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Articles avec #pedagogie freinet catégorie

Le plaisir est efficace !

Comme je l'ai déjà fait partager dans ce blog, l'écriture de textes libres est une activité centrale dans ma classe, du CP au CM2. Elle s'accompagne de la publication hebdomadaire d'un journal de classe d'une page, journal consacré essentiellement à la diffusion des textes écrits.

 

Ainsi, tous les vendredis, nous procédons à un vote de textes, parmi ceux que souhaitent présenter les élèves (pas d'obligation) et à condition que ces textes aient été vus par moi-même et corrigés par l'élève sur le plan syntaxique, grammatical et orthographique.

 

A plusieurs moments dans la semaine, l'activité "J'écris" est proposée, soit dans le cadre du travail individuel, des projets, ou du temps libre et calme de l'accueil, soit sur une plage horaire où tous écrivent obligatoirement.

 

Mais, me direz-vous, pourquoi je parle ici d'une activité finalement fort classique, notamment parmi les praticiens de la pédagogie Freinet ?

 

C'est pour démontrer une chose : plutôt que de mettre ici l'accent sur la dimension de plaisir, qui a été souvent mise en avant dans ce blog, j'aimerais aujourd'hui pointer l'efficacité de ce dispositif dans la production des textes réalisés, efficacité bien plus grande pour moi quand on privilégie dans une classe l'entrée "écriture" plutôt que l'entrée "étude de la langue" (même si l'une n'empêche pas l'autre). Choix qui est loin d'être neutre...

 

Voyez ci-dessous l'évolution des histoires de mes élèves de CE1 dans le journal de classe entre septembre et juin, avec notamment deux textes de C. ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De l'art du débat en CE1 selon la pédagogie Freinet

Voici un article paru dans l'Express et France soir suite à la visite d'une journaliste de l'AFP, Frédérique Pris, dans ma classe.

 

Paris - La scène se déroule quelques jours avant les fêtes. "Avez-vous des choses à dire sur le Père Noël'". La vingtaine d'enfants de CE1, assis en cercle sur le sol, échangent leurs arguments contradictoires. Sous l'oeil attentif de leur maître, praticien de la pédagogie Freinet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette classe d'une école publique du XXe arrondissement de Paris, les enfants de sept ans doivent lever le doigt pour se voir remettre un petit micro. "Le Père Noël n'existe pas car j'ai deux photos de lui. Sur l'une il est jeune, sur l'autre il est vieux", déclare un des élèves.

 

"Je ne suis pas d'accord avec Iliane. Je l'ai vu à la fête du travail de mon papa et il m'a dit avoir bien reçu ma lettre", répond son petit voisin, qui comme les autres intervenants commence sa prise de parole par "je suis d'accord avec..." ou "je ne suis pas d'accord avec...".

 

"Habiter au pôle Nord, ce n'est pas possible". "Et les Esquimaux' Le Père Noël est peut-être un Esquimau". La séance d'une vingtaine de minutes, sans quasiment aucune intervention du professeur, se conclut par les mots de Joséphine: "Pour certains c'est le Père Noël qui amène les cadeaux. Pour d'autres ce sont les parents. On ne peut pas savoir, on ne l'a jamais vu".

 

Les enfants viennent de participer au moment "Je réfléchis" de leur enseignement. Conçue par l'instituteur Célestin Freinet (1896-1966), cette pédagogie "toujours en construction" place l'expression, la création, le tâtonnement expérimental et la coopération avec les autres élèves au coeur de l'apprentissage.

 

Elle a peu à peu irrigué l'école dite classique, qui s'est inspirée des sorties scolaires, écritures de textes, rédaction d'un journal de classe, moments de paroles mis en avant par Célestin Freinet, explique Catherine Chabrun, rédactrice en chef de la revue du mouvement, "Le Nouvel éducateur". Mais, selon elle, ces "techniques" sont appliquées "sans les grands principes qui les articulent et leur donnent toute leur cohérence".

