener le sien.

 

Quelques jours plus tard, est prévu dans l'Emploi des temps un moment de Présentation. Et c'est là que A. et C. présentent leur jeu de l'oie. Elles l'ont tracé, elles ont inventé des règles dans l'esprit d'un vrai jeu de l'oie et ont fabriqué deux dés en papier pour mettre en jeu la multiplication. Je le découvre avec les autres élèves, car elles l'ont réalisé sans mon aide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis, les élèves jouent volontiers à leur jeu !

 

Bien sûr, ce n'est pas spectaculaire, leur création pourrait être améliorée et le sera probablement, mais l'essentiel est ailleurs : grâce à ces temps ritualisés de la classe, les élèves ont la possibilité de se saisir de tout ce qu'ils ressentent pour se lancer dans des projets qui leur viennent en tête et qu'ils vont pouvoir rapidement présenter. Il en est de même lorsqu'ils écrivent des textes libres qui seront dans le journal, ou lorsqu'ils préparent des lectures à haute voix qu'ils pourront présenter à d'autres classes. J'insiste sur la ritualisation de ces temps, car souvent, dans les classes, il y a des projets, des envies, des propositions, mais pas les temps prévus pour les réaliser...

 

J'en parle ici :

Du temps !

Et là :

Toujours du temps

 

PS : Et pour finir, je vous conseille vivement la lecture de ce formidable ouvrage "Eloge de l'éducation lente" de Juan Domenech Francesch (Article dans les Cahiers pédagogiques)

 

Je ne vous ai pas autorisé !

Mardi 5 mars : nous sommes dans une séance de mathématiques toute classique de CE1 : découverte de la multiplication comme nouvelle opération mathématique.

 

La classe est dans une assez belle écoute - il faut dire que j'ai insisté sur l'importance de ce moment de découverte - bref, tout se déroule bien. J'ai l'impression que la plupart des élèves ont saisi l'intérêt de la multiplication comme opération de substitution aux additions répétées.

 

Comme souvent, je ponctue cette séquence par un temps de reformulation par les élèves eux-mêmes : un enfant va jouer le professeur, une façon de vérifier que le savoir a été un peu assimilé.

 

Il y a de nombreux volontaires, comme d'habitude. Cette fois-ci, ce sera C., une jeune fille plutôt réservée, mais toujours impliquée, qui le fera. Elle va devant le tableau, et pour apporter de la légèreté ludique à ce moment, je lui propose de mettre mon manteau, ce qu'elle fait sans hésiter.

 

Elle fait une prestation impeccable, reformulant parfaitement l'essentiel de la leçon. Voulant alors aller plus loin, je me lève pour écrire au tableau une addition répétée et la faire ainsi réagir. Alors, elle déclare : "Je ne vous ai jamais demandé de vous lever, Monsieur ! "

 

Stupeur dans la salle. Je la regarde, et je vais aussitôt me rassoir, jouant le penaud. Un rire commence à monter, auquel je participe naturellement. Je suis véritablement SLC.

 

Depuis, je ne cesse d'y repenser avec bonheur, emballé par le fait qu'elle ait osé m'interpeller de la sorte, d'une façon aussi libre et juste. Je m'en souviendrai longtemps !

Les Explorateurs

J'aimerais vous faire partager une expérimentation créative dans ma classe et dans celles d'une dizaine de collègues que nous avons intitulée les "Explorateurs".

 

Il s’agit de faciliter l’accès et l’appropriation des grandes notions scolaires grâce à des regards multiples portés sur celles-ci (nous nous inspirons ici des « intelligences multiples ») :

 

- le regard de l’écrivain

- le regard de l’artiste

- le regard du reporter

- le regard du mathématicien

- le regard du scientifique

- le regard du théâtreux

- le regard du musicien

- le regard du poète

- le regard du photographe

...

 

Nous faisons ainsi le pari que pour beaucoup d’enfants, regarder autrement et de façon diversifiée les notions à aborder à l’école peut leur donner davantage de chances d’accéder à leur compréhension, chacun y trouvant un accès plus proche de son tempérament, de sa personne. Et aussi du plaisir évidemment !

 

Nous avons commencé à vivre et faire vivre ce projet autour d’une première thématique : le Nombre. Dix classes l'ont mené ou vont le faire prochainement, toutes avec beaucoup d’enthousiasme.

 

Voici l’organisation de démarrage : La classe est divisée en équipes de trois élèves. Les équipes sont hétérogènes. Chacune de ces équipes endosse l’un de ces regards (si besoin, nous procédons à un tirage au sort).

