Travaillez les "empêchements à apprendre" en classe

En attendant la création cet automne d'un site dédié à ce thème, avec scènes clownesques et pistes pédagogiques, voilà un lien pour pouvoir visionner les scènes avec vos élèves : situation d'empêchement, questions, "solutions".
https://vimeo.com/user16519155/videos

Et puis quelques conseils :

- Nous vous conseillons d’inscrire l’étude de ces empêchements dans l'emploi du temps de votre classe, de façon à ritualiser ce moment et à lui donner toute son importance.

- Nous vous conseillons de ne pas réserver ces empêchements à apprendre aux élèves dits en difficulté, car la difficulté peut cohabiter avec une apparente réussite scolaire. De plus, le risque de stigmatisation des « mauvais » élèves pourrait alors advenir.

- Nous préconisons une approche de chaque empêchement en plusieurs temps :

            1 – La découverte par les élèves de la situation vécue par les clowns et de leurs émotions, ce qui va permettre une appropriation ludique du problème, puis son déplacement vers le vécu scolaire des élèves, soit par un échange oral, soit par du passage à l’écrit individuel. L’essentiel étant que la parole de chacun soit volontaire et non évaluée.

            2 – La découverte de chaque solution clownesque, ce qui permettra un échange sur l’intérêt de leurs solutions, mais aussi l’émergence de propositions et idées venant du groupe-classe lui-même. Avec la possibilité de les transmettre sur ce site.

            3 – Le visionnage des questions des clowns, ce qui pourra ouvrir sur des moments de réflexion collective autour des questions intéressant en priorité les élèves.


Bonne rentrée

Empêchements clownesques : LE RETOUR

Ça y est, les empêchements clownesques sont de retour ! Tout beaux, tout neufs, dans leurs habits professionnels - avec quelques mouches non invitées qui ont tapé l'incruste... Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous livrer en avant-première un des vingt empêchements.

 

Mais avant cela, quelques infos sur le projet de lutter contre les empêchements à apprendre grâce aux clowns :

- En juillet, nous avons rejoué et tourné toutes les scènes : la situation initiale, les émotions des clowns, leurs questions, et enfin leurs drôles de solutions. Avec l'assistance technique et artistique de notre vidéaste, Hélène Crouzillat, et grâce au concours financier d'une bonne centaine de contributeurs sur Ulule, ainsi que le soutien de l'Occe Paris et de la Maif.

- Cet automne, nous ouvrirons un site, lui aussi tout neuf et tout beau - nous l'espérons - dédié à ces fameux empêchements à apprendre. Avec les scènes vidéos, mais aussi de nombreuses pistes pédagogiques destinées à tous les enseignants et éducateurs souhaitant concourir à enrayer ces inévitables obstacles aux apprentissages.

 

Trêve de mots, place à nos premières vidéos.

Des plaisirs de classe

Voilà pour se faire plaisir(s) en cette fin d'année, un florilège de témoignages venant d'enseignants de tous niveaux de classe pour dire que les plaisirs de classe, c'est possible... et que ce n'est pas secondaire dans les apprentissages.

501.  C’est quand les élèves ont présenté chacun une petite lecture aux parents venus dans la classe pour cette occasion, et qu’à la fin de chacune de ces lectures, chacun regardait son père ou sa mère avec fierté.

502. C’est quand, pendant le « temps libre et calme », L. est venu me voir pour me dire : "Ce moment-là, ça vaut le coup".

503. C’est quand T., élève encore en CLIN il y a un an, dit à son copain MR en parlant des compléments circonstanciels de temps, « Tu vois c’est facile… » et trouve les mots, que je n’ai jamais trouvés, pour le lui expliquer.

504. C’est quand lors de l’échange bimensuel que nous avons créé entre ma classe de CP-CE1 et la classe de CE2-CM1 de l’école d’à côté, des élèves de la classe la plus âgée ont dit : « Mais alors, les p’tits nous apprennent des choses ! « (lorsque GV. et M. ont présenté une maquette parlant des cow-boys et des colons américains).