 

- Apprendre "pour de vrai" -

 

La journée de classe de Daniel Gostain, qui s'appuie sur Freinet depuis dix ans, est rythmée par une succession de "temps" ("temps libre et calme", "j'apprends à lire", "je fais un projet", "nous apprenons", "je fais partager", etc.). Le programme, affiché au tableau, est lu en début de classe par deux élèves qui demandent ensuite "Y-a-t-il des questions ou des réactions '".

 

Une série de rituels qui donnent un cadre aux interventions des élèves. De fait, ils participent, bougent à travers la classe à certains moments, mais la matinée s'écoule dans le plus grand calme.

 

Car "respecter la place de l'enfant, ce n'est pas prôner l'enfant-roi. La démocratie et ses règles permettent d'articuler les places de chacun", affirme Catherine Chabrun.

 

Pour Daniel Gostain, cette pédagogie "crée les conditions pour que les enfants s'expriment, osent, cherchent, s'étonnent, se questionnent, alors qu'ils sont dans une structure qu'ils ne choisissent pas". "Les enfants apprennent pour de vrai."

 

Pas de rangées de tables mais une disposition des bureaux en arc de cercle, avec un passage au milieu pour que les enfants puissent circuler.

 

Au mur, des cartes, des conjugaisons, des bandes numériques, comme dans une salle de classe classique. Lecture, explication de la soustraction, puis "temps de travail individuel": chaque enfant se saisit de son classeur, avec un programme de travail à accomplir sur deux semaines, selon l'ordre qu'il choisit. S'il cale, il accroche une étiquette à son nom sur le tableau pour le signaler au maître.

 

Après une période de déclin, la pédagogie Freinet connaît un regain, avec aujourd'hui quelque 3.000 professeurs des écoles qui s'en réclament. Et toujours au sein de l'école publique, "car c'est une pédagogie populaire, ancrée dans la société, pour tous les enfants", selon Catherine Chabrun.

 

Elle a, au fil des décennies, essaimé à l'étranger, avec une cinquantaine de mouvements, dont le dernier-né a vu le jour en Grèce.

Trafic fluide

Depuis ce début d'année scolaire, une drôle de chose se passe dans la classe, une sorte de circulation "naturelle" qui me ravit.

 

J'ai une classe de CE1, plutôt pleine d'allant, qui s'empare de tous les temps que je propose (d'où les guillemets mis à "naturelle", car la part du maître est bien présente), avec des élèves qui ne cessent de proposer, de s'engager, et, souvent de me surprendre. Comme si mon rêve formulé en fin d'année dernière se matérialisait !      

http://pedagost.over-blog.com/2016/06/perspectives-de-rebondissements.html                                                               

 

Des exemples :

- Nous travaillons sur l'album "Le mystère Ferdinand" à base de lectures faites soit par moi-même soit par les élèves, d'échanges sur les motivations des personnages, et sans que je l'aie le moins du monde demandé, cinq élèves ont préparé en catimini une scène de théâtre reprenant l'histoire, qu'ils ont présentée à la classe et qu'ils vont montrer aux autres classes de l'école.

 

- Le temps d'Eurêka (Eurêka), pendant lequel des enfants volontaires font partager ce qu'ils ont aimé apprendre, a déjà débouché sur des ateliers d'origami, de maquettes, et sur la préparation de présentations de livres.

 

- Après avoir regardé une scène de clowns sur les empêchements à apprendre (Les empêchements), plusieurs élèves se sont mis à créer eux-mêmes des scènes de clowns.

 

- Le "Je fais partager" (http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html) est très fréquemment le point de départ de situations d'apprentissage naturelles, issues de paroles spontanées d'enfants. Par exemple, à l'occasion du JFP du 14 novembre pour lequel cinq élèves sont intervenus, nous avons constaté en classe que grâce à Raphael (il nous a parlé de sa famille) et à Alice (elle nous a présenté un livre d'Histoire), nous avons questionné le Temps, grâce à Marie (elle nous a parlé de sa visite au Musée du chocolat en Vendée) et à Louise (elle nous a parlé de son école d'avant en Inde), nous avons questionné l'Espace, et grâce à Arsène (il nous a fait partager une expérience sur la fabrication de cristaux de sel), nous avons questionné la Matière. Nous n'avons pas manqué de prolonger ce temps par une étude sur les arbres généalogiques de certains élèves, et des enfants se sont lancés dans de nouvelles expériences scientifiques.