 

Pour lancer le projet, nous avons choisi de privilégier quatre de ces regards (donc deux équipes pour chacun d’entre eux), de façon à ce que les enfants s’approprient l’idée : le regard de l’écrivain, le regard du reporter, le regard théâtral et le regard de l’artiste.

 

Les équipes d’écrivains écrivent une histoire mettant en jeu le Nombre.

Les équipes de reporters enquêtent dans l’école ou dans le quartier à partir d’un questionnaire sur le Nombre auprès d’adultes ou d’enfants, qu’ils ont interviewés.

Les équipes de "théâtreux" conçoivent une scène avec des personnages nombres ou parlant du Nombre.

Les équipes d’artistes réalisent des créations plastiques autour du Nombre.

 

Avec le déroulé suivant :

Etape 1 : présentation du projet, constitution des équipes et répartition des missions pour chaque équipe,

Etape 2 : 1h30 environ de réalisation des missions,

Etape 3 : 30 minutes de présentations des résultats des missions à l’ensemble de la classe. 

 

Qui voudrait nous rejoindre et associer sa classe au démarrage de ce projet ?

De l'art du débat en CE1 selon la pédagogie Freinet

Voici un article paru dans l'Express et France soir suite à la visite d'une journaliste de l'AFP, Frédérique Pris, dans ma classe.

 

Paris - La scène se déroule quelques jours avant les fêtes. "Avez-vous des choses à dire sur le Père Noël'". La vingtaine d'enfants de CE1, assis en cercle sur le sol, échangent leurs arguments contradictoires. Sous l'oeil attentif de leur maître, praticien de la pédagogie Freinet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette classe d'une école publique du XXe arrondissement de Paris, les enfants de sept ans doivent lever le doigt pour se voir remettre un petit micro. "Le Père Noël n'existe pas car j'ai deux photos de lui. Sur l'une il est jeune, sur l'autre il est vieux", déclare un des élèves.

 

"Je ne suis pas d'accord avec Iliane. Je l'ai vu à la fête du travail de mon papa et il m'a dit avoir bien reçu ma lettre", répond son petit voisin, qui comme les autres intervenants commence sa prise de parole par "je suis d'accord avec..." ou "je ne suis pas d'accord avec...".

 

"Habiter au pôle Nord, ce n'est pas possible". "Et les Esquimaux' Le Père Noël est peut-être un Esquimau". La séance d'une vingtaine de minutes, sans quasiment aucune intervention du professeur, se conclut par les mots de Joséphine: "Pour certains c'est le Père Noël qui amène les cadeaux. Pour d'autres ce sont les parents. On ne peut pas savoir, on ne l'a jamais vu".

 

Les enfants viennent de participer au moment "Je réfléchis" de leur enseignement. Conçue par l'instituteur Célestin Freinet (1896-1966), cette pédagogie "toujours en construction" place l'expression, la création, le tâtonnement expérimental et la coopération avec les autres élèves au coeur de l'apprentissage.

 

Elle a peu à peu irrigué l'école dite classique, qui s'est inspirée des sorties scolaires, écritures de textes, rédaction d'un journal de classe, moments de paroles mis en avant par Célestin Freinet, explique Catherine Chabrun, rédactrice en chef de la revue du mouvement, "Le Nouvel éducateur". Mais, selon elle, ces "techniques" sont appliquées "sans les grands principes qui les articulent et leur donnent toute leur cohérence".

 

- Apprendre "pour de vrai" -

 

La journée de classe de Daniel Gostain, qui s'appuie sur Freinet depuis dix ans, est rythmée par une succession de "temps" ("temps libre et calme", "j'apprends à lire", "je fais un projet", "nous apprenons", "je fais partager", etc.). Le programme, affiché au tableau, est lu en début de classe par deux élèves qui demandent ensuite "Y-a-t-il des questions ou des réactions '".

 

Une série de rituels qui donnent un cadre aux interventions des élèves. De fait, ils participent, bougent à travers la classe à certains moments, mais la matinée s'écoule dans le plus grand calme.

 

Car "respecter la place de l'enfant, ce n'est pas prôner l'enfant-roi. La démocratie et ses règles permettent d'articuler les places de chacun", affirme Catherine Chabrun.

 

Pour Daniel Gostain, cette pédagogie "crée les conditions pour que les enfants s'expriment, osent, cherchent, s'étonnent, se questionnent, alors qu'ils sont dans une structure qu'ils ne choisissent pas". "Les enfants apprennent pour de vrai."

 

Pas de rangées de tables mais une disposition des bureaux en arc de cercle, avec un passage au milieu pour que les enfants puissent circuler.

