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Articles avec #pedagogie generale catégorie

Le nourrissage culturel

J'ai eu la chance de rencontrer puis connaître Serge Boimare, ancien directeur pédagogique du centre Claude Bernard à Paris, et auteur entre autres de "Ces enfants empêchés de penser", dans lequel il nous décrit comment une approche des textes de la mythologie peut aider des jeunes en difficultés à se confronter sans se mettre en danger à leurs problématiques et à se libérer peu à peu pour avancer. Depuis, il promeut l'idée d'un nourrissage culturel pour tous les élèves.

 

J'ai pu le rencontrer lorsque j'ai moi-même imaginé - avec mes deux casquettes, celle d'enseignant et celle de clown de théâtre - et fait aboutir un projet sur les empêchements à apprendre vus par des clowns, projet que vous pouvez consulter ici : http://www.empechementsaapprendre.com/

 

Depuis, Serge Boimare est venu au Salon parisien de la pédagogie Freinet en novembre dernier, puis dans notre école pour nous présenter plus concrètement l'idée de médiation culturelle.

 

L'année prochaine, nous serons quatre collègues de notre école à mettre en place cette médiation culturelle dans nos classes.

 

Voilà comment nous comptons procéder :

1) Deux fois par semaine, nous lirons des textes de mythologie, de contes ou autres textes du patrimoine, en choisissant notamment ceux qui peuvent favoriser la réflexion, mais aussi l'imaginaire.

2) Après chaque lecture à haute voix, un temps oral de réactions, de partage de sensations, de réflexions le plus libre possible sera laissé aux enfants.

3) A l'issue de ce temps toujours oral, un autre temps qui pourrait être de création artistique, de réflexion philosophique, d'expression écrite sera proposé, adapté à la nature et à la teneur du texte lu.

Nous faisons le pari que, comme Serge Boimare le revendique, cet enrichissement de tous par la culture, alliant exigence et plaisir, favorisera aussi en parallèle une vraie culture commune de classe propice à la coopération, aux envies, aux projets.

PS : Un ajout de Serge Boimare :

Penser l'apprentissage : Lire

Dans le cadre du "Temps des penseurs" (http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html), il y a un temps, celui des apprentissages.

 

Après avoir exploré à plusieurs enseignants l'apprentissage "Dessiner", nous avons interrogé dans ma classe de CP/CE1 l'acte de Lire.

 

Voilà le déroulement :

 

1) Moment de questionnement sur "Pourquoi apprenons-nous à lire ?" Vous remarquerez à l'écoute que le fonctionnel de la lecture l'emporte sur le plaisir, mais les enfants sont jeunes, pas encore lecteurs-experts.

 

2) Second questionnement : "Pourquoi parfois certains n'aiment pas lire ?" Les enfants mettent beaucoup l'accent sur la longueur des textes qui peut effrayer et dissuader de lire.

 

3) Moment de tutorat : après avoir recensé les enfants disant volontiers ne pas aimer lire, nous avons constitué des duos, un enfant cherchant à donner envie de lire aux "réfractaires". J'ai pu filmer leur compte-rendu de tutorat :

 

 

 

Les Pochettes à savoirs

Après un échange avec Catherine Pattinier, membre de l'Icem-Pédagogie Freinet, j'ai une idée à vous proposer, qui me parait intéressante à creuser ensemble.

 

1) Catherine a créé des "pochettes à histoires" avec sa classe de maternelle : Ces pochettes, qui partent pour chacune d'un livre, contiennent des textes, des créations, des activités récoltés ou proposés par les enfants de sa classe et ces pochettes, riches de tous ces savoirs, font l'aller-retour entre l'école et la maison. C'est génial, je trouve. Je vous laisse les découvrir. http://www.calameo.com/read/00002102547ffa585b45a

 

2) Alors, je me suis dit que l'idée de pochettes thématiques qu'on remplirait de plein de façons et qui feraient le chemin maison/école serait une belle réponse à nos questionnements sur comment rebondir en savoirs et en découvertes sur ce qui émerge en classe. Je pense ainsi aux pochettes à créer qui pourraient émerger du "Quoi de neuf ?" (qui dans ma classe s'appelle "Je fais partager") : pochettes à dents (à partir d'un enfant qui aurait raconté comment sa dent est tombée) ; pochettes à volcans ; pochettes à belles phrases (avec les plus belles phrases à inventer) ; pochettes à poésies ; pochettes à nombres ; pochettes généalogiques..................................