 

Il y a là une vraie circulation entre les temps d'expression et de partage, de penser ensemble, de projets et de présentations de ces projets. Mais pour que ce soit rendu possible, il faut impérativement offrir du temps disponible aux envies de chacun, un temps inscrit dans le programme de la journée, et surtout pas réservé à ceux qui ont fini le travail individuel. Il faut donc se détacher du programme à faire, car en s'en détachant et en donnant la priorité à l'émergence d'expressions, de projets, et de partages, le programme, nous n'en faisons au final qu'une bouchée !

 

Et c'est tellement agréable à vivre !

Une matinée dans ma classe vue par une visiteuse

8h30, un certain vendredi de fin juin 2016, rangés les uns derrière les autres, les enfants de CE1 sont prêts à accomplir le premier exercice du matin. Deux étages à monter, près de 25 élèves, ce n’est pas rien…

Arrivé dans la classe, chacun dispose son cartable à sa place. Une élève s’empare d’un cahier et fait l’appel en se déplaçant auprès des enfants pour cocher d’une croix leur nom alors que d’autres, assis par terre, jouent aux dés, aux cartes ou conçoivent des figures géométriques.

 

Un petit groupe s’est approprié l’espace de la bibliothèque à la recherche de quelques livres. Tranquillement ils s’assoient par terre, les uns à côté des autres.

 

Presque 9h00, D., l'enseignant agite un petit instrument de percussion, « Le temps libre et calme est fini », tous les enfants s’installent à leur place et l’un d’eux se dirige vers le tableau pour lire solennellement le planning de la journée affiché au tableau sous forme d’étiquettes aimantées : « Je fais partager, Travail individuel, Détente, Langue, Maths, Déjeuner, J’écris, Sport, Atelier ». L’organisation de la journée est donnée. Le « Je fais partager » peut commencer.

B. récupère les étiquettes des enfants qui, dès le lundi, s’étaient proposés pour faire partager une expérience aux camarades de classe mais qui n’avaient pas encore eu l’occasion de la raconter lors des deux autres « Je fais partager » de la semaine. Alors de petits exposés brefs mais vivants s’enchainent. « Samedi dernier, j’ai fait un gala de natation synchronisé, j’avais un chignon qui tenait grâce à un filet. On m’avait mis de la gélatine pour que ça tienne. Après il a fallu enlever la gélatine ».

 

B. - qui prend son rôle très au sérieux- lance avec un calme olympien « Y a-t-il des réactions ou questions ? » Une poignée de mains se lèvent. Il peut alors distribuer savoureusement la parole : « Tu as dû te faire super mal ... », « C’est quoi la gélatine ? ». Des questions auxquelles E. ne sait pas encore répondre « J’sais pas ce que c’est, je ne sais pas comment expliquer, ça s’étale sur les cheveux ». Mais elle s’engage à faire quelques recherches pour apporter la réponse aux questions de ses camarades de classe...

Ensuite, c’est au tour de K. d’évoquer un épisode qui aurait pu passer comme une lettre à la poste : son dernier rendez-vous chez le dentiste. « Dans la salle d’attente, il y avait des livres. J’avais trois caries. Pour endormir les dents, ils m’ont mis une crème à la menthe, une petite pâte pour que ça prenne la forme des dents. Ils ont dû enlever les bagues après. Je ne devais pas manger tout de suite car la pâte devait sécher ». Alors les questions fusent : « C’est quoi le nom de ton dentiste ? », « Moi aussi j’ai eu une carie et ils ont pris une photo de la bouche ». D. complète : « Moi aussi je suis allé chez le dentiste et on m’a fait la même chose ».