 

Au mur, des cartes, des conjugaisons, des bandes numériques, comme dans une salle de classe classique. Lecture, explication de la soustraction, puis "temps de travail individuel": chaque enfant se saisit de son classeur, avec un programme de travail à accomplir sur deux semaines, selon l'ordre qu'il choisit. S'il cale, il accroche une étiquette à son nom sur le tableau pour le signaler au maître.

 

Après une période de déclin, la pédagogie Freinet connaît un regain, avec aujourd'hui quelque 3.000 professeurs des écoles qui s'en réclament. Et toujours au sein de l'école publique, "car c'est une pédagogie populaire, ancrée dans la société, pour tous les enfants", selon Catherine Chabrun.

 

Elle a, au fil des décennies, essaimé à l'étranger, avec une cinquantaine de mouvements, dont le dernier-né a vu le jour en Grèce.

Trafic fluide

Depuis ce début d'année scolaire, une drôle de chose se passe dans la classe, une sorte de circulation "naturelle" qui me ravit.

 

J'ai une classe de CE1, plutôt pleine d'allant, qui s'empare de tous les temps que je propose (d'où les guillemets mis à "naturelle", car la part du maître est bien présente), avec des élèves qui ne cessent de proposer, de s'engager, et, souvent de me surprendre. Comme si mon rêve formulé en fin d'année dernière se matérialisait !      

http://pedagost.over-blog.com/2016/06/perspectives-de-rebondissements.html                                                               

 

Des exemples :

- Nous travaillons sur l'album "Le mystère Ferdinand" à base de lectures faites soit par moi-même soit par les élèves, d'échanges sur les motivations des personnages, et sans que je l'aie le moins du monde demandé, cinq élèves ont préparé en catimini une scène de théâtre reprenant l'histoire, qu'ils ont présentée à la classe et qu'ils vont montrer aux autres classes de l'école.

 

- Le temps d'Eurêka (Eurêka), pendant lequel des enfants volontaires font partager ce qu'ils ont aimé apprendre, a déjà débouché sur des ateliers d'origami, de maquettes, et sur la préparation de présentations de livres.

 

- Après avoir regardé une scène de clowns sur les empêchements à apprendre (Les empêchements), plusieurs élèves se sont mis à créer eux-mêmes des scènes de clowns.

 

- Le "Je fais partager" (http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html) est très fréquemment le point de départ de situations d'apprentissage naturelles, issues de paroles spontanées d'enfants. Par exemple, à l'occasion du JFP du 14 novembre pour lequel cinq élèves sont intervenus, nous avons constaté en classe que grâce à Raphael (il nous a parlé de sa famille) et à Alice (elle nous a présenté un livre d'Histoire), nous avons questionné le Temps, grâce à Marie (elle nous a parlé de sa visite au Musée du chocolat en Vendée) et à Louise (elle nous a parlé de son école d'avant en Inde), nous avons questionné l'Espace, et grâce à Arsène (il nous a fait partager une expérience sur la fabrication de cristaux de sel), nous avons questionné la Matière. Nous n'avons pas manqué de prolonger ce temps par une étude sur les arbres généalogiques de certains élèves, et des enfants se sont lancés dans de nouvelles expériences scientifiques.

 

Il y a là une vraie circulation entre les temps d'expression et de partage, de penser ensemble, de projets et de présentations de ces projets. Mais pour que ce soit rendu possible, il faut impérativement offrir du temps disponible aux envies de chacun, un temps inscrit dans le programme de la journée, et surtout pas réservé à ceux qui ont fini le travail individuel. Il faut donc se détacher du programme à faire, car en s'en détachant et en donnant la priorité à l'émergence d'expressions, de projets, et de partages, le programme, nous n'en faisons au final qu'une bouchée !

 

Et c'est tellement agréable à vivre !

Une matinée dans ma classe vue par une visiteuse

8h30, un certain vendredi de fin juin 2016, rangés les uns derrière les autres, les enfants de CE1 sont prêts à accomplir le premier exercice du matin. Deux étages à monter, près de 25 élèves, ce n’est pas rien…

Arrivé dans la classe, chacun dispose son cartable à sa place. Une élève s’empare d’un cahier et fait l’appel en se déplaçant auprès des enfants pour cocher d’une croix leur nom alors que d’autres, assis par terre, jouent aux dés, aux cartes ou conçoivent des figures géométriques.

 

Un petit groupe s’est approprié l’espace de la bibliothèque à la recherche de quelques livres. Tranquillement ils s’assoient par terre, les uns à côté des autres.

