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Articles avec #l'ecole catégorie

Contre vents et marées

Ce dernier billet de démarrage des vacances ne s'écrit pas dans l'allégresse, car les bulles de jubilation que je vous fais partager dans ce blog sont menacées par les mesures ministérielles qui s'annoncent. 

 

En premier lieu, les classes de CP à 12 - qu'il est évidemment difficile de critiquer, tant cela semble être une belle mesure généreuse - vont empêcher de nombreuses écoles, qui ont choisi le multi-âge comme option pédagogique, de poursuivre. Rappelons que les classes multi-âges, en mettant ensemble des enfants à des degrés de connaissances et de maturité différents, favorisent une coopération naturelle et donc une vraie personnalisation des apprentissages. Et le démantèlement partiel du "Plus de maîtres que de classes", conséquence de ces classes à 12, va à nouveau enfermer chacun dans sa classe, sans la possibilité d'un regard et d'un travail d'équipe partagés.

 

En second lieu, l'accent mis une nouvelle fois sur les fondamentaux, "lire-écrire-compter", où il sera  demandé aux enseignants d'augmenter les horaires de ces disciplines stricto sensu,empêchent de donner de l'espace et du temps à tous ces projets pluri-disciplinaires, souvent plein de sens pour les élèves, qui développent souvent bien plus intelligemment et profondément leurs apprentissages dans ces disciplines. Que vont devenir ces dispositifs du  "Je fais partager", du "Je fais un projet", du "Eurêka", ou du "Temps des penseurs" dont nous avons souvent  parlé dans ce blog, lorsqu'ils n'auront plus leur place dans l'emploi du temps ? Entre autres... 

 

Nous pourrions aussi parler de ces rythmes scolaires toujours aussi peu pensés pour les enfants (là, nous achevons 12 semaines de classe de suite...), de ce LSUN, qui fait silence sur ce fichage des élèves dont personne (ou presque : Retrait du LSUN ! ) ne parle, ce LSUN étant si simple à remplir !...

 

Et puis, toutes ces pressions pour que nos façons de travailler soient jugées selon des critères d'efficacité, idée que nous combattons, car l'apprentissage n'est pas seulement mesurable ! 

 

Malgré tout, comme l'indique le titre de ce billet, je continuerai à me battre - comme beaucoup d'autres, notamment dans le mouvement Freinet -  pour une école différente, une école faite de vie et d'envie ! 

Cop'1 avec la Cop'21

Cette semaine, j'ai décidé d'être Cop'1 avec la Cop'21.

Pour cela, voici quelques propositions pour que les accès aux apprentissages soient en phase avec notre combat pour l'environnement.

1) Utilisons l'énergie solaire

Et si, lorsque le climat le permet, nous transférions la classe à ciel ouvert ? Que nos projets, nos découvertes, nos moments de transmission se fassent sans électricité, hors murs, dans la nature !

2) Répartissons différemment nos émissions de gaz carbonique

Et si nous laissions davantage l'expression aux élèves et par conséquent réduisions quelque peu notre expression à nous, enseignants ? Favorisons les temps de partage, de présentations, de pensées libres et réfléchies, tous ces temps qui peuvent devenir des moteurs naturels d'apprentissages.

3) Limitons les gaz à effets de serre

Et si nous privilégiions le milieu proche de l'école, pour ne pas utiliser inutilement les transports ? Ce serait l'occasion d'une (re)découverte de nos lieux de vie. Sommes-nous sûrs que les enfants connaissent leur environnement, son histoire ? Une façon de se l'approprier, voire d'en être fiers. De la géographie et de l'histoire incarnées.

4) Responsabilisons-nous

Et si nous inventions de nouvelles responsabilités dans la classe : le tamiseur qui éteint la lumière quand elle est superflue ; l'observateur, chargé de témoigner en direct des changements climatiques qui se déroulent par la fenêtre ; le glaneur, qui s'occupera des papiers usagés mais encore utilisables ; les éveilleurs qui alerteront en temps réel sur tout ce qui fait pollution en classe et dans l'école...

5) Réduisons les énergies fossiles

Et si nous développions les actions d'entraide et de tutorat entre pairs, pour que, grâce à la coopération, les énergies fossilisées de certains élèves, las des injonctions répétées de l'adulte, se réveillent peut-être et redeviennent solaires ?

6) Supprimons les usines à gaz

Et si l'administration de l'Education nationale favorisait vraiment les initiatives de chaque enseignant et de chaque équipe volontaire, en supprimant les procédures, filtrages hiérarchiques, papiers à remplir ? Rien de tel que la confiance pour permettre d'avancer !