 

 

3) Je verrais bien par exemple une équipes de deux-trois élèves se charger de constituer une "pochette des dates", dans laquelle il y aurait les anniversaires, le calendrier, la présentation de dates de l'Histoire qui comptent, des textes libres qui raconteraient ce qui s'est passé à telle ou telle date (en vrai ou en fiction), etc.

 

 

Toutes ces pochettes représenteraient un savoir vivant et en développement et enrichissement  permanents.

 

Vos idées, réactions et prolongements sont bienvenus !

Le Temps des Penseurs

Bonjour à tous et bonne année à chacun !

J'aimerais vous proposer de tester avec moi, dès la rentrée, un moment ritualisé de classe que j'ai appelé "Le Temps des penseurs", projet que je vous mets ci-dessous en lecture :

http://www.calameo.com/read/000021025424f6bffecc1 (si vous souhaitez pouvoir le télécharger et/ou l'imprimer, adressez-moi un message)
 

Ce temps, une demi-heure par jour environ, se renouvelant toutes les deux semaines, se propose d'intégrer dans l'emploi des temps un dispositif qui permette aux enfants de penser la classe, les apprentissages et leurs empêchements, le monde, notre condition humaine (ce qui ne signifie pas que le reste des temps, il n'y a pas à penser...)
Il reprend bien sûr des dispositifs bien connus en pédagogie Freinet : le Conseil coopératif en premier, les ateliers-philo aussi. Mais l'idée est ici de définir un tout, le "Temps des penseurs", revendiqué comme un moment aussi important que les autres, où l'on cherche à donner du sens à la posture d'élève, d'enfant, d'être humain.

Et si on essayait à plusieurs ce dispositif, puis on en faisait le point en fin d'année !?

Penser l'apprentissage

Depuis quelque temps, nous sommes plusieurs enseignants à réfléchir au "pourquoi" des apprentissages : Pourquoi apprenons-nous à dessiner/lire/compter/mesurer/étudier l'espace/etc ? Il s'agit pour nous d'expérimenter une sorte de recherche-action à laquelle nos élèves sont directement associés.

 

En décembre, nous avons choisi de nous pencher sur le "Dessiner" et avons mené avec nos élèves une réflexion sur cet apprentissage-là.

 

Première phase :

Nous avons commencé par nous interroger en atelier "philo" sur pourquoi nous apprenons à dessiner et pourquoi il y a des personnes qui n'aiment pas dessiner.

 

Deuxième phase :

Comment faire en sorte qu'il y ait un changement chez ceux qui n'aiment pas dessiner ou ne savent pas bien dessiner ?

J'ai proposé un moment de tutorat entre élèves en listant d'abord au tableau ceux qui disent ne pas aimer ou ne pas bien savoir dessiner, puis d'autres enfants se sont proposés comme tuteurs.

Voilà un moment filmé de ce tutorat :

 

Utiliser les scènes de clowns sur l'empêchement en classe

Utiliser les scènes de clowns avec une classe

Beaucoup de personnes se disent très intéressées par cette approche des "empêchements à apprendre" (http://www.empechementsaapprendre.com/) mais se demandent comment l'aborder en classe. Alors voilà un exemple sur l'empêchement "J'ai besoin de bouger" avec des CP/CE1.

Petite précision : Ce que vous allez voir en vidéo ne prétend aucunement être l'exemple à suivre ni un modèle, mais une façon de faire qui convient à l'enseignant, au niveau de classe, donc à l'âge des enfants, et à l'atmosphère de cette classe. Libre à chacun d'utiliser ces supports selon sa personnalité et donc de pousser l'exploitation vers plus de créations artistiques, plus de théâtre, plus d'échanges oraux, plus d'écriture, etc.

