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Articles avec #pedagogie generale catégorie

Penser l'apprentissage : Lire

Dans le cadre du "Temps des penseurs" (http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html), il y a un temps, celui des apprentissages.

 

Après avoir exploré à plusieurs enseignants l'apprentissage "Dessiner", nous avons interrogé dans ma classe de CP/CE1 l'acte de Lire.

 

Voilà le déroulement :

 

1) Moment de questionnement sur "Pourquoi apprenons-nous à lire ?" Vous remarquerez à l'écoute que le fonctionnel de la lecture l'emporte sur le plaisir, mais les enfants sont jeunes, pas encore lecteurs-experts.

 

2) Second questionnement : "Pourquoi parfois certains n'aiment pas lire ?" Les enfants mettent beaucoup l'accent sur la longueur des textes qui peut effrayer et dissuader de lire.

 

3) Moment de tutorat : après avoir recensé les enfants disant volontiers ne pas aimer lire, nous avons constitué des duos, un enfant cherchant à donner envie de lire aux "réfractaires". J'ai pu filmer leur compte-rendu de tutorat :

 

 

 

Les Pochettes à savoirs

Après un échange avec Catherine Pattinier, membre de l'Icem-Pédagogie Freinet, j'ai une idée à vous proposer, qui me parait intéressante à creuser ensemble.

 

1) Catherine a créé des "pochettes à histoires" avec sa classe de maternelle : Ces pochettes, qui partent pour chacune d'un livre, contiennent des textes, des créations, des activités récoltés ou proposés par les enfants de sa classe et ces pochettes, riches de tous ces savoirs, font l'aller-retour entre l'école et la maison. C'est génial, je trouve. Je vous laisse les découvrir. http://www.calameo.com/read/00002102547ffa585b45a

 

2) Alors, je me suis dit que l'idée de pochettes thématiques qu'on remplirait de plein de façons et qui feraient le chemin maison/école serait une belle réponse à nos questionnements sur comment rebondir en savoirs et en découvertes sur ce qui émerge en classe. Je pense ainsi aux pochettes à créer qui pourraient émerger du "Quoi de neuf ?" (qui dans ma classe s'appelle "Je fais partager") : pochettes à dents (à partir d'un enfant qui aurait raconté comment sa dent est tombée) ; pochettes à volcans ; pochettes à belles phrases (avec les plus belles phrases à inventer) ; pochettes à poésies ; pochettes à nombres ; pochettes généalogiques..................................

 

 

3) Je verrais bien par exemple une équipes de deux-trois élèves se charger de constituer une "pochette des dates", dans laquelle il y aurait les anniversaires, le calendrier, la présentation de dates de l'Histoire qui comptent, des textes libres qui raconteraient ce qui s'est passé à telle ou telle date (en vrai ou en fiction), etc.

 

 

Toutes ces pochettes représenteraient un savoir vivant et en développement et enrichissement  permanents.

 

Vos idées, réactions et prolongements sont bienvenus !

Le Temps des Penseurs

Bonjour à tous et bonne année à chacun !

J'aimerais vous proposer de tester avec moi, dès la rentrée, un moment ritualisé de classe que j'ai appelé "Le Temps des penseurs", projet que je vous mets ci-dessous en lecture :

http://www.calameo.com/read/000021025424f6bffecc1 (si vous souhaitez pouvoir le télécharger et/ou l'imprimer, adressez-moi un message)
 

Ce temps, une demi-heure par jour environ, se renouvelant toutes les deux semaines, se propose d'intégrer dans l'emploi des temps un dispositif qui permette aux enfants de penser la classe, les apprentissages et leurs empêchements, le monde, notre condition humaine (ce qui ne signifie pas que le reste des temps, il n'y a pas à penser...)
Il reprend bien sûr des dispositifs bien connus en pédagogie Freinet : le Conseil coopératif en premier, les ateliers-philo aussi. Mais l'idée est ici de définir un tout, le "Temps des penseurs", revendiqué comme un moment aussi important que les autres, où l'on cherche à donner du sens à la posture d'élève, d'enfant, d'être humain.

Et si on essayait à plusieurs ce dispositif, puis on en faisait le point en fin d'année !?