7) Méfions-nous du tout technologique

Et si nous évitions de considérer le numérique comme l'unique réponse miracle aux difficultés d'apprentissage, et choisissions aussi l'humain, à travers notamment la culture et l'art ? Remplissons-nous d'histoires - de contes et de mythes par exemple pour faire culture commune - et de créations à mener ensemble, initiées par les élèves ou par l'enseignant.

8) Favorisons le renouvellement des énergies

Et si, par le développement d'institutions comme le conseil d’enfants, les conseils de délégués d’école, et par la mise en place d’ateliers de réflexion collective, les enfants devenaient pleinement partenaires des décisions à prendre. Cet exercice quotidien de la citoyenneté créera certainement le désir de participer plus tard activement à la vie de la cité et donc d’influer sur le cours de l’histoire.

Un Manifeste

J'ai pu visiter la classe d'un autre enseignant de CM1/CM2 dans une autre école, pour à la fois prendre un peu de distance par rapport à ma propre pratique et me ressourcer, grâce à l’observation d'une autre façon de faire.

 

Cette double visite a apporté beaucoup à chacun, et ceci à quatre niveaux :

 

1 – Ce fut bien sûr l’occasion de découvrir une démarche différente de la sienne, ou alors proche, mais que, par habitude, peur ou routine, on laisse de côté.

Par exemple, lorsque j’ai pu découvrir chez N un moment de lecture-plaisir que j’ai aussitôt repris et adapté à mon niveau de classe et à ma personnalité.

Et quand N m'a dit avoir été subjugué, lors du moment de réflexion collective, par la capacité de réflexion et la qualité des échanges entre les enfants de ma classe et il a pu ainsi se rendre compte que la tenue d’ateliers philosophiques avec les « grands » était tout à fait à sa portée et pouvait être très enrichissante pour tous.

 

2 - Cette visite permet à l’observé, grâce au regard "gratuit" et bienveillant de l’observateur - donc très loin de ce que peut être celui d’un inspecteur, qui par définition est celui qui inspecte, de saisir en toute tranquillité ce qui pourrait être modifié, réorienté, mais aussi gardé dans sa pratique de classe.

 

3 - Cette visite réciproque a permis à chacun de nous de chercher pour trouver les mots les plus justes possible pour décrire nos choix pédagogiques, dans le désir que nous avions de les expliciter et nous faire comprendre. Ce fut un bon exercice pour éprouver la justesse ou non de certaines de nos options de classe.

 

4 – Enfin, la découverte en observateur d’un temps de classe extérieur, avec ses moments-champagne mais aussi ses moments-galère, a permis de dédramatiser nos propres errements : « Je ne suis pas le seul à parfois passer à côté de l’objectif. Ouf ! »

 

Ce quadruple apport est vraiment ce qui manque cruellement dans notre métier d’enseignant.

 

Fort de ce constat, voilà notre manifeste :

 

Il y a une vraie richesse dans ce que font la plupart des enseignants, dans leurs classes et dans leurs écoles, qui ne trouve malheureusement jamais l’occasion d’être partagée.

 

Si on remplaçait une bonne part des animations pédagogiques, le plus souvent déconnectées de nos besoins, par :

 

- des échanges de pratiques entre écoles : Les enseignants d’une école font partager à une ou d'autres école(s) un projet qu'ils ont porté sur l'année et transférable à d'autres équipes - et réciproquement - et puis, on s'en empare... ou pas

 

- des visites entre enseignants, comme celle que nous venons d'exposer (c'est ce que nous faisons aussi lors de nos réunions mensuelles Freinet du mercredi après-midi, où il y a un temps où le collègue de la classe accueillante nous fait découvrir sa classe),

 

l’école deviendrait alors ce qu’elle devrait être : un espace bouillonnant de recherches, d’expérimentations, et parfois de jubilation. En retrouvant un certain "bon sens", loin des dispositifs-usines à gaz habituels (comme le Magistère), qui passent à côté de ce qu'il nous faudrait pour avancer.

 

Il faudrait pour cela :

 

1) que des temps nous soient accordés pour faire ces visites (de nombreux directeurs autour de nous sont prêts à prendre nos classes sur ces temps-là)

 

2) que cela puisse se faire entre enseignants volontaires et sans une volonté de contrôle de la part de l’institution : pas de rapports de visite, pas de supervision hiérarchique, pas de validation du choix de l'enseignant visité

 

3) que l'institution accorde sa confiance aux enseignants dans leur capacité à regarder et à saisir, sans qu'elle nous indique ce qu'il faut voir et ce qu'il faut penser de ce qu'on voit

 

Il s’agit donc là d’un appel pour une remise en question des principes qui guident la si justement décriée formation continue des enseignants. Que l'on sorte de ces modes de formation le plus souvent magistraux, pour en découvrir d'autres, sous la forme de partage entre enseignants et entre équipes, pour redonner une vraie part à l'envie et l'en-vie.