A. quant à lui évoque un spectacle sur des légendes amérindiennes au musée du Quai Branly. Présentation discrète qui suscite peu de questions. Alors B. toujours très investi dans son rôle de Président de séance se prend au jeu et veut rééquilibrer les prises de parole« J’aimerai bien que les questions viennent aussi de l’autre côté de la classe et pas que de ce côté »…et ça a l’air de marcher…

La preuve, quand E. raconte une visite à Eurodisney, Pirate des caraïbes, Indiana Jones, plusieurs mains se lèvent des quatre coins de la salle « Combien d’attractions ? », « Moi j’en ai fait plus ». Mais D. saisit l’opportunité d’une attraction à 360° pour interroger la salle « Vous savez ce que c’est qu’une attraction à 360°? » Flanqué au milieu de la salle, droit comme un piquet, il tourne sur lui-même, en prenant soin de s’arrêter à chaque quart de cercle. Puis dessine au tableau deux droites perpendiculaires et les arcs de cercle qui correspondent chacun à 90 degrés, reprenant pour chaque quart, 90 degrés… Certains s’écrient « AHAHAHA mais c’est comme la bouche d’égout ». La classe vient en effet de faire une série de photos d’objets du quartier. Ils avaient ensuite pour mission d’apporter l’une d’entre elles afin que leurs parents écrivent une légende derrière chacune d’elle… B. reprend la parole et dit « Le Je fais partager est terminé ».

Le travail individuel peut alors commencer. Il est 9H30. Chaque enfant choisit entre plusieurs activités : mathématiques, lecture, écriture, préparation d’un exposé.

 

Chacun s’installe, au besoin il faut aller chercher des outils dans la classe mais tout se fait tranquillement. Pour ceux qui peinent un peu, il suffit de saisir une étiquette avec son nom et de l’aimanter au tableau. Chacun à son tour pourra ainsi demander de l’aide au maître qui anticipera et saura qui aller voir. Parfois certains s’entraident naturellement.

 

Il est 10h00, l’heure de la récré. Une petite demi-heure de détente vient de passer, les enfants ont gravi une seconde fois les deux étages. Le temps « Connaissance de la langue » va commencer. C’est d’abord en groupe que l’échauffement se fait. Chaque enfant propose un adjectif ou un nom et l’épelle puis chacun essaie ensuite de deviner parmi les mots écrits leurs genre et nombre. Puis D. distribue une fiche d’exercice qui fera l’objet d’un travail individuel. Le programme indiquait au départ « Mathématiques » mais la concentration des uns et des autres était tellement optimale qu’il laisse chacun vaquer à ses occupations. Certains finissent leurs exercices pendant que d’autres se réfugient dans un livre et s’assoient tranquillement par terre dans la bibliothèque. En parfaite autonomie.

 

C’est bientôt la pause déjeuner ! La matinée est vite passée... Dans le calme, même si la fin de l’année approche, ils racontent le bonheur d’être considérés comme des êtres responsables, intelligents, capables de s’organiser ensemble, d’administrer leur temps individuel et collectif. Certains me racontent ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont appris, « J’aime bien le travail individuel », « J’ai appris le singulier et le pluriel, les verbes avoir et être, j’ai appris à lire en CP avec D.», « J’ai appris à faire du travail individuel », « J’aime bien la façon dont on apprend, elle est rigolote », « J’aime bien son organisation, comment il fait les choses, comment il les explique. Ce qu’il fait». Peut-être que ce qui est le plus plaisant, c’est de voir qu’ils sont conscients de cela et qu’ils mesurent que cette manière de travailler leur servira même s’ils ne savent pas bien si tous les enseignants qu’ils auront plus tard travailleront de cette manière… la vie le leur dira…

Anne Lise Schmitt, visiteuse d'un matin

Perspectives de rebondissements

Pour clôturer cette année 2015-2016 en perspectives souriantes, je vous fais partager mon souhait principal de "plaisir à vivre", qui deviendra, je l'espère, "plaisir vécu" l'année prochaine.

 

J'aimerais transformer mon emploi des temps, de façon à ce que ma classe devienne davantage encore classe à projets, mais là, je ne pense pas aux projets qui viennent de l'Institution et qui souvent ne laissent que peu de traces, mais des projets issus de la vraie vie de classe, ceux émergeant du "Je fais partager" ou du Eureka (Eureka), ceux qui naîtront des lectures que nous mènerons ensemble, ceux qui viendront de tous nos moments de découvertes, qu'elles soient mathématiques, culturelles, scientifiques...