Penser l'apprentissage

Depuis quelque temps, nous sommes plusieurs enseignants à réfléchir au "pourquoi" des apprentissages : Pourquoi apprenons-nous à dessiner/lire/compter/mesurer/étudier l'espace/etc ? Il s'agit pour nous d'expérimenter une sorte de recherche-action à laquelle nos élèves sont directement associés.

 

En décembre, nous avons choisi de nous pencher sur le "Dessiner" et avons mené avec nos élèves une réflexion sur cet apprentissage-là.

 

Première phase :

Nous avons commencé par nous interroger en atelier "philo" sur pourquoi nous apprenons à dessiner et pourquoi il y a des personnes qui n'aiment pas dessiner.

 

Deuxième phase :

Comment faire en sorte qu'il y ait un changement chez ceux qui n'aiment pas dessiner ou ne savent pas bien dessiner ?

J'ai proposé un moment de tutorat entre élèves en listant d'abord au tableau ceux qui disent ne pas aimer ou ne pas bien savoir dessiner, puis d'autres enfants se sont proposés comme tuteurs.

Voilà un moment filmé de ce tutorat :

 

Utiliser les scènes de clowns sur l'empêchement en classe

Utiliser les scènes de clowns avec une classe

Beaucoup de personnes se disent très intéressées par cette approche des "empêchements à apprendre" (http://www.empechementsaapprendre.com/) mais se demandent comment l'aborder en classe. Alors voilà un exemple sur l'empêchement "J'ai besoin de bouger" avec des CP/CE1.

Petite précision : Ce que vous allez voir en vidéo ne prétend aucunement être l'exemple à suivre ni un modèle, mais une façon de faire qui convient à l'enseignant, au niveau de classe, donc à l'âge des enfants, et à l'atmosphère de cette classe. Libre à chacun d'utiliser ces supports selon sa personnalité et donc de pousser l'exploitation vers plus de créations artistiques, plus de théâtre, plus d'échanges oraux, plus d'écriture, etc.

NB : Ces vidéos sont floutées mais cela n'empêche pas de suivre le déroulé.

1) Présentation de ce moment à la classe

2) Réagir à la scène initiale d'empêchement

3) Rejouer la scène en classe.

4) Chercher des solutions

5) Réagir à une solution des clowns

6) Mener un moment de réflexion collective sur cette thématique : "Est-ce bien de bouger ?"

De bien belles phrases !

Il y a peu de temps, sur un autre blog, je parlais d'un chouette temps de partage et de recherche que nous avons mis en place à quatre collègues tous les lundis midi : http://http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-a-vivre-827-reflechir-librement-en-equipe-a112472012

Après avoir déjà échangé sur nos expériences (ou non) de "Je fais partager", d'écriture de textes libres et des possibles prolongements en amélioration collective de textes, nous avons décidé lundi de nous amuser : Et si dans chacun dans nos classes de CP ou de CE1, nous cherchions à construire la phrase la plus belle du monde ! Ce qui serait une belle occasion pour aborder cette notion par un bout festif.

Nous avons opté pour une phrase minimale : "Un enfant joue" et chaque classe s'est mise au travail. Voilà le résultat :

- Mes CP ont abouti à : "Un enfant joue au foot avec ses copains, parce qu'il veut se muscler les jambes, et dès qu'il a fini de se muscler les jambes, il s'achète mille nouvelles jolies chaussures au Monoprix." Cette phrase a été bâtie collectivement, chacun proposant des ajouts.

- Mes CE1 sont eux arrivés à : "Un petit enfant et son copain jouent aux cartes Pokemon dans un jardin qui a des buis, des pierres et des roses, et un des deux enfants perd l'une de ses cartes Pokemon, qui est la plus forte.

- Des CE1 : Un enfant joue avec un ballon rouge et noir dans le jardin avec sa grande soeur, pendant que leur maman mange une glace vanille-chocolat et que leur papa dort dans une chaise longue verte et ronfle fort.

- Un autre CP : Un enfant qui s'appelle Ariella joue à la marelle avec une corde à sauter en plastique de toutes les couleurs dans la cour de récréation, pendant qu'un garçon, Arthur, joue au ballon dans un coin de la cour, et ils se regardent parce qu'ils sont amoureux.