505. C’est quand L. au « temps d’accueil » est venue me parler de ses grands-parents qui ont vécu en Pologne et qui ont connu des choses très difficiles. Elle est venue m’en parler parce qu’elle avait vu le panneau sur les enfants juifs déportés devant l’école.

506.  C’est quand MR, après avoir présenté un exposé sur la naissance de l’univers, m’interpelle en se questionnant sur qui du scientifique ou du religieux détient la vérité… il poursuit encore sa quête à ce jour.

507.  C’est quand les élèves de CP-CE1 se répartissent en duo, choisissent ensemble un livre et le lisent, le grand s’efforçant d’aider le plus jeune à déchiffrer le plus de mots possible en s’appuyant sur tous les outils à disposition dans la classe.

508. C’est quand quelques filles, pendant le temps des « projets personnels », se mettent à fabriquer une maquette de parc d’attraction avec manège, circuit de la mort, fontaine, entrée du parc, parce qu’elles ont vu une autre maquette présentée par les élèves d’une classe de plus grands.

509. C’est quand F. se fait applaudir par la classe, car son texte a été retenu lors du vote de texte, et donc sera dans le journal

510.  C’est quand B. s’inscrit enfin au « quoi de neuf » et, après une première tentative de prise de parole infructueuse, présente dans le silence général l’objet qu’il avait rapporté.

511.  C’est quand Z., en CM2, qui refusait de lire à voix haute jusqu’à présent, me lit un court texte en anglais lors des évaluations pour le niveau A1.

512.  C’est quand les élèves organisent eux mêmes des Olympiades, puis des ateliers sur le handicap, les présentent aux autres classes et décident de reconduire ce genre d’actions l’année prochaine au vu de l’enthousiasme général.

513.  C’est quand j’ai vu que le système des ceintures, ou des brevets, où chacun suit son parcours, a permis à J. de faire un bond en avant conséquent en mathématiques.

514.  C’est quand S. s’est mise à lire chaque soir en classe nature, une histoire aux filles de sa chambre.

515. C’est quand, en classe nature, perdu dans une ferme pédagogique au beau milieu de la Haute-Garonne, un de mes élèves de CM2 qui n’a jamais quitté la Porte de Bagnolet à Paris, me demande les yeux pétillants de plaisir « Dis, si je redouble, on reviendra ici l’année prochaine hein ? »

516. C'est quand un CM2 qui va donc quitter l'école décide de présider le dernier conseil car il a pris confiance en lui.

517. C'est quand on fait des maths dehors avec le fichier grandeurs et mesures PEMF et que l'on prend plaisir à mesurer des longueurs.

 518. C'est quand un élève de MS dit à un "grand" qui commence à s'énerver: "T'as qu'à respirer et faire comme la grenouille!" (cf: le livre de méditation pour enfants avec CD "Calme et attentif comme une grenouille")

519. C'est quand deux élèves de GS proposent d'apprendre aux autres à fabriquer des enveloppes pour mettre des mots gentils dans les casiers des copains.

520. C'est quand un élève de GS qui a beaucoup de mal à partager,  apporte sa boîte remplie d'élastiques pour apprendre aux copains à faire des bracelets.

521. C'est quand des garçons plutôt turbulents abandonnent leur jeu pour aider une élève, qui a été absente, à finir son costume de carnaval, en lui demandant comment ils peuvent l'aider.

522. C'est quand un GS de ma classe dit à un élève de ma collègue rentré dans une grosse colère : "Mais tu sais, tu as un grand trésor en toi et tu peux réussir à te calmer !"

523. C 'est quand un Petit de 3 ans, qui ne parlait pas il y a quelques mois, demande à un grand de GS s'il peut l'aider à dessiner un labyrinthe comme lui.

524. C 'est quand au débat philo, un CP qui ne prend pas souvent la parole dit " Peut être qu'avant d'exister dans le ventre des mamans, on existait dans la tête de ses parents amoureux. »

525. C 'est quand une MS, lors de la préparation de la venue des correspondants dit: " On va leur offrir un verre de l'amitié."