 

Un appel à relayer !

De bien belles phrases !

Il y a peu de temps, sur un autre blog, je parlais d'un chouette temps de partage et de recherche que nous avons mis en place à quatre collègues tous les lundis midi : http://http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-a-vivre-827-reflechir-librement-en-equipe-a112472012

Après avoir déjà échangé sur nos expériences (ou non) de "Je fais partager", d'écriture de textes libres et des possibles prolongements en amélioration collective de textes, nous avons décidé lundi de nous amuser : Et si dans chacun dans nos classes de CP ou de CE1, nous cherchions à construire la phrase la plus belle du monde ! Ce qui serait une belle occasion pour aborder cette notion par un bout festif.

Nous avons opté pour une phrase minimale : "Un enfant joue" et chaque classe s'est mise au travail. Voilà le résultat :

- Mes CP ont abouti à : "Un enfant joue au foot avec ses copains, parce qu'il veut se muscler les jambes, et dès qu'il a fini de se muscler les jambes, il s'achète mille nouvelles jolies chaussures au Monoprix." Cette phrase a été bâtie collectivement, chacun proposant des ajouts.

- Mes CE1 sont eux arrivés à : "Un petit enfant et son copain jouent aux cartes Pokemon dans un jardin qui a des buis, des pierres et des roses, et un des deux enfants perd l'une de ses cartes Pokemon, qui est la plus forte.

- Des CE1 : Un enfant joue avec un ballon rouge et noir dans le jardin avec sa grande soeur, pendant que leur maman mange une glace vanille-chocolat et que leur papa dort dans une chaise longue verte et ronfle fort.

- Un autre CP : Un enfant qui s'appelle Ariella joue à la marelle avec une corde à sauter en plastique de toutes les couleurs dans la cour de récréation, pendant qu'un garçon, Arthur, joue au ballon dans un coin de la cour, et ils se regardent parce qu'ils sont amoureux.

- Un dernier CE1 : Il était une fois une maison avec un jardin où il y avait un petit enfant qui jouait avec sa petite sœur au ballon, debout sur un cheval au galop qui s’appelle Arc-en-ciel, et dans les nuages dorés et argentés, un rossignol chantait.

Je profite de ce travail sur la Phrase pour vous faire partager ces documents conçus pour rendre les notions plus accessibles, notamment en grammaire. Vous y trouverez par exemple une page sur l'embellissement de la phrase : http://fr.calameo.com/read/000021025a923e20983ff

Transmettre, apprendre

"La personnalisation sous les traits du maître doit son retentissement à la dimension existentielle de tout savoir - la dimension que méconnaît la réduction instrumentale du savoir à des "compétences" : apprendre, c'est toujours se transformer, changer, s'ouvrir, être touché, remis en question, déplacé dans sa façon d'être et ses manières d'agir. C'est pourquoi il existe une peur d'apprendre dont nous commençons tout juste à prendre la mesure (voir sur ce point les travaux pionniers de Serge Boimare)" (c'est moi qui ai mis en gras)

Ce passage écrit est tiré d'un livre passionnant publié cette année, écrit par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi (chez Stock) : "Transmettre, apprendre".

Je voulais vous faire partager ce texte, car il est au diapason de ce pour quoi je travaille, je milite, je me bats même. Soit construire et mener mon action de maître vers cette dimension existentielle de l'apprentissage en lui accordant concrètement du temps en classe : temps du "Je fais partager"(http://pedagost.over-blog.com/article-27915492.html), temps de la Réflexion collective (http://pedagost.over-blog.com/article-27175727.html), temps d'écritures libres(http://pedagost.over-blog.com/article-28632305.html), temps du questionnement (http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html), et plus largement tous ces moments de coopération, de partage, dans lesquels la technique est mise d'abord au service de la conquête des secrets de la vie, comme dirait Jacques Lévine (lisez donc son livre, "L'enfant philosophe, avenir de l'humanité ?".: http://www.gibertjoseph.com/l-enfant-philosophe-avenir-de-l-humanit-5442051.html)

Cette façon de penser est aussi en résonance avec notre projet des "empêchements à apprendre" vus par les clowns, projet d'ailleurs soutenu par Serge Boimare. J'estime qu'il est néfaste de séparer les résultats de l'apprentissage souvent évalués en compétences de tout ce qui les accompagne et peut délégitimer la valeur de ces compétences :

Apprendre sans en saisir le sens ?

