Enseigner autrement, c'est un choix personnel ! http://pedagost.over-blog.com/enseigner-autrement.html
22 Juin 2009
Face à cette déferlante de processus d'évaluations dans notre société, et donc aussi dans l'école - y'a pas de raison qu'il en soit autrement - il me semble indispensable de s'y intéresser en dépassant les habituelles analyses trop restrictives sur les simples contenus d'évaluation ou les modes d'évaluation (comme ce fut trop le cas, à mon goût, lors des évaluations CM2 puis CE1).
D'abord avec cette question qui m'occupe constamment dans ma conduite de classe : Est-ce qu'évaluer les élèves leur sert vraiment ?
J'ai un doute, si on pose ces postulats et interrogations :
1) On ne devrait naturellement pas apprendre pour être évalué.
2) Ce n'est pas parce qu'on est évalué et qu'on a "réussi", qu'on a appris, au fond.
3) Ce qui fait qu'un enfant se mettra à apprendre n'a souvent rien à voir avec le fait d'être évalué. Un exemple vécu : Une élève de ma classe, L., a écrit dans son bilan personnel d'aujourd'hui qu'elle s'est mise à lire pour faire comme G. qui commençait à lire.
4) Le goût, le plaisir, la soif d'apprendre, le cheminement expérimental ne s'évaluent pas aussi simplement que la compétence purement disciplinaire. Et pourtant, ils sont fondamentaux.
5) L'évaluation s'adresse plus à l'institution qu'aux parents, et plus aux parents qu'aux enfants. Et pourtant, qui apprend ?
6) On évalue un résultat. Pourquoi n'évalue-t-on pas l'origine du résultat, ce qui l'a permis et lui a donné sens. Ne serait-ce pas parce qu'on a peur que ces résultats ne soient le plus souvent dénués de vrai sens ?
J'en arriverais même à rêver - et je ne suis évidemment pas le premier ni le seul - d'un apprentissage qui ne s'évaluerait pas - même par des brevets - sinon par la passion, la curiosité, l'élan qui habiteraient celui qui apprend.