 

Il y aurait à la fin de chacun de ces temps une question rituelle qui serait : "Est-ce que vous avez un projet que vous aimeriez engager à partir de ce que nous venons de vivre ?"

 

Quelques exemples inspirés de choses déjà vécues en classe :

- Au "Je fais partager", un enfant nous raconte son week-end chez ses grands-parents avec ses cousins. On trace son arbre généalogique ainsi que celui d'autres enfants volontaires ?

- Lors d'une lecture d'histoire, on se lance dans des théâtralisations de scènes ou des réalisations de pop-up, comme nous venons de le faire à partir du livre "Les 9 vies d'Aristote"

- Lorsque nous travaillons sur les soustractions, certains réalisent des cartes à opérations avec au recto l'opération et au verso le résultat.

 

Mais toujours des idées venant des élèves. Je serai seulement personne aidante pour l'avancée de ces projets !

 

Ensuite, nous les noterons sur un tableau destiné à ça, avec les noms de ceux qui s'engagent à le réaliser, et avec qui. Et chaque jour, le "Temps des projets", un des temps rituels de la classe, sera centré sur l'accomplissement de ces projets-là.

De la curiosité tous azimuths

En mars et novembre 2014, je vous ai décrit ce moment de classe intitulé "Nos questions", au cours duquel nous partions chaque semaine d'une question proposée et élue par la classe pour essayer de trouver ensemble des réponses :

http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html

http://pedagost.over-blog.com/2014/11/un-moment-de-questionnement-en-cp-ce1.html

Ce temps, qui fait partie du "Temps des penseurs" (http://pedagost.over-blog.com/2015/01/le-temps-des-penseurs.html), est devenu un rituel incontournable dans ma classe, et pour cette année de CE1, il entraîne souvent de vrais moments de jubilation. Depuis le début de l'année, les envies spontanées de questions foisonnent. D'ailleurs, le vote de la question hebdomadaire est un crève-coeur, tant les propositions sont riches et incarnées.

Nous avons pu aborder à ce jour les thématiques suivantes :

Comment ont disparu les dinosaures ? Pourquoi Noël existe ? Pourquoi les saisons existent-elles ? Comment sont apparus les animaux ? Comment c’est fait un squelette ? Pourquoi les guilis nous font-ils rire ? Comment le cerveau fonctionne-t-il ? Comment trouve-t-on les pierres précieuses ? Pourquoi fait-on des décorations ? Pourquoi a-t-on inventé le sport ? Pourquoi a-t-on inventé les musées ? D’où vient la poussière ? A quoi ressemble le moteur d’une voiture ? Qu’est-ce qu’il y a sous les mares ? Pourquoi a-t-on inventé les prénoms ? Qu’est-ce qu’il y a sous les trottoirs ? Pourquoi il y a-t-il plusieurs langues ? Comment est fabriquée une brique ? Comment fabrique-t-on une maison ? Comment fabrique-t-on le savon ? Pourquoi on ne marche pas pareil sur Terre et sur la Lune ? Comment trouver le nord, le sud, l’est et l’ouest ? Pourquoi a-t-on inventé la musique ?

Et ce n’est pas fini !

Ce que je trouve formidable avec cette activité, c’est de voir comment, au fil de l'année, les enfants l’investissent chaque semaine davantage. Alors qu’au début de l’année, j’apportais des documents en plus des leurs, depuis février, le moment de réponses aux questionnements est totalement le leur, avec souvent trois-quatre enfants qui arrivent avec de petits textes, des illustrations (B. est arrivé avec un plan dessiné de sous la terre), des expériences à mener (A. nous a présenté une expérience sur le magnétisme), des objets (B. est venu avec une brique) et même des petits exposés (E. a fait un exposé sur les langues et A. un autre sur le savon). Alors, évidemment, ils sont aidés à la maison pour le faire, mais quelle fierté de pouvoir s’emparer, même brièvement, de questions qui sont souvent considérées comme "pas de leur âge" et quelle émulation pour le groupe.