Apprendre et rejeter ?

Apprendre et s'assécher ?

A quel prix ?

Comment pourrions-nous rendre une institution Education Nationale sensible à tout cela ? Elle qui ne voit plus qu'évaluation, contrôle, marche au pas, deux par deux dans les escaliers, progression, programmation. Où la vie est largement étouffée.

Je ne suis guère optimiste... Le sursaut possible n'est pas à l'horizon. Continuons cependant à oeuvrer avec ceux qui partagent ces espoirs d'une autre école, d'un autre apprendre. Sans illusion, mais en faisant tout pour qu'il nous en reste du plaisir : http://laclasseplaisir.eklablog.com/

Car ce métier, nous l'avons bel et bien choisi.

Des plaisirs de classe

Voilà pour se faire plaisir(s) en cette fin d'année, un florilège de témoignages venant d'enseignants de tous niveaux de classe pour dire que les plaisirs de classe, c'est possible... et que ce n'est pas secondaire dans les apprentissages.

501.  C’est quand les élèves ont présenté chacun une petite lecture aux parents venus dans la classe pour cette occasion, et qu’à la fin de chacune de ces lectures, chacun regardait son père ou sa mère avec fierté.

502. C’est quand, pendant le « temps libre et calme », L. est venu me voir pour me dire : "Ce moment-là, ça vaut le coup".

503. C’est quand T., élève encore en CLIN il y a un an, dit à son copain MR en parlant des compléments circonstanciels de temps, « Tu vois c’est facile… » et trouve les mots, que je n’ai jamais trouvés, pour le lui expliquer.

504. C’est quand lors de l’échange bimensuel que nous avons créé entre ma classe de CP-CE1 et la classe de CE2-CM1 de l’école d’à côté, des élèves de la classe la plus âgée ont dit : « Mais alors, les p’tits nous apprennent des choses ! « (lorsque GV. et M. ont présenté une maquette parlant des cow-boys et des colons américains).

505. C’est quand L. au « temps d’accueil » est venue me parler de ses grands-parents qui ont vécu en Pologne et qui ont connu des choses très difficiles. Elle est venue m’en parler parce qu’elle avait vu le panneau sur les enfants juifs déportés devant l’école.

506.  C’est quand MR, après avoir présenté un exposé sur la naissance de l’univers, m’interpelle en se questionnant sur qui du scientifique ou du religieux détient la vérité… il poursuit encore sa quête à ce jour.

507.  C’est quand les élèves de CP-CE1 se répartissent en duo, choisissent ensemble un livre et le lisent, le grand s’efforçant d’aider le plus jeune à déchiffrer le plus de mots possible en s’appuyant sur tous les outils à disposition dans la classe.

508. C’est quand quelques filles, pendant le temps des « projets personnels », se mettent à fabriquer une maquette de parc d’attraction avec manège, circuit de la mort, fontaine, entrée du parc, parce qu’elles ont vu une autre maquette présentée par les élèves d’une classe de plus grands.

509. C’est quand F. se fait applaudir par la classe, car son texte a été retenu lors du vote de texte, et donc sera dans le journal

510.  C’est quand B. s’inscrit enfin au « quoi de neuf » et, après une première tentative de prise de parole infructueuse, présente dans le silence général l’objet qu’il avait rapporté.

511.  C’est quand Z., en CM2, qui refusait de lire à voix haute jusqu’à présent, me lit un court texte en anglais lors des évaluations pour le niveau A1.

512.  C’est quand les élèves organisent eux mêmes des Olympiades, puis des ateliers sur le handicap, les présentent aux autres classes et décident de reconduire ce genre d’actions l’année prochaine au vu de l’enthousiasme général.

513.  C’est quand j’ai vu que le système des ceintures, ou des brevets, où chacun suit son parcours, a permis à J. de faire un bond en avant conséquent en mathématiques.

514.  C’est quand S. s’est mise à lire chaque soir en classe nature, une histoire aux filles de sa chambre.

515. C’est quand, en classe nature, perdu dans une ferme pédagogique au beau milieu de la Haute-Garonne, un de mes élèves de CM2 qui n’a jamais quitté la Porte de Bagnolet à Paris, me demande les yeux pétillants de plaisir « Dis, si je redouble, on reviendra ici l’année prochaine hein ? »

516. C'est quand un CM2 qui va donc quitter l'école décide de présider le dernier conseil car il a pris confiance en lui.