 

Presque 9h00, D., l'enseignant agite un petit instrument de percussion, « Le temps libre et calme est fini », tous les enfants s’installent à leur place et l’un d’eux se dirige vers le tableau pour lire solennellement le planning de la journée affiché au tableau sous forme d’étiquettes aimantées : « Je fais partager, Travail individuel, Détente, Langue, Maths, Déjeuner, J’écris, Sport, Atelier ». L’organisation de la journée est donnée. Le « Je fais partager » peut commencer.

B. récupère les étiquettes des enfants qui, dès le lundi, s’étaient proposés pour faire partager une expérience aux camarades de classe mais qui n’avaient pas encore eu l’occasion de la raconter lors des deux autres « Je fais partager » de la semaine. Alors de petits exposés brefs mais vivants s’enchainent. « Samedi dernier, j’ai fait un gala de natation synchronisé, j’avais un chignon qui tenait grâce à un filet. On m’avait mis de la gélatine pour que ça tienne. Après il a fallu enlever la gélatine ».

 

B. - qui prend son rôle très au sérieux- lance avec un calme olympien « Y a-t-il des réactions ou questions ? » Une poignée de mains se lèvent. Il peut alors distribuer savoureusement la parole : « Tu as dû te faire super mal ... », « C’est quoi la gélatine ? ». Des questions auxquelles E. ne sait pas encore répondre « J’sais pas ce que c’est, je ne sais pas comment expliquer, ça s’étale sur les cheveux ». Mais elle s’engage à faire quelques recherches pour apporter la réponse aux questions de ses camarades de classe...

Ensuite, c’est au tour de K. d’évoquer un épisode qui aurait pu passer comme une lettre à la poste : son dernier rendez-vous chez le dentiste. « Dans la salle d’attente, il y avait des livres. J’avais trois caries. Pour endormir les dents, ils m’ont mis une crème à la menthe, une petite pâte pour que ça prenne la forme des dents. Ils ont dû enlever les bagues après. Je ne devais pas manger tout de suite car la pâte devait sécher ». Alors les questions fusent : « C’est quoi le nom de ton dentiste ? », « Moi aussi j’ai eu une carie et ils ont pris une photo de la bouche ». D. complète : « Moi aussi je suis allé chez le dentiste et on m’a fait la même chose ».

A. quant à lui évoque un spectacle sur des légendes amérindiennes au musée du Quai Branly. Présentation discrète qui suscite peu de questions. Alors B. toujours très investi dans son rôle de Président de séance se prend au jeu et veut rééquilibrer les prises de parole« J’aimerai bien que les questions viennent aussi de l’autre côté de la classe et pas que de ce côté »…et ça a l’air de marcher…

La preuve, quand E. raconte une visite à Eurodisney, Pirate des caraïbes, Indiana Jones, plusieurs mains se lèvent des quatre coins de la salle « Combien d’attractions ? », « Moi j’en ai fait plus ». Mais D. saisit l’opportunité d’une attraction à 360° pour interroger la salle « Vous savez ce que c’est qu’une attraction à 360°? » Flanqué au milieu de la salle, droit comme un piquet, il tourne sur lui-même, en prenant soin de s’arrêter à chaque quart de cercle. Puis dessine au tableau deux droites perpendiculaires et les arcs de cercle qui correspondent chacun à 90 degrés, reprenant pour chaque quart, 90 degrés… Certains s’écrient « AHAHAHA mais c’est comme la bouche d’égout ». La classe vient en effet de faire une série de photos d’objets du quartier. Ils avaient ensuite pour mission d’apporter l’une d’entre elles afin que leurs parents écrivent une légende derrière chacune d’elle… B. reprend la parole et dit « Le Je fais partager est terminé ».

Le travail individuel peut alors commencer. Il est 9H30. Chaque enfant choisit entre plusieurs activités : mathématiques, lecture, écriture, préparation d’un exposé.

 

Chacun s’installe, au besoin il faut aller chercher des outils dans la classe mais tout se fait tranquillement. Pour ceux qui peinent un peu, il suffit de saisir une étiquette avec son nom et de l’aimanter au tableau. Chacun à son tour pourra ainsi demander de l’aide au maître qui anticipera et saura qui aller voir. Parfois certains s’entraident naturellement.