- Un dernier CE1 : Il était une fois une maison avec un jardin où il y avait un petit enfant qui jouait avec sa petite sœur au ballon, debout sur un cheval au galop qui s’appelle Arc-en-ciel, et dans les nuages dorés et argentés, un rossignol chantait.

Je profite de ce travail sur la Phrase pour vous faire partager ces documents conçus pour rendre les notions plus accessibles, notamment en grammaire. Vous y trouverez par exemple une page sur l'embellissement de la phrase : http://fr.calameo.com/read/000021025a923e20983ff

Transmettre, apprendre

"La personnalisation sous les traits du maître doit son retentissement à la dimension existentielle de tout savoir - la dimension que méconnaît la réduction instrumentale du savoir à des "compétences" : apprendre, c'est toujours se transformer, changer, s'ouvrir, être touché, remis en question, déplacé dans sa façon d'être et ses manières d'agir. C'est pourquoi il existe une peur d'apprendre dont nous commençons tout juste à prendre la mesure (voir sur ce point les travaux pionniers de Serge Boimare)" (c'est moi qui ai mis en gras)

Ce passage écrit est tiré d'un livre passionnant publié cette année, écrit par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi (chez Stock) : "Transmettre, apprendre".

Je voulais vous faire partager ce texte, car il est au diapason de ce pour quoi je travaille, je milite, je me bats même. Soit construire et mener mon action de maître vers cette dimension existentielle de l'apprentissage en lui accordant concrètement du temps en classe : temps du "Je fais partager"(http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html), temps de la Réflexion collective (http://pedagost.over-blog.com/article-27175727.html), temps d'écritures libres(http://pedagost.over-blog.com/article-28632305.html), temps du questionnement (http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html), et plus largement tous ces moments de coopération, de partage, dans lesquels la technique est mise d'abord au service de la conquête des secrets de la vie, comme dirait Jacques Lévine (lisez donc son livre, "L'enfant philosophe, avenir de l'humanité ?".: http://www.gibertjoseph.com/l-enfant-philosophe-avenir-de-l-humanit-5442051.html)

Cette façon de penser est aussi en résonance avec notre projet des "empêchements à apprendre" vus par les clowns, projet d'ailleurs soutenu par Serge Boimare. J'estime qu'il est néfaste de séparer les résultats de l'apprentissage souvent évalués en compétences de tout ce qui les accompagne et peut délégitimer la valeur de ces compétences :

Apprendre sans en saisir le sens ?

Apprendre et rejeter ?

Apprendre et s'assécher ?

A quel prix ?

Comment pourrions-nous rendre une institution Education Nationale sensible à tout cela ? Elle qui ne voit plus qu'évaluation, contrôle, marche au pas, deux par deux dans les escaliers, progression, programmation. Où la vie est largement étouffée.

Je ne suis guère optimiste... Le sursaut possible n'est pas à l'horizon. Continuons cependant à oeuvrer avec ceux qui partagent ces espoirs d'une autre école, d'un autre apprendre. Sans illusion, mais en faisant tout pour qu'il nous en reste du plaisir : http://laclasseplaisir.eklablog.com/

Car ce métier, nous l'avons bel et bien choisi.

Travaillez les "empêchements à apprendre" en classe

En attendant la création cet automne d'un site dédié à ce thème, avec scènes clownesques et pistes pédagogiques, voilà un lien pour pouvoir visionner les scènes avec vos élèves : situation d'empêchement, questions, "solutions".
https://vimeo.com/user16519155/videos

Et puis quelques conseils :

- Nous vous conseillons d’inscrire l’étude de ces empêchements dans l'emploi du temps de votre classe, de façon à ritualiser ce moment et à lui donner toute son importance.

- Nous vous conseillons de ne pas réserver ces empêchements à apprendre aux élèves dits en difficulté, car la difficulté peut cohabiter avec une apparente réussite scolaire. De plus, le risque de stigmatisation des « mauvais » élèves pourrait alors advenir.

- Nous préconisons une approche de chaque empêchement en plusieurs temps :

            1 – La découverte par les élèves de la situation vécue par les clowns et de leurs émotions, ce qui va permettre une appropriation ludique du problème, puis son déplacement vers le vécu scolaire des élèves, soit par un échange oral, soit par du passage à l’écrit individuel. L’essentiel étant que la parole de chacun soit volontaire et non évaluée.