517. C'est quand on fait des maths dehors avec le fichier grandeurs et mesures PEMF et que l'on prend plaisir à mesurer des longueurs.

 518. C'est quand un élève de MS dit à un "grand" qui commence à s'énerver: "T'as qu'à respirer et faire comme la grenouille!" (cf: le livre de méditation pour enfants avec CD "Calme et attentif comme une grenouille")

519. C'est quand deux élèves de GS proposent d'apprendre aux autres à fabriquer des enveloppes pour mettre des mots gentils dans les casiers des copains.

520. C'est quand un élève de GS qui a beaucoup de mal à partager,  apporte sa boîte remplie d'élastiques pour apprendre aux copains à faire des bracelets.

521. C'est quand des garçons plutôt turbulents abandonnent leur jeu pour aider une élève, qui a été absente, à finir son costume de carnaval, en lui demandant comment ils peuvent l'aider.

522. C'est quand un GS de ma classe dit à un élève de ma collègue rentré dans une grosse colère : "Mais tu sais, tu as un grand trésor en toi et tu peux réussir à te calmer !"

523. C 'est quand un Petit de 3 ans, qui ne parlait pas il y a quelques mois, demande à un grand de GS s'il peut l'aider à dessiner un labyrinthe comme lui.

524. C 'est quand au débat philo, un CP qui ne prend pas souvent la parole dit " Peut être qu'avant d'exister dans le ventre des mamans, on existait dans la tête de ses parents amoureux. »

525. C 'est quand une MS, lors de la préparation de la venue des correspondants dit: " On va leur offrir un verre de l'amitié."

526. C 'est quand  un CP en difficulté de communication réussit à émouvoir ses copains en danse de création et qu'un des leaders de la classe lui dit " Ce que tu as dansé m'a fait avoir des larmes dans mes yeux"

527. C 'est quand un PS réussit à fermer tous les boutons pression d'un habit de poupée et qu'un GS le félicite " Bravo pour ta patience et ton courage"

528. C 'est quand un MS nous fait un exposé sur l' Afrique du Sud avec photos choisies avec ses parents et projection sur grand écran.

529. C 'est quand une MS plutot timide et réservée arrive le matin, avec des élastiques et nous dit qu'elle propose un atelier "bracelets" tous les matins pour apprendre aux autres sa nouvelle technique. 18 enfants ont réussi et moi, je me suis inscrite aussi pour réaliser une bague. Quelle fierté dans les yeux de cette petite fille !

530. C'est quand, en plein milieu de notre classe découverte, les enfants de "ma" classe de cycle continuent à penser à :
- notre animatrice, M., qui n'est pas venue cette année avec nous
- nos camarades de l'IME avec qui nous nous rencontrons hebdomadairement depuis le début de l'année.
Et donc d'envoyer des messages, de prévoir des invitations pour la fête de l'école et pour passer ensemble une dernière journée cette année avant les départs en vacances.
Nos camarades de l'IME font donc vraiment partie de notre vie, c'est certain.

531. C’est quansd, en CP-CE1, j'invite des parents à présenter leur métier, on fait une sorte de jeu du portrait pour le découvrir, puis, le métier dévoilé, le parent explique et montre des objets.

532. Mon « c’est quand » : La dernière fois, nous avons reçu une clerc d'avocat. Un enfant de ma classe avait lancé une fois : "La loi on s'en fout". Alors débat sur le tribunal, la loi, la pose de bracelet électronique : C'est V et S qui expliquent à la classe tranquillement que leurs pères ont porté un bracelet parce qu'ils avaient fait des bêtises et qu'ils ne pouvaient se rendre à leur travail que 2 heures par jour,... sans moquerie de la part des autres, tout tranquillement ! C'est M qui s'exprime très peu. "A., le tribunal, c'est là où on va quand les mamans ont des problèmes avec les papas !"

531. C’est quand, pendant la recréation, les enfants veulent arroser les plantes, je sors le tuyau du garage pour remplir les arrosoirs, le tuyau fuit dans le garage, je ne vois rien. Au bout d'un moment l'ATSEM arrive et m'interpelle : "Regarde ce qu'ils font !" Un pur moment de plaisir que je n'ai pu que photographier... et admirer.