 

Il est 10h00, l’heure de la récré. Une petite demi-heure de détente vient de passer, les enfants ont gravi une seconde fois les deux étages. Le temps « Connaissance de la langue » va commencer. C’est d’abord en groupe que l’échauffement se fait. Chaque enfant propose un adjectif ou un nom et l’épelle puis chacun essaie ensuite de deviner parmi les mots écrits leurs genre et nombre. Puis D. distribue une fiche d’exercice qui fera l’objet d’un travail individuel. Le programme indiquait au départ « Mathématiques » mais la concentration des uns et des autres était tellement optimale qu’il laisse chacun vaquer à ses occupations. Certains finissent leurs exercices pendant que d’autres se réfugient dans un livre et s’assoient tranquillement par terre dans la bibliothèque. En parfaite autonomie.

 

C’est bientôt la pause déjeuner ! La matinée est vite passée... Dans le calme, même si la fin de l’année approche, ils racontent le bonheur d’être considérés comme des êtres responsables, intelligents, capables de s’organiser ensemble, d’administrer leur temps individuel et collectif. Certains me racontent ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont appris, « J’aime bien le travail individuel », « J’ai appris le singulier et le pluriel, les verbes avoir et être, j’ai appris à lire en CP avec D.», « J’ai appris à faire du travail individuel », « J’aime bien la façon dont on apprend, elle est rigolote », « J’aime bien son organisation, comment il fait les choses, comment il les explique. Ce qu’il fait». Peut-être que ce qui est le plus plaisant, c’est de voir qu’ils sont conscients de cela et qu’ils mesurent que cette manière de travailler leur servira même s’ils ne savent pas bien si tous les enseignants qu’ils auront plus tard travailleront de cette manière… la vie le leur dira…

Anne Lise Schmitt, visiteuse d'un matin

La pédagogie Freinet vue par des parents (1)

Tout au long de cette nouvelle année scolaire, je vous ferai partager les témoignages de parents de ma classe, réalisés l'an dernier. Je les ai interrogés sur qu'ils ont perçu et ressenti du fonctionnement de la classe de leur enfant.

 

Premier entretien : les parents de S

 

- Dans votre classe, j'ai l'impression qu'on essaie d'avoir plus l'apprentissage par le plaisir, guidé plus ou moins par ce qu'on a envie de faire. Il y a toujours un cadre, mais qui laisse plus d'initiatives à l'enfant. On est moins dans un rapport apprenant/professeur, avec un cours plus ou moins magistral. Il y a vraiment de la place pour l'enfant, et puis beaucoup de choses qui reviennent régulièrement et dans lesquelles l'enfant s'installe : le « Je fais partager », par exemple, qui paraît pour un adulte au départ un peu difficile à appréhender, puis on se rend compte que les enfants, en fait, prennent vraiment le pli et se font leur place. Et ce qui m'a le plus impressionné, je crois, c'est les histoires...

- Les textes libres ?

- (père) Les textes libres. Parce qu'au départ, ils ne savaient pas encore écrire et vous leur faisiez écrire les petits mots et vous complétiez. Et on arrive deux ans après (CP puis CE1) avec des romans... Et il y a ces présentations de textes à l'ensemble de la classe... Et puis le journal, je trouve ça extraordinaire. C'est simple, je suis très impressionné par le fait que vous arriviez à tenir le rythme hebdomadaire.

- Ça prend un peu de temps, mais pour moi, ça fait partie des choix que je fais. C'est une priorité, et il y a des choses que peut-être je fais moins que d'autres enseignants.

- (père) Parce que non seulement ça permet aux parents de suivre une évolution et ça valorise beaucoup l'enfant, qui peut dire « mon texte a été sélectionné », et « mon texte n'a pas été sélectionné par le prof, mais par l'assemblée des enfants ».

- Une petite question : vous dites, au départ, que ce sont des choses un peu difficiles à appréhender. A votre avis, c'est lié à quoi : est-ce lié au fait que ce n'est pas ce que vous aviez l'habitude de voir, genre français-maths... ou c'est autre chose ?

- (père) Non, c'est plutôt ça. De voir tous ces différents ateliers ou « temps », ça paraît beaucoup. Mais comme il y a la répétition, ça s'installe dans...

- (mère) … dans la semaine.

- (père) Et moi, quand j'étais plus jeune, j'étais responsable d'ACE (action catholique des enfants), dans le parti JOC, ce genre de choses. L'idée c'était de ne pas imposer des choses, de faire parler les enfants et les mettre ensemble, faire des projets communs. Et c'est un petit peu l'idée que je retrouve. Les enfants sentent qu'ils ont la possibilité de s'exprimer, de proposer des choses... S., maintenant, quand elle fait quelque chose de particulier, elle dit « Oh, ça, je peux le présenter au “Je fais partager” ».