526. C 'est quand  un CP en difficulté de communication réussit à émouvoir ses copains en danse de création et qu'un des leaders de la classe lui dit " Ce que tu as dansé m'a fait avoir des larmes dans mes yeux"

527. C 'est quand un PS réussit à fermer tous les boutons pression d'un habit de poupée et qu'un GS le félicite " Bravo pour ta patience et ton courage"

528. C 'est quand un MS nous fait un exposé sur l' Afrique du Sud avec photos choisies avec ses parents et projection sur grand écran.

529. C 'est quand une MS plutot timide et réservée arrive le matin, avec des élastiques et nous dit qu'elle propose un atelier "bracelets" tous les matins pour apprendre aux autres sa nouvelle technique. 18 enfants ont réussi et moi, je me suis inscrite aussi pour réaliser une bague. Quelle fierté dans les yeux de cette petite fille !

530. C'est quand, en plein milieu de notre classe découverte, les enfants de "ma" classe de cycle continuent à penser à :
- notre animatrice, M., qui n'est pas venue cette année avec nous
- nos camarades de l'IME avec qui nous nous rencontrons hebdomadairement depuis le début de l'année.
Et donc d'envoyer des messages, de prévoir des invitations pour la fête de l'école et pour passer ensemble une dernière journée cette année avant les départs en vacances.
Nos camarades de l'IME font donc vraiment partie de notre vie, c'est certain.

531. C’est quansd, en CP-CE1, j'invite des parents à présenter leur métier, on fait une sorte de jeu du portrait pour le découvrir, puis, le métier dévoilé, le parent explique et montre des objets.

532. Mon « c’est quand » : La dernière fois, nous avons reçu une clerc d'avocat. Un enfant de ma classe avait lancé une fois : "La loi on s'en fout". Alors débat sur le tribunal, la loi, la pose de bracelet électronique : C'est V et S qui expliquent à la classe tranquillement que leurs pères ont porté un bracelet parce qu'ils avaient fait des bêtises et qu'ils ne pouvaient se rendre à leur travail que 2 heures par jour,... sans moquerie de la part des autres, tout tranquillement ! C'est M qui s'exprime très peu. "A., le tribunal, c'est là où on va quand les mamans ont des problèmes avec les papas !"

531. C’est quand, pendant la recréation, les enfants veulent arroser les plantes, je sors le tuyau du garage pour remplir les arrosoirs, le tuyau fuit dans le garage, je ne vois rien. Au bout d'un moment l'ATSEM arrive et m'interpelle : "Regarde ce qu'ils font !" Un pur moment de plaisir que je n'ai pu que photographier... et admirer.

532. Petit plaisir d'un  maître E en Rased : Vendredi dernier, en prélude à la fête de la Musique, toutes les classes de l'école ont présenté chacune un chant sur la place du village, accompagnées par un orchestre de jazz. Ce sont "mes" élèves de CM (ceux qui ont participé à un groupe d'aide en lecture dans l'année) qui ont lu au micro les présentations des chants. De la galère pour déchiffrer à la gloire d'être seul au micro devant plusieurs centaines de spectateurs, il y avait une belle revanche et une belle émotion pour eux. Mais aussi pour le maître qui avait lancé cette idée sans filet mais avec la confiance que l'on doit à tout élève quelles que soient ses difficultés.
Et quel bonheur d'entendre L. (pour qui l'apprentissage de la lecture fut un vrai parcours du combattant et qui va partir au collège) coacher ses copains avec beaucoup de pertinence sur les critères d'une bonne lecture oralisée, avant leur montée sur scène !
Pour la fête de la Musique, j'avais le cœur léger et même un peu en goguette ! Va comprendre !

533. C’est quand N., qui après presque dix mois d’individualisme bruyant, voit que L. ne s’en sort pas avec sa lettre à son correspondant et lui tape le texte à l’ordinateur, sans le faire remarquer, naturellement, puis propose la même aide à D., en grande difficulté en écriture.

534. C'est quand R., en PS, petit sauvage sûr de sa toute puissance en début d'année, qu'il a fallu ramener de son rôle de bouc émissaire et accompagner dans le langage, dit "Ça sonne ! Faire silence !" . Et chacun qui se tourne sur son lit et se tait.