532. Petit plaisir d'un  maître E en Rased : Vendredi dernier, en prélude à la fête de la Musique, toutes les classes de l'école ont présenté chacune un chant sur la place du village, accompagnées par un orchestre de jazz. Ce sont "mes" élèves de CM (ceux qui ont participé à un groupe d'aide en lecture dans l'année) qui ont lu au micro les présentations des chants. De la galère pour déchiffrer à la gloire d'être seul au micro devant plusieurs centaines de spectateurs, il y avait une belle revanche et une belle émotion pour eux. Mais aussi pour le maître qui avait lancé cette idée sans filet mais avec la confiance que l'on doit à tout élève quelles que soient ses difficultés.
Et quel bonheur d'entendre L. (pour qui l'apprentissage de la lecture fut un vrai parcours du combattant et qui va partir au collège) coacher ses copains avec beaucoup de pertinence sur les critères d'une bonne lecture oralisée, avant leur montée sur scène !
Pour la fête de la Musique, j'avais le cœur léger et même un peu en goguette ! Va comprendre !

533. C’est quand N., qui après presque dix mois d’individualisme bruyant, voit que L. ne s’en sort pas avec sa lettre à son correspondant et lui tape le texte à l’ordinateur, sans le faire remarquer, naturellement, puis propose la même aide à D., en grande difficulté en écriture.

534. C'est quand R., en PS, petit sauvage sûr de sa toute puissance en début d'année, qu'il a fallu ramener de son rôle de bouc émissaire et accompagner dans le langage, dit "Ça sonne ! Faire silence !" . Et chacun qui se tourne sur son lit et se tait.

535. C’est quand, en PS toujours, A. lit "Roule galette"à sa copine C. qui vient de lui raconter "Le secret". En tournant les pages. Et en mettant le ton et les voix des personnages. Avant d'échanger leurs livres et de recommencer.

536. C'est quand S. qui lance les livres au travers de la pièce jusqu'à l'histoire des "Géants du jardin" dont le héros à le même prénom que lui.

537. C'est quand H. qui apporte deux beaux galets et propose en Conseil de faire "de la musique de cailloux" pour la fête de l'école. 

538. Fin d'année en ITEP ,première année que j'ai la classe, enfants de 9/11ans.
- C'est quand en fin d'année, quand l'emploi du temps a disparu, que tout le monde y compris l'enseignant est fatigué, les enfants écrivent des textes libres, se corrigent grâce aux différents outils et demandent d'afficher leur texte.
- C'est quand en fin d'année, les enfants prennent leur plan de travail et se gèrent tout seul en appliquant les contraintes que j'ai rappelées.

539.C’est quand, en fin d'année de CM1-CM2, avec certains qui sont depuis deux ou trois ans dans ma classe, les CM1 viennent me voir en grand secret: « Est ce qu'on peut prévoir en TI d'écrire à plusieurs pour dire aux CM2 qu'on est triste de les voir partir au collège ? » Puis les CM2 viennent me voir en grand secret: « Est-ce qu'on peut aller dans la salle des maîtres pendant la récré pour préparer un spectacle pour les CM1 pour leur dire qu'on est triste de les quitter ? »

Les Athlètes du Livre

Les enfants auraient fait une année intensive en pratique et en technique de lecture, comme il se doit dans les programmes , dans toutes les classes du CP au CM2. Ils auraient à cœur de montrer leur expertise mûrissante à tous les adultes et également entre eux.

Les beaux jours seraient là, et avec eux une utilisation plus régulière de la cour de récréation envisageable. Les coupes et les trophées livres auraient été commandés.

Nous sommes lundi. Des équipes de quinze élèves, constituées à parts égales, autant que possible, des enfants des classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 sont constituées. Par exemple, l'équipe 1 aura 3 élèves de CP, 3 élèves de CE1, de CE2, de CM1 et de CM2, et ainsi de suite.

La liste des épreuves est communiquée à chaque classe. En voila quelques exemples :

- lecture de vitesse : il s'agit de lire le plus rapidement possible de manière compréhensible, et en respectant la ponctuation, un texte qui est le même pour chaque équipe. Le gagnant est celui qui mettra le moins de temps.

- lecture d'endurance : il convient de lire le plus longtemps possible et sans s'arrêter un livre. Le gagnant est celui qui aura lu le plus longtemps sans s'arrêter.

- lancer de lecture : il s'agit de lire à haute voix un texte, de telle manière qu'un adulte puisse l'entendre clairement à certaines distances (l'adulte recule de trois mètres à chaque tentative). Le gagnant est celui qui aura porté sa voix le plus loin.

- lecture en relais : il s'agit ici d'assurer à dix la lecture d'un texte complet, le même pour tous, composé de dix phrases, sans à-coups. L'équipe gagnante est la plus rapide.