- (mère) Ça, S., elle l'a bien adopté, le « Je fais partager ». Je me souviens, dès qu'elle faisait un dessin : je vais le présenter au « Je fais partager ». Moi, ce qui m'avais aussi impressionnée, c'était la présentation de mai dernier, la « matinée ouverte » un mercredi où on était venus en fin d'année, où les enfants avaient listé ce qu'ils voulaient nous présenter sur la classe et ils avaient préparé ce qu'ils présenteraient. Donc ça, déjà, waouw ! Et après, quand vous aviez fait Ernest et Célestine en théâtre, s'ils sont en binôme ou en trinôme, chacun peut parler, s'il y a des enfants qui ont plus de difficultés pour s'exprimer en public, les autres lui laissent le temps, ne vont pas forcément le reprendre pour aller plus vite ou être plus efficace. J'ai l'impression qu'ils sont acteurs, et en même temps ils laissent la place aux autres. C'est pas « moi je », mais « nous » présentons ou jouons au théâtre... Et au théâtre, effectivement, ils étaient aussi tous investis.

- A votre avis, qu'est-ce que ce fonctionnement de classe, que vous avez donc connu deux ans, pourrait changer pour S. ? Quels sont les points qui feraient un peu changer sa façon d'être ou d'apprendre, ou même son avenir, même si dans l'avenir, il y a plein de choses qui jouent ?

- (mère) Je pense peut-être qu'elle aura plus d'audace par rapport à ses initiatives. Parce que je pense que vous êtes plutôt à l'écoute de ce qui vient des enfants, peut-être qu'elle aura moins d'inhibition pour s'exprimer, proposer des choses... Alors que dans un cadre plus classique, on est un peu rapidement rabotés sur ces choses-là. Sur l'expression écrite, elle me dit qu'elle ne veut pas écrire, etc., mais je vois pour F. (le grand frère), il y a rarement eu d'expression écrite dans ses classes et je trouve que c'est chouette aussi, le cahier d'écrivain...

- (père) Moi, je ne sais pas trop répondre à votre question. Je me pose plutôt la question dans l'autre sens, c'est-à-dire qu'est-ce qui se serait passé si elle avait eu quelque chose de plus classique pendant ces deux années ? Et je pense qu'elle aurait eu beaucoup plus de mal.

- Et pour quelles raisons ?

- Parce que j'ai l'impression que S., elle est beaucoup dans le ressenti, dans les relations, elle est très à l'aise dans les présentations, les choses comme ça et je crois que c'est une méthode qui lui convient particulièrement.

- Et est-ce qu'il y a aussi des réserves ou des interrogations qui pourraient être liées à ce type de fonctionnement ?

- (mère) Moi, je n'en vois pas.

- (père) Moi, les réserves, je les avais plutôt au début, parce qu'il y avait peu de devoirs, ça avance un peu « bizarrement », mais je n'en ai plus vraiment. La seule question, c'est : après ?

- C'est marrant, à chaque fois on me dit ça...

- Je suis très heureux de ce fonctionnement de classe, qu'il y avait un peu en maternelle, où on continue parce qu'on sent que pour l'enfant, c'est chouette, il prend du plaisir, il apprend beaucoup, il y a toute cette partie « relations », le groupe, faire des projets ensemble. Comment ça va se passer pour la suite ?

- Cet après, c'est « Est-ce qu'elle va s'adapter ? », « Est-ce que tout ça ça va pas être tellement opposé que ?... » Ce serait quoi, cette inquiétude sur l'après ?

- (père) Oh, je pense qu'elle va s'adapter, ça j'ai pas de...

- Si on était comme dans un jeu de rôle. Moi, je suis un parent lambda, qui n'a pas d'enfant dans la classe : « Suzanne elle est dans une classe un peu « bizarre » : c'est quoi, cette classe ? » Comment vous pourriez dire de façon assez simple à quelqu'un ce qu'est cette classe ?

- (père) Une classe autogérée.

- Une classe autogérée ?

- (mère) Déjà, c'est un groupe solidaire, puisque vous travaillez sur ça aussi. Il y a beaucoup d'échanges entre les enfants, avec vous. Il y a aussi des devoirs. Moi, je ne suis pas très devoirs au départ, mais il y a des tas de parents que je sens angoissés dès qu'il n'y a plus de devoirs... Donc là, il y en a, mais c'est juste aussi une façon de présenter, par exemple le verbe, les leçons de grammaire, c'est une façon de personnifier les apprentissages, qui parle effectivement plus aux enfants de cet âge, en tous cas, qui fait moins peur. Et puis c'est un peu aussi un laboratoire, on a l'impression que vous essayez... S. elle nous dit « On fait quelque chose de nouveau », comme « Eurêka »...