D’ailleurs, à ce sujet, je considère que le fait que les thématiques abordées soient hors programme est totalement sans objet. Il s’agit là avant tout de donner un espace à cette curiosité naturelle de l’enfant.

Et ça marche !

Daniel Gostain

Soigner la planète

Voilà un beau moment de réflexion sur la planète, suite à COP 21 et un film que nous avons vu : "Ma petite planète verte"  :

 

Pourquoi avons-nous du mal à soigner notre planète ?

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

J'ai lancé depuis quelques semaines un nouveau temps de classe appelé Eurêka. Il fait partie de ce dispositif dont j'ai parlé plusieurs fois dans ce blog, intitulé "Le Temps des penseurs", et que je présente là : http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html           Ce projet Eurêka est plutôt du registre "Penser les apprentissages.

 

Une fois par semaine, le plus souvent avant le temps des Projets personnels, les enfants qui le souhaitent passent au tableau nous parler de ce qu'ils ont appris récemment et du plaisir qu'ils ont eu à l'apprendre en classe ou à l'école, et qu'ils veulent faire partager au groupe.

 

Ensuite, à l'issue de chaque passage, l'enfant responsable d'Eurêka pour la quinzaine demande à la classe si des projets pourraient naître, issus de cette présentation.

 

En voici un exemple :

Les enfants se sont très vite emparés de cette idée et de nombreux projets sont en cours :

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

Ce que je trouve emballant avec Eurêka, c'est la mise en évidence des apprentissages par les enfants eux-mêmes ainsi que l'accent mis sur le plaisir qu'on peut avoir à apprendre. Le nombre important d'enfants souhaitant passer témoigne de son intérêt, je pense.

Essayez, vous aussi !

Le Travail Individuel

Ça fait plusieurs semaines que je tourne autour de cet article qui vous présenterait ce temps de classe quotidien qui est à mes yeux et à ceux des élèves je crois, un moment-plaisir dans ma classe cette année : le Travail individuel. En effet, les enfants se sont appropriés ce mode de travail très rapidement.

 

Je le présente : le lundi, je distribue à chaque enfant une feuille de "plan de travail" qui sera valable pour une période de deux semaines.

 

Vous trouverez là le plan que j'utilise cette année et que je modifie un peu chaque quinzaine :

Le Travail Individuel

Chaque enfant a une pochette dans laquelle sont insérés le plan de travail qu'il remplit au fur et à mesure, des fiches d'activités que je propose en lien avec des apprentissages de classe, par exemple une fiche de compréhension à partir d'une lecture suivie, un travail sur une notion de maths en cours, un peu d'écriture. Il y a aussi dans ce plan de travail les rubriques suivantes : l'écriture de textes libres, le rallye lecture, la préparation d'exposés.

Pendant ces quinze jours, à chacun de procéder comme il le sent pour organiser son travail. S. par exemple m'a dit avoir opté pour les activités qui lui plaisent le moins au démarrage, comme lorsqu'elle est à table où elle commence par manger ce qu'elle aime le moins, m'a-t-elle dit.

Ce que j'ai fait beaucoup avancer, c'est la gestion de l'aide que je peux leur apporter pour que ce moment soit le plus fluide possible.

Cette avancée, je la dois à Jean-Charles Huver, qui a un cycle 3 à Mouans-Sartoux et que j'ai pu voir dans sa classe lors des vacances d'hiver, profitant des décalages entre les zones, et dont vous pouvez voir le fonctionnement de classe ici : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/45969 Je vous le conseille vraiment !

Je me suis emparé de certains de ses dispositifs :

Quand le temps de travail individuel démarre, j'inscris au tableau les prénoms d'enfants que je souhaite voir individuellement pour faire le point.

Le Travail Individuel

Par ailleurs, sous ces prénoms, les enfants qui en auront besoin pourront ajouter le leur pour venir me voir, chacun à son tour .