- lecture en longueur : il faudra lire, sans à-coups et sans se tromper, la phrase la plus longue possible. Plusieurs phrases, de plus en plus longues, sont à lire par les compétiteurs. Le gagnant est celui qui aura lu la phrase la plus longue.

- le décath-lecture : il faudra lire un texte, à plusieurs reprises, avec les tons les plus variés possible. L'équipe gagnante est celle qui aura adopté le plus de tons différents possible.

Du mardi jusqu'au vendredi, pendant une heure chaque jour, les équipes constituées se rassemblent pour se répartir par épreuves et les préparer. Elles disposent toutes des mêmes textes et sont entraînées par des adultes de l'école.

Enfin, le vendredi après-midi, démarre la compétition tant attendue ! Des arbitres sont positionnés pour noter les points de chaque équipe et vérifier que l'ensemble des membres de chaque équipe (et pas seulement les meilleurs lecteurs ou ceux issus des "grandes" classes) participent aux épreuves.

A l'issue de la compétition la remise des prix a lieu, sachant que tous les participants seront récompensés par la remise d'un livre.

Les Opérations mathématiques, comme vous n'avez peut-être jamais osé les aborder

Poursuivons nos propositions de "semaine des savoirs", conçues avec Nicolas Janod, avec cette fois-ci une fête préparée en l'honneur des Opérations.

Les opérations mathématiques sont à la fête

A - Préparer la fête

  1. Préparation théâtrale et chorégraphique
    • créer la danse des +, des -, des x et des : avec chaque danse illustrant la technique ou les propriétés de l’opération (des danseurs qui s’ajoutent, qui se retirent, qui se multiplient et qui se partagent).
    • Préparer des sketches à deux clowns dont les costumes additifs, soustractifs, divisifs et multiplicatifs s’opposent.
  2. Préparation musicale
    • créer un morceau de musique additif où obligatoirement des instruments se rajoutent
    • créer un morceau en canon ou les groupes se séparent, se divisent
    • créer un morceau multiplicatif ou les instruments sont tous de la même quantité
  3. Préparation culinaire
    • créer un gâteau multiplicatif où chaque ingrédient est le multiple du précédent
    • créer un gâteau additif composé du plus grand nombre d’ingrédients possibles
    • créer un gâteau soustractif composé
    • créer un gâteau « partageux » en 4, 6 ou 8 … où chaque part est constituée d’ingrédients différents
  4. Préparation philosophique
    • Est-ce qu’on est plus fort ensemble ?
    • Pourquoi dans la vie on a souvent envie d’avoir plus ?
    • C’est quoi partager ?
    • Que pensez-vous de l’expression « diviser pour mieux régner » ?
    • Dans la vie, faut-il gagner ou perdre ?
  5. Préparation baladée à lunettes
    • Balade des opérations : observer dans le quartier tous les moments où il se passe une addition (personnes qui se retrouvent, …), une soustraction (deux amoureux qui se séparent …), un partage
  6. Préparation architecturale
    • Quelle addition ou multiplication voit-on apparaître lorsque l’on observe un immeuble ?
  7. Préparation narrative
    • A partir d’une opération donnée, inventer une histoire dont le propos met en jeu cette opération
  8. Préparation en lien avec la vie quotidienne

Associer le plus possible les élèves aux opérations de la vie quotidienne de la classe et de l’école (coop, nombre d’élèves, partage en équipe, …)

9 Préparation plastique

  • Créer des sculptures de personnages où les personnages se réunissent, se séparent
  • Créer sa poupée russe

10 Préparation in situ

  • Réaliser à la craie dans la cour, une opération monstre, la plus longue et effrayante possible puis « tuer » le monstre en trouvant le résultat.

11 Préparation sportive

  • Prévoir des matchs de boxe entre les opérations, mais les poings sont des mots. C’est celui le plus convaincant pour le jury qui est déclaré vainqueur.

B - Faire la fête aux savoirs

  1. Diviser l’école en quatre peuples : les additifs, les soustractifs, les multiplicatifs et les divisifs avec costumes, défilés, combats (cf. le match de boxe)
  2. Présentation des toutes les réalisations sous forme de stand par classe
  3. Tournoi de boxe

Développer le Questionnement dans l'école

Cette année, dans notre école, nous portons notre projet d'école sur les situations-problèmes mathématiques, mais j'ai pensé aussi qu'il fallait élargir nos investigations vers une idée plus large, qu'est le questionnement, en général, pas seulement mathématique. Il me parait en effet essentiel de favoriser le questionnement chez les enfants, dès le plus jeune âge.