535. C’est quand, en PS toujours, A. lit "Roule galette"à sa copine C. qui vient de lui raconter "Le secret". En tournant les pages. Et en mettant le ton et les voix des personnages. Avant d'échanger leurs livres et de recommencer.

536. C'est quand S. qui lance les livres au travers de la pièce jusqu'à l'histoire des "Géants du jardin" dont le héros à le même prénom que lui.

537. C'est quand H. qui apporte deux beaux galets et propose en Conseil de faire "de la musique de cailloux" pour la fête de l'école. 

538. Fin d'année en ITEP ,première année que j'ai la classe, enfants de 9/11ans.
- C'est quand en fin d'année, quand l'emploi du temps a disparu, que tout le monde y compris l'enseignant est fatigué, les enfants écrivent des textes libres, se corrigent grâce aux différents outils et demandent d'afficher leur texte.
- C'est quand en fin d'année, les enfants prennent leur plan de travail et se gèrent tout seul en appliquant les contraintes que j'ai rappelées.

539.C’est quand, en fin d'année de CM1-CM2, avec certains qui sont depuis deux ou trois ans dans ma classe, les CM1 viennent me voir en grand secret: « Est ce qu'on peut prévoir en TI d'écrire à plusieurs pour dire aux CM2 qu'on est triste de les voir partir au collège ? » Puis les CM2 viennent me voir en grand secret: « Est-ce qu'on peut aller dans la salle des maîtres pendant la récré pour préparer un spectacle pour les CM1 pour leur dire qu'on est triste de les quitter ? »

Les empêchements à apprendre vus par des élèves

Pendant quelques semaines, j'ai eu la chance, grâce à une association d'aide aux élèves, les amis de la Bienvenue, de mener des débats avec quelques enfants de 8 à 12 ans autour de situations pouvant créer des empêchements.

 

Comme vous allez pouvoir l'entendre, les réflexions des enfants sont pleines de vie, d'émotions et de profondeur. Et une fois de plus, elles attestent la nécessité de ne pas mettre ces empêchements à apprendre de côté.

 

1) L'enseignant qui fait peur : Débat

 

2) Quand on a des soucis : Débat

 

3) Quand on est "ailleurs" : Débat

 

4) Quand on est rejeté par les autres : Débat

 

Pour soutenir le projet : http://fr.ulule.com/clowns/

Nos Questions

Cette année, j'ai lancé avec mes CP/CE1 un moment appelé "Nos questions" : Tous les jeudis, les enfants qui le veulent proposent leur question, à laquelle on peut essayer de répondre par une recherche (et pas une question "philo" qui est débattue à un autre moment de classe, dans un temps appelé "Je réfléchis").

J'écris six questions au tableau proposées par les enfants ce jour-là (je ne les écris pas en entier, mais avec un ou deux mots-clés) puis nous procédons au vote à main levée de la question de la semaine.
Ensuite, les enfants recopient la question votée entière dans leur cahier de liaison.

Le lundi suivant, nous consacrons un temps de classe à la réponse à cette question à partir des recherches des enfants qui ont pu la mener en classe ou chez eux (aidés par leurs parents) et à partir de ma propre recherche documentaire (souvent à l'aide d'Encycoop, Vikidia ou Mes Ptits Docs)

Voilà l'ensemble des sujets abordés depuis le début de l'année :
- Comment la Terre a été créée ?
- Comment arrive l’électricité ?
- Pourquoi les chiffres s’écrivent ainsi ?
- Pourquoi les animaux parlent autrement que les hommes ?
- Comment se fait un arc-en-ciel ?
- Pourquoi il y a-t-il de la poussière ?
- Pourquoi les arbres nous aident-ils à respirer ?
- Qu’est-ce qu’il y a après l’infini ?
- Pourquoi on donne des noms aux choses ?
- Pourquoi on ne parle pas tous la même langue ?
- C’est qui le premier homme ?
- Comment communiquent les fourmis ?
- C’est comment le Soleil ?
- C’est comment un volcan ?
- Comment les avions en papier volent-ils ?
- Comment fait-on les parfums ?
- Pourquoi n’y a-t-il plus de rois ?
- C’était comment la Terre au temps des dinosaures ?
- Pourquoi il y a-t-il de la neige en hiver ?
- Pourquoi les enfants ne votent-ils pas ?
- Pourquoi certains animaux volent-ils ?
- Pourquoi grandissons-nous ?
- Pourquoi a-t-on invent
é les bonbons ?
- Comment a commencé le ski ?
- Pourquoi on vit et puis on meurt ?
- Comment peut-on prévoir le temps qu’il fait ?
- Comment fabrique-t-on le métal ?
- Pourquoi n’avons-nous pas trop envie de manger des légumes ? - Pourquoi et comment fait-on caca ?