NB : Ces vidéos sont floutées mais cela n'empêche pas de suivre le déroulé.

1) Présentation de ce moment à la classe

2) Réagir à la scène initiale d'empêchement

3) Rejouer la scène en classe.

4) Chercher des solutions

5) Réagir à une solution des clowns

6) Mener un moment de réflexion collective sur cette thématique : "Est-ce bien de bouger ?"

De bien belles phrases !

Il y a peu de temps, sur un autre blog, je parlais d'un chouette temps de partage et de recherche que nous avons mis en place à quatre collègues tous les lundis midi : http://http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-a-vivre-827-reflechir-librement-en-equipe-a112472012

Après avoir déjà échangé sur nos expériences (ou non) de "Je fais partager", d'écriture de textes libres et des possibles prolongements en amélioration collective de textes, nous avons décidé lundi de nous amuser : Et si dans chacun dans nos classes de CP ou de CE1, nous cherchions à construire la phrase la plus belle du monde ! Ce qui serait une belle occasion pour aborder cette notion par un bout festif.

Nous avons opté pour une phrase minimale : "Un enfant joue" et chaque classe s'est mise au travail. Voilà le résultat :

- Mes CP ont abouti à : "Un enfant joue au foot avec ses copains, parce qu'il veut se muscler les jambes, et dès qu'il a fini de se muscler les jambes, il s'achète mille nouvelles jolies chaussures au Monoprix." Cette phrase a été bâtie collectivement, chacun proposant des ajouts.

- Mes CE1 sont eux arrivés à : "Un petit enfant et son copain jouent aux cartes Pokemon dans un jardin qui a des buis, des pierres et des roses, et un des deux enfants perd l'une de ses cartes Pokemon, qui est la plus forte.

- Des CE1 : Un enfant joue avec un ballon rouge et noir dans le jardin avec sa grande soeur, pendant que leur maman mange une glace vanille-chocolat et que leur papa dort dans une chaise longue verte et ronfle fort.

- Un autre CP : Un enfant qui s'appelle Ariella joue à la marelle avec une corde à sauter en plastique de toutes les couleurs dans la cour de récréation, pendant qu'un garçon, Arthur, joue au ballon dans un coin de la cour, et ils se regardent parce qu'ils sont amoureux.

- Un dernier CE1 : Il était une fois une maison avec un jardin où il y avait un petit enfant qui jouait avec sa petite sœur au ballon, debout sur un cheval au galop qui s’appelle Arc-en-ciel, et dans les nuages dorés et argentés, un rossignol chantait.

Je profite de ce travail sur la Phrase pour vous faire partager ces documents conçus pour rendre les notions plus accessibles, notamment en grammaire. Vous y trouverez par exemple une page sur l'embellissement de la phrase : http://fr.calameo.com/read/000021025a923e20983ff

Transmettre, apprendre

"La personnalisation sous les traits du maître doit son retentissement à la dimension existentielle de tout savoir - la dimension que méconnaît la réduction instrumentale du savoir à des "compétences" : apprendre, c'est toujours se transformer, changer, s'ouvrir, être touché, remis en question, déplacé dans sa façon d'être et ses manières d'agir. C'est pourquoi il existe une peur d'apprendre dont nous commençons tout juste à prendre la mesure (voir sur ce point les travaux pionniers de Serge Boimare)" (c'est moi qui ai mis en gras)

Ce passage écrit est tiré d'un livre passionnant publié cette année, écrit par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi (chez Stock) : "Transmettre, apprendre".

Je voulais vous faire partager ce texte, car il est au diapason de ce pour quoi je travaille, je milite, je me bats même. Soit construire et mener mon action de maître vers cette dimension existentielle de l'apprentissage en lui accordant concrètement du temps en classe : temps du "Je fais partager"(http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html), temps de la Réflexion collective (http://pedagost.over-blog.com/article-27175727.html), temps d'écritures libres(http://pedagost.over-blog.com/article-28632305.html), temps du questionnement (http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html), et plus largement tous ces moments de coopération, de partage, dans lesquels la technique est mise d'abord au service de la conquête des secrets de la vie, comme dirait Jacques Lévine (lisez donc son livre, "L'enfant philosophe, avenir de l'humanité ?".: http://www.gibertjoseph.com/l-enfant-philosophe-avenir-de-l-humanit-5442051.html)

Cette façon de penser est aussi en résonance avec notre projet des "empêchements à apprendre" vus par les clowns, projet d'ailleurs soutenu par Serge Boimare. J'estime qu'il est néfaste de séparer les résultats de l'apprentissage souvent évalués en compétences de tout ce qui les accompagne et peut délégitimer la valeur de ces compétences :

Apprendre sans en saisir le sens ?