            2 – La découverte de chaque solution clownesque, ce qui permettra un échange sur l’intérêt de leurs solutions, mais aussi l’émergence de propositions et idées venant du groupe-classe lui-même. Avec la possibilité de les transmettre sur ce site.

            3 – Le visionnage des questions des clowns, ce qui pourra ouvrir sur des moments de réflexion collective autour des questions intéressant en priorité les élèves.


Bonne rentrée

Empêchements clownesques : LE RETOUR

Ça y est, les empêchements clownesques sont de retour ! Tout beaux, tout neufs, dans leurs habits professionnels - avec quelques mouches non invitées qui ont tapé l'incruste... Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous livrer en avant-première un des vingt empêchements.

 

Mais avant cela, quelques infos sur le projet de lutter contre les empêchements à apprendre grâce aux clowns :

- En juillet, nous avons rejoué et tourné toutes les scènes : la situation initiale, les émotions des clowns, leurs questions, et enfin leurs drôles de solutions. Avec l'assistance technique et artistique de notre vidéaste, Hélène Crouzillat, et grâce au concours financier d'une bonne centaine de contributeurs sur Ulule, ainsi que le soutien de l'Occe Paris et de la Maif.

- Cet automne, nous ouvrirons un site, lui aussi tout neuf et tout beau - nous l'espérons - dédié à ces fameux empêchements à apprendre. Avec les scènes vidéos, mais aussi de nombreuses pistes pédagogiques destinées à tous les enseignants et éducateurs souhaitant concourir à enrayer ces inévitables obstacles aux apprentissages.

 

Trêve de mots, place à nos premières vidéos.

Des plaisirs de classe

Voilà pour se faire plaisir(s) en cette fin d'année, un florilège de témoignages venant d'enseignants de tous niveaux de classe pour dire que les plaisirs de classe, c'est possible... et que ce n'est pas secondaire dans les apprentissages.

501.  C’est quand les élèves ont présenté chacun une petite lecture aux parents venus dans la classe pour cette occasion, et qu’à la fin de chacune de ces lectures, chacun regardait son père ou sa mère avec fierté.

502. C’est quand, pendant le « temps libre et calme », L. est venu me voir pour me dire : "Ce moment-là, ça vaut le coup".

503. C’est quand T., élève encore en CLIN il y a un an, dit à son copain MR en parlant des compléments circonstanciels de temps, « Tu vois c’est facile… » et trouve les mots, que je n’ai jamais trouvés, pour le lui expliquer.

504. C’est quand lors de l’échange bimensuel que nous avons créé entre ma classe de CP-CE1 et la classe de CE2-CM1 de l’école d’à côté, des élèves de la classe la plus âgée ont dit : « Mais alors, les p’tits nous apprennent des choses ! « (lorsque GV. et M. ont présenté une maquette parlant des cow-boys et des colons américains).

505. C’est quand L. au « temps d’accueil » est venue me parler de ses grands-parents qui ont vécu en Pologne et qui ont connu des choses très difficiles. Elle est venue m’en parler parce qu’elle avait vu le panneau sur les enfants juifs déportés devant l’école.

506.  C’est quand MR, après avoir présenté un exposé sur la naissance de l’univers, m’interpelle en se questionnant sur qui du scientifique ou du religieux détient la vérité… il poursuit encore sa quête à ce jour.

507.  C’est quand les élèves de CP-CE1 se répartissent en duo, choisissent ensemble un livre et le lisent, le grand s’efforçant d’aider le plus jeune à déchiffrer le plus de mots possible en s’appuyant sur tous les outils à disposition dans la classe.

508. C’est quand quelques filles, pendant le temps des « projets personnels », se mettent à fabriquer une maquette de parc d’attraction avec manège, circuit de la mort, fontaine, entrée du parc, parce qu’elles ont vu une autre maquette présentée par les élèves d’une classe de plus grands.

509. C’est quand F. se fait applaudir par la classe, car son texte a été retenu lors du vote de texte, et donc sera dans le journal

510.  C’est quand B. s’inscrit enfin au « quoi de neuf » et, après une première tentative de prise de parole infructueuse, présente dans le silence général l’objet qu’il avait rapporté.