- Oui, il y des choses que je fais et que je mets un peu de côté, parce que ça ne fonctionne finalement pas aussi bien que je le pensais.

- (mère) Ou la phrase au tableau...

- La phrase du jour.

- (mère) Donc c'est quelque chose qui n'est pas figé, qui réagit, qui rebondit, qui est dynamique...

- (père) Et moi je dirais que c'est pas n'importe quoi, il y a un cadre, mais il est là pour sécuriser les enfants, et à partir de là, il y a plein d'expressions, de projets, d'initiatives. Le journal, moi je trouve ça extra, et la manière dont les devoirs sont donnés aussi.

- Plusieurs parents m'ont dit ça aussi.

- (mère) Et que ce soit régulier, aussi. Le lundi soir, c'est le journal...

- (père) On sait que le week-end, on va travailler à la petite question, du coup, au bout d'un moment, on travaille avec Suzanne sur un P'tit Doc sur la question et après c'est S. qui... Là, pour le fil, c'est elle qui a dit « On va aller voir des vidéos pour voir comment on fabrique le fil » et après, c'est elle qui a fait un petit texte résumé de ce qu'elle avait vu...

- Oui, elle l'a présenté.

- (mère) Et puis j'aime aussi la feuille de tous les quinze jours, même si je ne comprends pas toujours bien...

- Ah, le plan de travail !

- (mère) Que S. n'a pas forcément envie de me présenter, d'ailleurs, mais c'est un autre outil de suivi pour nous qui sommes à l'extérieur...

- Plus scolaire.

- Est-ce que vous, enfant, avez été dans une classe qui aurait pu s'apparenter à la pédagogie Freinet ?

- (mère) Moi, je ne pense pas.

- (père) Moi, j'ai été dans une école Célestin Freinet, mais je ne me souviens pas que ça ait été comme ça.

- Où ça?

- (père) A Abidjan, en Côte-d'Ivoire, mais je ne m'en souviens plus trop, j'étais petit..."

 

Pour en savoir plus :

- Le "Je fais partager" : http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html

- Les textes libres : http://pedagost.over-blog.com/2014/09/ecrire-des-le-debut-du-cp-ce1.html

- La question de la semaine : http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html

- La "phrase du jour" : http://pedagost.over-blog.com/2016/01/la-phrase-du-jour.html

- Les temps de classe : http://pedagost.over-blog.com/article-quand-les-temps-de-la-classe-se-parlent-96527061.html

- Eurêka : http://pedagost.over-blog.com/2016/04/projet-eureka-pour-dire-ce-qu-on-a-aime-apprendre.html

 

PS : Sur Eurêka, il vient de paraître un bel article dans le magazine "La Classe" de septembre !

http://www.calameo.com/read/000021025eca41453945e

Perspectives de rebondissements

Pour clôturer cette année 2015-2016 en perspectives souriantes, je vous fais partager mon souhait principal de "plaisir à vivre", qui deviendra, je l'espère, "plaisir vécu" l'année prochaine.

 

J'aimerais transformer mon emploi des temps, de façon à ce que ma classe devienne davantage encore classe à projets, mais là, je ne pense pas aux projets qui viennent de l'Institution et qui souvent ne laissent que peu de traces, mais des projets issus de la vraie vie de classe, ceux émergeant du "Je fais partager" ou du Eureka (Eureka), ceux qui naîtront des lectures que nous mènerons ensemble, ceux qui viendront de tous nos moments de découvertes, qu'elles soient mathématiques, culturelles, scientifiques...

 

Il y aurait à la fin de chacun de ces temps une question rituelle qui serait : "Est-ce que vous avez un projet que vous aimeriez engager à partir de ce que nous venons de vivre ?"

 

Quelques exemples inspirés de choses déjà vécues en classe :

- Au "Je fais partager", un enfant nous raconte son week-end chez ses grands-parents avec ses cousins. On trace son arbre généalogique ainsi que celui d'autres enfants volontaires ?

- Lors d'une lecture d'histoire, on se lance dans des théâtralisations de scènes ou des réalisations de pop-up, comme nous venons de le faire à partir du livre "Les 9 vies d'Aristote"

- Lorsque nous travaillons sur les soustractions, certains réalisent des cartes à opérations avec au recto l'opération et au verso le résultat.

 

Mais toujours des idées venant des élèves. Je serai seulement personne aidante pour l'avancée de ces projets !