C'est un moment très riche, les questions des enfants ne manquent pas, et maintenant que je liste pour vous l'ensemble des questions de cette année (pas finie), je me dis une nouvelle fois qu'il faut vraiment faire valser les idées de progression, programmation, et même de programme qui convient au niveau de classe pour mettre en avant les temps qui font surgir, qui font partager, qui font oser, qui font penser.

Les Athlètes du Livre

Les enfants auraient fait une année intensive en pratique et en technique de lecture, comme il se doit dans les programmes , dans toutes les classes du CP au CM2. Ils auraient à cœur de montrer leur expertise mûrissante à tous les adultes et également entre eux.

Les beaux jours seraient là, et avec eux une utilisation plus régulière de la cour de récréation envisageable. Les coupes et les trophées livres auraient été commandés.

Nous sommes lundi. Des équipes de quinze élèves, constituées à parts égales, autant que possible, des enfants des classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 sont constituées. Par exemple, l'équipe 1 aura 3 élèves de CP, 3 élèves de CE1, de CE2, de CM1 et de CM2, et ainsi de suite.

La liste des épreuves est communiquée à chaque classe. En voila quelques exemples :

- lecture de vitesse : il s'agit de lire le plus rapidement possible de manière compréhensible, et en respectant la ponctuation, un texte qui est le même pour chaque équipe. Le gagnant est celui qui mettra le moins de temps.

- lecture d'endurance : il convient de lire le plus longtemps possible et sans s'arrêter un livre. Le gagnant est celui qui aura lu le plus longtemps sans s'arrêter.

- lancer de lecture : il s'agit de lire à haute voix un texte, de telle manière qu'un adulte puisse l'entendre clairement à certaines distances (l'adulte recule de trois mètres à chaque tentative). Le gagnant est celui qui aura porté sa voix le plus loin.

- lecture en relais : il s'agit ici d'assurer à dix la lecture d'un texte complet, le même pour tous, composé de dix phrases, sans à-coups. L'équipe gagnante est la plus rapide.

- lecture en longueur : il faudra lire, sans à-coups et sans se tromper, la phrase la plus longue possible. Plusieurs phrases, de plus en plus longues, sont à lire par les compétiteurs. Le gagnant est celui qui aura lu la phrase la plus longue.

- le décath-lecture : il faudra lire un texte, à plusieurs reprises, avec les tons les plus variés possible. L'équipe gagnante est celle qui aura adopté le plus de tons différents possible.

Du mardi jusqu'au vendredi, pendant une heure chaque jour, les équipes constituées se rassemblent pour se répartir par épreuves et les préparer. Elles disposent toutes des mêmes textes et sont entraînées par des adultes de l'école.

Enfin, le vendredi après-midi, démarre la compétition tant attendue ! Des arbitres sont positionnés pour noter les points de chaque équipe et vérifier que l'ensemble des membres de chaque équipe (et pas seulement les meilleurs lecteurs ou ceux issus des "grandes" classes) participent aux épreuves.

A l'issue de la compétition la remise des prix a lieu, sachant que tous les participants seront récompensés par la remise d'un livre.