511.  C’est quand Z., en CM2, qui refusait de lire à voix haute jusqu’à présent, me lit un court texte en anglais lors des évaluations pour le niveau A1.

512.  C’est quand les élèves organisent eux mêmes des Olympiades, puis des ateliers sur le handicap, les présentent aux autres classes et décident de reconduire ce genre d’actions l’année prochaine au vu de l’enthousiasme général.

513.  C’est quand j’ai vu que le système des ceintures, ou des brevets, où chacun suit son parcours, a permis à J. de faire un bond en avant conséquent en mathématiques.

514.  C’est quand S. s’est mise à lire chaque soir en classe nature, une histoire aux filles de sa chambre.

515. C’est quand, en classe nature, perdu dans une ferme pédagogique au beau milieu de la Haute-Garonne, un de mes élèves de CM2 qui n’a jamais quitté la Porte de Bagnolet à Paris, me demande les yeux pétillants de plaisir « Dis, si je redouble, on reviendra ici l’année prochaine hein ? »

516. C'est quand un CM2 qui va donc quitter l'école décide de présider le dernier conseil car il a pris confiance en lui.

517. C'est quand on fait des maths dehors avec le fichier grandeurs et mesures PEMF et que l'on prend plaisir à mesurer des longueurs.

 518. C'est quand un élève de MS dit à un "grand" qui commence à s'énerver: "T'as qu'à respirer et faire comme la grenouille!" (cf: le livre de méditation pour enfants avec CD "Calme et attentif comme une grenouille")

519. C'est quand deux élèves de GS proposent d'apprendre aux autres à fabriquer des enveloppes pour mettre des mots gentils dans les casiers des copains.

520. C'est quand un élève de GS qui a beaucoup de mal à partager,  apporte sa boîte remplie d'élastiques pour apprendre aux copains à faire des bracelets.

521. C'est quand des garçons plutôt turbulents abandonnent leur jeu pour aider une élève, qui a été absente, à finir son costume de carnaval, en lui demandant comment ils peuvent l'aider.

522. C'est quand un GS de ma classe dit à un élève de ma collègue rentré dans une grosse colère : "Mais tu sais, tu as un grand trésor en toi et tu peux réussir à te calmer !"

523. C 'est quand un Petit de 3 ans, qui ne parlait pas il y a quelques mois, demande à un grand de GS s'il peut l'aider à dessiner un labyrinthe comme lui.

524. C 'est quand au débat philo, un CP qui ne prend pas souvent la parole dit " Peut être qu'avant d'exister dans le ventre des mamans, on existait dans la tête de ses parents amoureux. »

525. C 'est quand une MS, lors de la préparation de la venue des correspondants dit: " On va leur offrir un verre de l'amitié."

526. C 'est quand  un CP en difficulté de communication réussit à émouvoir ses copains en danse de création et qu'un des leaders de la classe lui dit " Ce que tu as dansé m'a fait avoir des larmes dans mes yeux"

527. C 'est quand un PS réussit à fermer tous les boutons pression d'un habit de poupée et qu'un GS le félicite " Bravo pour ta patience et ton courage"

528. C 'est quand un MS nous fait un exposé sur l' Afrique du Sud avec photos choisies avec ses parents et projection sur grand écran.

529. C 'est quand une MS plutot timide et réservée arrive le matin, avec des élastiques et nous dit qu'elle propose un atelier "bracelets" tous les matins pour apprendre aux autres sa nouvelle technique. 18 enfants ont réussi et moi, je me suis inscrite aussi pour réaliser une bague. Quelle fierté dans les yeux de cette petite fille !

530. C'est quand, en plein milieu de notre classe découverte, les enfants de "ma" classe de cycle continuent à penser à :
- notre animatrice, M., qui n'est pas venue cette année avec nous
- nos camarades de l'IME avec qui nous nous rencontrons hebdomadairement depuis le début de l'année.
Et donc d'envoyer des messages, de prévoir des invitations pour la fête de l'école et pour passer ensemble une dernière journée cette année avant les départs en vacances.
Nos camarades de l'IME font donc vraiment partie de notre vie, c'est certain.

531. C’est quansd, en CP-CE1, j'invite des parents à présenter leur métier, on fait une sorte de jeu du portrait pour le découvrir, puis, le métier dévoilé, le parent explique et montre des objets.