 

Ainsi, depuis ce début d'année, chaque classe de CP et CE1 consacre un temps spécifique à l'émergence de questions qui viennent des enfants, nous procédons ensuite à un vote pour la "question de la semaine", puis nous nous proposons d'y répondre, la semaine qui suit. Ce qui laisse le temps aux enfants, aidés par leurs parents, et à l'enseignant de mener une éventuelle recherche documentaire.

 

Voilà les premières questions choisies par ma classe de CP/CE1 :

1) Qu'est-ce qu'il y a après l'infini ?

2) Comment se forme un arc-en ciel ?

3) Pourquoi les chiffres s'écrivent 1, 2, 3, etc. ?

4) Comment s'est formée la Terre ?

 

En parallèle à ces moments de questionnement, j'ai choisi de mener nos premiers ateliers de réflexion collective aussi sur ce thème :

 

- Pourquoi nous posons-nous des questions ?

- Quelle serait pour toi la question la plus importante au monde ?

L'Imaginaire à l'Ecole !

Dans l'esprit des projets "Semaine des savoirs", voilà des propositions quelque peu singulières, dans lesquelles l'imaginaire est à la fête. Ca ne peut que faire du bien dans une école de sortir des rituels trop traditionnels et de mettre le fonctionnement habituel sens dessus-dessous...

L’imaginaire est à la fête

  1. Préparer la fête
    1. Préparation théâtrale et chorégraphique
      • Réaliser la danse la moins esthétique possible
      • Inventer des pièces de théâtre avec le plus de choses interdites pour les enfants (mais sans vulgarité, violence, …)
    2. Préparation musicale
      • Créer un morceau avec plein de sons d’instruments mais sans utiliser d’instruments de musique.
    3. Préparation culinaire
      • Réaliser un dessert avec des légumes, un plat avec des fruits
    4. Préparation philosophique
      • Et si nous n’existions pas ?
      • Et si les hommes pouvaient être « enceintes » ?
      • Et s’il n’y avait plus que des enfants ?
    5. Préparation baladée à lunettes
      • Imaginer sans bouger et enregistrer, avec nos émotions supposées, une balade dans le quartier. La faire ensuite pour de vrai et mesurer l’écart entre l’imaginé et le réel.
      • Imaginer une balade à lunettes dans le quartier, mais quand c’est le soir. Décrire cette balade.
      • Faire une balade à lunettes les yeux fermés et dire ce qu’on « voit ».
    6. Préparation architecturale
      • Chercher dans le quartier, l’environnement proche, tout ce qui n’est pas là, mais qui pourrait être judicieusement ajouté pour que cela soit mieux.
    7. Préparation narrative
      • Inventer des histoires qui commencent par la fin et se terminent par le début.
      • Réécrire l’Histoire :

Et si les dinosaures ne s’étaient pas éteints ?

Et si l’homme n’avait pas découvert le feu ?

Et si Rome n’avait pas régné sur le monde ?

Et si les animaux dominaient les hommes ?

Et si l’Allemagne nazie avait gagné la guerre ?

Et si la révolution française n’avait pas eu lieu ?

Et si on avait utilisé la bombe atomique pendant la guerre froide ?

Et si les martiens débarquaient sur terre ?

8. Préparation en lien avec la vie quotidienne

  • Faire un moment de classe ou les enfants deviennent enseignants et l’enseignant devient un enfant
  • Faire un moment de classe ou les élèves les plus turbulents deviennent les plus sages et inversement.
  • Faire une matinée ou les temps de classe et les temps de récréation sont inversés.

9. Préparation plastique

  • Réaliser une œuvre olfactive, tactile, auditive, gustative qui sera exposée lors de la fête de l’école.

10. Préparation in situ

  • Imaginer la cour, la classe, les enseignants, l’école, tel qu’on pourrait les rêver.

11. Préparation sportive

  • Créer un sport de raquette qui se joue avec les pieds. Une course de vitesse où il faudrait être le plus lent possible (arriver le dernier). Une activité de lutte où on ne se touche pas.

2. Faire la fête aux savoirs

  • Exposition des œuvres non visuelles.
  • Espace sonore avec les balades à lunettes imaginaires.
  • Compétitions sportives avec les activités inventées.
  • Lecture des histoires réécrites.
  • Dégustation des plats originaux.
  • Présentations des pièces de théâtre, des danses et des musiques.
  • Diviser la cour en autant de classes qu’il y a dans l’école. Ajouter le bureau du directeur. Faire un moment de classe, commun, mais qui se passe dans la cour. Le mobilier de la classe sera tracé, à la craie, sur le sol de la cour.