Se questionner pour savoir... ou pour réfléchir

Cette année, dans ma classe, c'est l'année du questionnement tous azimuts :

- la question posée jeudi et traitée lundi avec un essai de réponse (moment appelé "Nos questions")

- la question plus philosophique du jeudi qui n'attend pas une réponse mais simplement un échange (moment appelé "Je réfléchis")

http://pedagost.over-blog.com/2014/01/questionnons-les-savoirs.html

 

Tous les jeudis, les enfants proposent six questions auxquelles ils aimeraient qu'on apporte une réponse (ce que nous faisons le lundi suivant).

Parmi ces questions, il arrive souvent qu'une de ces questions soit plus philosophique ou psychologique, et j'ai choisi depuis peu d'accueillir ces questions des enfants pour le "Je réfléchis".

 

Les voilà :

 

1) Pourquoi on n'est pas tous parfaits ?

 

2) Pourquoi parfois certains parents divorcent ?

Je n'ai pas mis l'enregistrement, car il y a trop de paroles très personnelles. Il n'empêche que ce temps d'échange fut d'une grande richesse.

 

3) Pourquoi parfois, on fait l'école à la maison ?

 

4) Est-ce que les fantômes existent ?

Lire en CP : La pratique du Texte-Initiales

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire sur cette pratique, mais je n'hésite pas à en ajouter une couche, car je crois que découvrir un texte d'album de lecture en CP avec des lecteurs et non-lecteurs est un vrai problème.

En effet, comment concilier l'attente des lecteurs, pressés de lire comme des grands le nouveau texte, et forcés de se taire pour ne pas déflorer l'histoire et le temps de la découverte, et la difficulté des non-lecteurs, ayant face à eux un texte composé de mots encore complexes, s'il s'agit bien sûr d'un vrai texte d'album et non d'un texte artificiel de manuel.

Alors, j'ai trouvé l'idée du Texte-Initiales.

1) Le nouveau texte est au tableau, mais seulement avec la première lettre de chaque mot et un trait pour représenter la suite du mot.

2) Nous découvrons ensemble l'album dans sa matérialité pour entrer dans son contexte : personnages, début de l'histoire, illustrations.

3) C'est ensuite aux enfants de reconstituer peu à peu le texte du tableau, en s'aidant de la première lettre, de la longueur des mots, d'hypothèses sur l'histoire. Et puis, le texte qui se reconstitue peu à peu va donner des indices... Les bons lecteurs s'attaqueront aux mots longs, ceux que l'on doit deviner en faisant des hypothèses. Les lecteurs plus hésitants, eux, pourront commencer par les petits mots, souvent déjà rencontrés auparavant.

Je mène cette pratique avec un petit jeu à points, mais ce n'est pas du tout nécessaire. D'ailleurs, je ne le fais pas souvent ainsi.

Voilà une vidéo concrétisant l'idée :

Prendre le temps de l'accueil

Ça fait plusieurs articles que j'écris dans ce blog sur ce temps de l'accueil, le démarrage en douceur de la journée de classe, un moment à rebours de toutes les conceptions utilitaristes de l'éducation, où il ne faut absolument pas perdre de temps.

A rebours aussi de ces pratiques de classe qui se répandent en ce moment et qui mettent la pratique des rituels au programme du démarrage de classe : petits rituels de mathématiques ou de français, que j'ai observés chez des collègues, qui mettent tout de suite les élèves en activité, alors que je considère au contraire nécessaire de faire du début de journée un sas entre la maison et l'école, un moment pour s'approprier l'espace de la classe, ses camarades, l'enseignant, les projets en cours.

Voyez comment ça peut se passer :

"Les empêchements à apprendre" : chronique du Café pédagogique

Daniel Gostain et le défi des empêchements d'apprendre

Moi c'était un prof de SVT au nom un peu ridicule mais à la carrure impressionnante. Il terrorisait ses sixièmes. Sans doute, pour lui, fallait-il être craint pour être obéi. De notre coté, toute notre énergie passait à éviter son regard et à littéralement disparaitre de son champ visuel. Mais peut-on être compris dans le désert d'une classe muette d'effroi ? Ce moment personnel, Daniel Gostain le fait revivre et le transforme en fable pédagogique à travers des vidéos où sa troupe de clowns interrogent les empêchements d'apprendre. Une sacrée aventure pédagogique !