Comme Jean-Charles, je me suis installé au milieu des enfants avec une chaise à côté de la mienne pour celui que je vais aider, de façon à ce que que la circulation soit aussi facile que possible.

Le Travail Individuel

Et enfin, pour pouvoir suivre au mieux les enfants dans leur progression, j'ai aussi adopté un choix de Jean-Charles, qui est celui du suivi plus approfondi de cinq élèves par jour (donc, sur une semaine, tout le monde est "passé"). J'ai établi un tableau qui liste pour chaque jour de la semaine cinq prénoms d'enfants dont je corrigerai les cahiers, mais aussi dont j'étudierai soigneusement leur avancée dans le travail individuel, ce qui me permettra de faire le point avec eux, si besoin. Ce tableau apparait sur la première image de cette article.

Et pour finir, je vous fais partager un moment en vidéo, mais ça a été filmé avant les changements que je relate ci-dessus.

La Phrase du jour

Le titre de ce billet pourrait faire penser à une activité qui se pratique de plus en plus souvent en classes, la plupart du temps en début de journée, intitulée aussi "La Phrase du jour".  L'enseignant écrit une phrase à partir de laquelle une analyse grammaticale est effectuée. Les phrases choisies par l'enseignant sont faites pour travailler un thème précis en grammaire.

 

Ce que je vais vous présenter aujourd'hui se différencie sur de nombreux points de cette pratique et se rapproche bien davantage d'un des principes défendus en pédagogie Freinet : partir des textes des enfants pour apprendre à lire, à écrire, à étudier la langue, à correspondre, etc.

 

En effet :

1) La phrase que nous allons étudier est proposée par un élève de façon spontanée, glissée dans mon oreille lors du temps de l'Accueil.

2) L'activité autour de cette phrase ne se limite pas à une analyse grammaticale, mais touche aussi à un vrai travail de compréhension, fait de contextualisation, d'hypothèses orthographiques, et seulement après de recherche grammaticale. Le tout porté par le désir qu'ils ont de deviner ce qu'a bien pu proposer leur camarade.

 

Pour ces deux raisons, je considère que les enfants se sentent bien davantage impliqués pendant ce temps, et que nous pouvons donc parler de "plaisir de classe".

 

Le point de départ de l'activité est venu de moi : un matin, j'ai été heureux de voir que de plus en plus d'élèves me disaient bonjour dans la cour, sans que je le demande. Alors, j'ai voulu leur faire partager cette satisfaction personnelle, mais plutôt que de passer par l'oral, je l'ai écrit au tableau sous une forme que j'affectionne, celle du Texte-Initiale (Le Texte-Initiale).

J__ s____ b____ c________ q__ n_____ n_____d_______ b__________ l_ m__________ !

(Je suis bien content que nous nous disions bonjour le matin !)

 

Les enfants ont découvert ce texte énigmatique, avec sous chaque mot un numéro. L'activité qui a suivi a été de recomposer le texte : chaque enfant me proposait une lettre pour le mot qu'il m'indiquait (par exemple le "o" après le "c" de "content"). Si la lettre était juste, il pouvait en proposer une seconde, sinon, nous passions à un autre enfant. Peu à peu, le texte apparaissait, les enfants, très actifs, se lançant dans une vraie conquête de la langue comme des aventuriers.

 

Une fois, le texte finalisé, nous passions à un petit moment grammatical : recherche de la nature des mots (déterminant, nom commun, nom propre, verbe) et nous finissions par des propositions d'enrichissement oral du texte à l'aide d'adjectifs.

 

Depuis ce premier temps que j'ai initié, chaque matin ou presque, un enfant me glisse dans la cour en secret un texte court à partir duquel nous menons l'activité.

 

Voilà un exemple en vidéo et une photo :

 

 

Plaisir VECU 900 : La Phrase du jour

Le visage de Fahd reflète bien la fierté que peut éprouver un enfant à ce que sa phrase devienne celle de toute la classe.

 

Cette association du "Je fais partager une phrase" (Le "Je fais partager") et du "Texte-Initiale" m'a semblé intéressante à vous décrire !