Apprendre et rejeter ?

Apprendre et s'assécher ?

A quel prix ?

Comment pourrions-nous rendre une institution Education Nationale sensible à tout cela ? Elle qui ne voit plus qu'évaluation, contrôle, marche au pas, deux par deux dans les escaliers, progression, programmation. Où la vie est largement étouffée.

Je ne suis guère optimiste... Le sursaut possible n'est pas à l'horizon. Continuons cependant à oeuvrer avec ceux qui partagent ces espoirs d'une autre école, d'un autre apprendre. Sans illusion, mais en faisant tout pour qu'il nous en reste du plaisir : http://laclasseplaisir.eklablog.com/

Car ce métier, nous l'avons bel et bien choisi.

Travaillez les "empêchements à apprendre" en classe

En attendant la création cet automne d'un site dédié à ce thème, avec scènes clownesques et pistes pédagogiques, voilà un lien pour pouvoir visionner les scènes avec vos élèves : situation d'empêchement, questions, "solutions".
https://vimeo.com/user16519155/videos

Et puis quelques conseils :

- Nous vous conseillons d’inscrire l’étude de ces empêchements dans l'emploi du temps de votre classe, de façon à ritualiser ce moment et à lui donner toute son importance.

- Nous vous conseillons de ne pas réserver ces empêchements à apprendre aux élèves dits en difficulté, car la difficulté peut cohabiter avec une apparente réussite scolaire. De plus, le risque de stigmatisation des « mauvais » élèves pourrait alors advenir.

- Nous préconisons une approche de chaque empêchement en plusieurs temps :

            1 – La découverte par les élèves de la situation vécue par les clowns et de leurs émotions, ce qui va permettre une appropriation ludique du problème, puis son déplacement vers le vécu scolaire des élèves, soit par un échange oral, soit par du passage à l’écrit individuel. L’essentiel étant que la parole de chacun soit volontaire et non évaluée.

            2 – La découverte de chaque solution clownesque, ce qui permettra un échange sur l’intérêt de leurs solutions, mais aussi l’émergence de propositions et idées venant du groupe-classe lui-même. Avec la possibilité de les transmettre sur ce site.

            3 – Le visionnage des questions des clowns, ce qui pourra ouvrir sur des moments de réflexion collective autour des questions intéressant en priorité les élèves.


Bonne rentrée

Empêchements clownesques : LE RETOUR

Ça y est, les empêchements clownesques sont de retour ! Tout beaux, tout neufs, dans leurs habits professionnels - avec quelques mouches non invitées qui ont tapé l'incruste... Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous livrer en avant-première un des vingt empêchements.

 

Mais avant cela, quelques infos sur le projet de lutter contre les empêchements à apprendre grâce aux clowns :

- En juillet, nous avons rejoué et tourné toutes les scènes : la situation initiale, les émotions des clowns, leurs questions, et enfin leurs drôles de solutions. Avec l'assistance technique et artistique de notre vidéaste, Hélène Crouzillat, et grâce au concours financier d'une bonne centaine de contributeurs sur Ulule, ainsi que le soutien de l'Occe Paris et de la Maif.

- Cet automne, nous ouvrirons un site, lui aussi tout neuf et tout beau - nous l'espérons - dédié à ces fameux empêchements à apprendre. Avec les scènes vidéos, mais aussi de nombreuses pistes pédagogiques destinées à tous les enseignants et éducateurs souhaitant concourir à enrayer ces inévitables obstacles aux apprentissages.

 

Trêve de mots, place à nos premières vidéos.