Pour devenir un prof pas commun mieux vaut commencer par un parcours pas ordinaire. Daniel Gostain n'est pas tombé tout petit dans la marmite enseignante. Il a commencé sa vie professionnelle par une école de commerce prestigieuse et un travail de commercial. "J'ai appris des choses, par exemple écouter, me décentrer pour suivre mon interlocuteur", nous dit-il. "Mais j'avais l'impression de faire des choses sans sens". En vendant ses livres, il perdait son temps et ne retrouvait du punch qu'en encadrant des colonies de vacances. Alors la balance a vite été faite. Adieu la paye, bonjour les valeurs ! A 33 ans, le jeune commercial réussit le concours des écoles. Daniel Gostain se retrouve enfin à sa vraie place : devant des élèves, à Paris, au primaire. Aujourd'hui il enseigne en CP/CE1 dans un quartier populaire du nord est parisien.

L'empêchement d'apprendre est devenu une signature des élèves français dans Pisa. Plus que les autres, ils ont peur de répondre de façon erronée. Ils ne répondent pas et semblent très mal à l'aide dès que l'on sort des schémas classiques pour utiliser des compétences en situation non scolaire. On en a tous fait l'expérience. Pas forcément celle des empêchements liés à la peur du maître. Il y aussi, d'après Daniel Gostain, ceux qui sont liés à l'élève : la peur de rater, les soucis, la honte. Ceux qui viennent de la famille : trop différente de l'école ou trop indifférente à moi. Ou encore ceux qui sont liés aux savoirs : à quoi ça sert ce qu'on apprend ? N'est ce pas trop difficile ?

Avant Pisa, des chercheurs ont travaillé ces empêchements d'apprendre et Daniel Gostain s'en inspire. Il a travaillé avec Jacques Lévine, l'initiateur et l'inspirateur de l'AGSAS et , bien sur, avec Serge Boimare. Pour ce dernier, "il y a des enfants qui arrivent à l’école sans compétence psychique pour apprendre. L’apprentissage implique une confrontation avec le manque et l’attente, la solitude. Dans cette situation, ces enfants sont pris par un sentiment parasite, une émotion trop forte. Pour eux le moment de doute est désorganisateur et ils construisent des stratégies pour l’éviter. Ce n’est pas par des exercices d’entrainement qu’on va les sortir de ces difficultés".

Alors comment faire ? Daniel Gostain a découvert "son clown". Il peut faire vivre un clown sympathique. Avec ses collègues de la Compagnie "Tape l'incruste", ils sont rodés aux numéros qui croisent les personnages de chacun. Si Serge Boimare passait par la mythologie et le conte pour dépasser les empêchements d'apprendre, Daniel Gostain appelle son clown. Avec cette technique il entre directement dans un univers qui est celui de l'enfance et qui entretient une distance savante avec l'empêchement.

"Je suis contre le volontarisme. Je suis dans le permettre, le laisser venir", nous dit-il. "Je mets en place des situations qui permettent à l'enfant de s'exprimer s'il le souhaite". Avec une quarantaine d'enseignants, un groupe s'est constitué qui a répertorié une vingtaine d'empêchements. Le groupe imagine maintenant des scénarios à aborder en classe. Il construit petit à petit une bibliothèque de vidéos où les clowns abordent les différents empêchements d'apprendre. Il y a les courtes vidéos sur "Je n'arrive pas à le dire", "Je passe d'une idée à une autre", "J'ai honte de moi", "Je ne suis pas comme les autres", "Je en suis pas au niveau" et encore beaucoup d'autres dont "Il nous fait peur ".

"Il ne s'agit pas de mettre l'élève face à son empêchement", nous dit il. "Mais de faire réfléchir un groupe d'enfants sur des situations avec l'aide des clowns". Daniel Gostain fait volontiers appel aux techniques du Théâtre forum où un enfant peut intervenir dans le spectacle pour empêcher une action et réécrire l'histoire. C'est ce travail d'expression qui permet de dépasser les empêchements. Avec les enfants rien de plus facile que de s'emparer des vidéos de Daniel Gostain.

François Jarraud

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