532. Mon « c’est quand » : La dernière fois, nous avons reçu une clerc d'avocat. Un enfant de ma classe avait lancé une fois : "La loi on s'en fout". Alors débat sur le tribunal, la loi, la pose de bracelet électronique : C'est V et S qui expliquent à la classe tranquillement que leurs pères ont porté un bracelet parce qu'ils avaient fait des bêtises et qu'ils ne pouvaient se rendre à leur travail que 2 heures par jour,... sans moquerie de la part des autres, tout tranquillement ! C'est M qui s'exprime très peu. "A., le tribunal, c'est là où on va quand les mamans ont des problèmes avec les papas !"

531. C’est quand, pendant la recréation, les enfants veulent arroser les plantes, je sors le tuyau du garage pour remplir les arrosoirs, le tuyau fuit dans le garage, je ne vois rien. Au bout d'un moment l'ATSEM arrive et m'interpelle : "Regarde ce qu'ils font !" Un pur moment de plaisir que je n'ai pu que photographier... et admirer.

532. Petit plaisir d'un  maître E en Rased : Vendredi dernier, en prélude à la fête de la Musique, toutes les classes de l'école ont présenté chacune un chant sur la place du village, accompagnées par un orchestre de jazz. Ce sont "mes" élèves de CM (ceux qui ont participé à un groupe d'aide en lecture dans l'année) qui ont lu au micro les présentations des chants. De la galère pour déchiffrer à la gloire d'être seul au micro devant plusieurs centaines de spectateurs, il y avait une belle revanche et une belle émotion pour eux. Mais aussi pour le maître qui avait lancé cette idée sans filet mais avec la confiance que l'on doit à tout élève quelles que soient ses difficultés.
Et quel bonheur d'entendre L. (pour qui l'apprentissage de la lecture fut un vrai parcours du combattant et qui va partir au collège) coacher ses copains avec beaucoup de pertinence sur les critères d'une bonne lecture oralisée, avant leur montée sur scène !
Pour la fête de la Musique, j'avais le cœur léger et même un peu en goguette ! Va comprendre !

533. C’est quand N., qui après presque dix mois d’individualisme bruyant, voit que L. ne s’en sort pas avec sa lettre à son correspondant et lui tape le texte à l’ordinateur, sans le faire remarquer, naturellement, puis propose la même aide à D., en grande difficulté en écriture.

534. C'est quand R., en PS, petit sauvage sûr de sa toute puissance en début d'année, qu'il a fallu ramener de son rôle de bouc émissaire et accompagner dans le langage, dit "Ça sonne ! Faire silence !" . Et chacun qui se tourne sur son lit et se tait.

535. C’est quand, en PS toujours, A. lit "Roule galette"à sa copine C. qui vient de lui raconter "Le secret". En tournant les pages. Et en mettant le ton et les voix des personnages. Avant d'échanger leurs livres et de recommencer.

536. C'est quand S. qui lance les livres au travers de la pièce jusqu'à l'histoire des "Géants du jardin" dont le héros à le même prénom que lui.

537. C'est quand H. qui apporte deux beaux galets et propose en Conseil de faire "de la musique de cailloux" pour la fête de l'école. 

538. Fin d'année en ITEP ,première année que j'ai la classe, enfants de 9/11ans.
- C'est quand en fin d'année, quand l'emploi du temps a disparu, que tout le monde y compris l'enseignant est fatigué, les enfants écrivent des textes libres, se corrigent grâce aux différents outils et demandent d'afficher leur texte.
- C'est quand en fin d'année, les enfants prennent leur plan de travail et se gèrent tout seul en appliquant les contraintes que j'ai rappelées.

539.C’est quand, en fin d'année de CM1-CM2, avec certains qui sont depuis deux ou trois ans dans ma classe, les CM1 viennent me voir en grand secret: « Est ce qu'on peut prévoir en TI d'écrire à plusieurs pour dire aux CM2 qu'on est triste de les voir partir au collège ? » Puis les CM2 viennent me voir en grand secret: « Est-ce qu'on peut aller dans la salle des maîtres pendant la récré pour préparer un spectacle pour les CM1 pour leur dire qu'on est triste de les quitter ? »