 

Ensuite, nous les noterons sur un tableau destiné à ça, avec les noms de ceux qui s'engagent à le réaliser, et avec qui. Et chaque jour, le "Temps des projets", un des temps rituels de la classe, sera centré sur l'accomplissement de ces projets-là.

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

J'ai lancé depuis quelques semaines un nouveau temps de classe appelé Eurêka. Il fait partie de ce dispositif dont j'ai parlé plusieurs fois dans ce blog, intitulé "Le Temps des penseurs", et que je présente là : http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html           Ce projet Eurêka est plutôt du registre "Penser les apprentissages.

 

Une fois par semaine, le plus souvent avant le temps des Projets personnels, les enfants qui le souhaitent passent au tableau nous parler de ce qu'ils ont appris récemment et du plaisir qu'ils ont eu à l'apprendre en classe ou à l'école, et qu'ils veulent faire partager au groupe.

 

Ensuite, à l'issue de chaque passage, l'enfant responsable d'Eurêka pour la quinzaine demande à la classe si des projets pourraient naître, issus de cette présentation.

 

En voici un exemple :

Les enfants se sont très vite emparés de cette idée et de nombreux projets sont en cours :

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

Ce que je trouve emballant avec Eurêka, c'est la mise en évidence des apprentissages par les enfants eux-mêmes ainsi que l'accent mis sur le plaisir qu'on peut avoir à apprendre. Le nombre important d'enfants souhaitant passer témoigne de son intérêt, je pense.

Essayez, vous aussi !

Le Travail Individuel

Ça fait plusieurs semaines que je tourne autour de cet article qui vous présenterait ce temps de classe quotidien qui est à mes yeux et à ceux des élèves je crois, un moment-plaisir dans ma classe cette année : le Travail individuel. En effet, les enfants se sont appropriés ce mode de travail très rapidement.

 

Je le présente : le lundi, je distribue à chaque enfant une feuille de "plan de travail" qui sera valable pour une période de deux semaines.

 

Vous trouverez là le plan que j'utilise cette année et que je modifie un peu chaque quinzaine :

Le Travail Individuel

Chaque enfant a une pochette dans laquelle sont insérés le plan de travail qu'il remplit au fur et à mesure, des fiches d'activités que je propose en lien avec des apprentissages de classe, par exemple une fiche de compréhension à partir d'une lecture suivie, un travail sur une notion de maths en cours, un peu d'écriture. Il y a aussi dans ce plan de travail les rubriques suivantes : l'écriture de textes libres, le rallye lecture, la préparation d'exposés.

Pendant ces quinze jours, à chacun de procéder comme il le sent pour organiser son travail. S. par exemple m'a dit avoir opté pour les activités qui lui plaisent le moins au démarrage, comme lorsqu'elle est à table où elle commence par manger ce qu'elle aime le moins, m'a-t-elle dit.

Ce que j'ai fait beaucoup avancer, c'est la gestion de l'aide que je peux leur apporter pour que ce moment soit le plus fluide possible.

Cette avancée, je la dois à Jean-Charles Huver, qui a un cycle 3 à Mouans-Sartoux et que j'ai pu voir dans sa classe lors des vacances d'hiver, profitant des décalages entre les zones, et dont vous pouvez voir le fonctionnement de classe ici : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/45969 Je vous le conseille vraiment !

Je me suis emparé de certains de ses dispositifs :

Quand le temps de travail individuel démarre, j'inscris au tableau les prénoms d'enfants que je souhaite voir individuellement pour faire le point.

Le Travail Individuel

Par ailleurs, sous ces prénoms, les enfants qui en auront besoin pourront ajouter le leur pour venir me voir, chacun à son tour .

Comme Jean-Charles, je me suis installé au milieu des enfants avec une chaise à côté de la mienne pour celui que je vais aider, de façon à ce que que la circulation soit aussi facile que possible.

Le Travail Individuel

Et enfin, pour pouvoir suivre au mieux les enfants dans leur progression, j'ai aussi adopté un choix de Jean-Charles, qui est celui du suivi plus approfondi de cinq élèves par jour (donc, sur une semaine, tout le monde est "passé"). J'ai établi un tableau qui liste pour chaque jour de la semaine cinq prénoms d'enfants dont je corrigerai les cahiers, mais aussi dont j'étudierai soigneusement leur avancée dans le travail individuel, ce qui me permettra de faire le point avec eux, si besoin. Ce tableau apparait sur la première image de cette article.

Et pour finir, je vous fais partager un moment en vidéo, mais ça a été filmé avant les changements que je relate ci-dessus.