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La Phrase du jour

Le titre de ce billet pourrait faire penser à une activité qui se pratique de plus en plus souvent en classes, la plupart du temps en début de journée, intitulée aussi "La Phrase du jour".  L'enseignant écrit une phrase à partir de laquelle une analyse grammaticale est effectuée. Les phrases choisies par l'enseignant sont faites pour travailler un thème précis en grammaire.

 

Ce que je vais vous présenter aujourd'hui se différencie sur de nombreux points de cette pratique et se rapproche bien davantage d'un des principes défendus en pédagogie Freinet : partir des textes des enfants pour apprendre à lire, à écrire, à étudier la langue, à correspondre, etc.

 

En effet :

1) La phrase que nous allons étudier est proposée par un élève de façon spontanée, glissée dans mon oreille lors du temps de l'Accueil.

2) L'activité autour de cette phrase ne se limite pas à une analyse grammaticale, mais touche aussi à un vrai travail de compréhension, fait de contextualisation, d'hypothèses orthographiques, et seulement après de recherche grammaticale. Le tout porté par le désir qu'ils ont de deviner ce qu'a bien pu proposer leur camarade.

 

Pour ces deux raisons, je considère que les enfants se sentent bien davantage impliqués pendant ce temps, et que nous pouvons donc parler de "plaisir de classe".

 

Le point de départ de l'activité est venu de moi : un matin, j'ai été heureux de voir que de plus en plus d'élèves me disaient bonjour dans la cour, sans que je le demande. Alors, j'ai voulu leur faire partager cette satisfaction personnelle, mais plutôt que de passer par l'oral, je l'ai écrit au tableau sous une forme que j'affectionne, celle du Texte-Initiale (Le Texte-Initiale).

J__ s____ b____ c________ q__ n_____ n_____d_______ b__________ l_ m__________ !

(Je suis bien content que nous nous disions bonjour le matin !)

 

Les enfants ont découvert ce texte énigmatique, avec sous chaque mot un numéro. L'activité qui a suivi a été de recomposer le texte : chaque enfant me proposait une lettre pour le mot qu'il m'indiquait (par exemple le "o" après le "c" de "content"). Si la lettre était juste, il pouvait en proposer une seconde, sinon, nous passions à un autre enfant. Peu à peu, le texte apparaissait, les enfants, très actifs, se lançant dans une vraie conquête de la langue comme des aventuriers.

 

Une fois, le texte finalisé, nous passions à un petit moment grammatical : recherche de la nature des mots (déterminant, nom commun, nom propre, verbe) et nous finissions par des propositions d'enrichissement oral du texte à l'aide d'adjectifs.

 

Depuis ce premier temps que j'ai initié, chaque matin ou presque, un enfant me glisse dans la cour en secret un texte court à partir duquel nous menons l'activité.

 

Voilà un exemple en vidéo et une photo :

 

 

Plaisir VECU 900 : La Phrase du jour

Le visage de Fahd reflète bien la fierté que peut éprouver un enfant à ce que sa phrase devienne celle de toute la classe.

 

Cette association du "Je fais partager une phrase" (Le "Je fais partager") et du "Texte-Initiale" m'a semblé intéressante à vous décrire !

Faire du savoir un personnage (1)

Si vous parcourez ce blog régulièrement, vous pouvez y déceler un mélange de pédagogie Freinet, d'influences clownesques, à travers notamment le projet des "empêchements à apprendre" (http://www.empechementsaapprendre.com/), et un certain goût pour l'incarnation des savoirs, qu'on retrouve dans le livre que j'ai écrit, "Verbes, Sujets et compagnie".

 

Cette semaine, avec ma classe de CE1, nous avons commencé à étudier, en chercheur d'indices, ce qui constitue une phrase. Les enfants en ont inventé chacun une de leur choix puis nous en avons analysé deux prises au hasard au tableau.

 

Les voilà :

1) Le roi vit dans un château royal.

2) Une jument court dans des pierres.

 

Je leur ai demandé de dire ce qu'ils voyaient. La première, L., a remarqué que deux mots se ressemblaient : "un" et "une". Et puis, N. a ajouté que "le" et "des" ne leur ressemblaient pas mais étaient sans doute de la même famille, celle des petits mots. Alors, nous avons cherché à comprendre l'intérêt de ces mots, et très vite, les sens de singulier/pluriel et de masculin/féminin ont émergé. Un enfant nous a révélé qu'on les appelait "les déterminants", puis nous avons observé le lien existant entre chacun des déterminants et le mot d'à côté, le nom. Bref, un bon moment de lecture grammaticale.

 

Mais ce qui a été le plus fort et parlant pour moi, c'est la conclusion que nous avons donnée à cette séquence sous forme théâtrale. J'ai demandé à des enfants volontaires de jouer le personnage-déterminant venant raconter son histoire à la classe. Vous constaterez dans cette vidéo ci-dessous comment l'incarnation, qui permet l'émotion, le jeu, l'humour, le plaisir et le partage, donne de la force à un concept pourtant abstrait. Et sans doute une certaine permanence...

 

A poursuivre les semaines prochaines.

 

"On apprend mieux entre nous"

Lundi 7 décembre, une journée de classe qui démarre comme pour les autres semaines par un "Je fais partager". Douze enfants s'inscrivent pour présenter un livre, un texte d'écrivain, raconter un vécu personnel, etc. Donc quatre passeront ce lundi, quatre mercredi, quatre vendredi.

- A. nous a apporté un livre sur les chevaux. C'est sa passion. Elle a préparé sa présentation, puisqu'elle a même sélectionné certaines pages à l'aide de post-it.

- E. nous a parlé de son week-end avec les Eclaireurs Israélites. Ils ont confectionné des cadeaux pour les enfants des familles ayant peu d'argent. Il nous a parlé aussi de la fête de Hanoukah, de l'allumage des bougies et nous a écrit Hanoukah au tableau en hébreu.

- I. nous a présenté son livre "Le bossu de Notre dame" qu'elle est en train de lire.

- L., qui est arrivée ce matin-là avec des béquilles, nous a parlé de son entorse, ce que c'était et ce que ça impliquait pour elle pour les semaines à venir.

Ces quatre passages ont passionné les enfants de la classe, je l'ai tout de suite senti. Alors, porté par une subite impulsion, j'ai proposé aux quatre enfants un rendez-vous à 11h30 pour me parler de ce temps de "Je fais partager".

Je vous livre ci-dessous l'essentiel de ce qu'ils ont dit, en essayant de conserver leur expression. J'ai été séduit par leur pensée, et conforté dans l'idée que l'enseignement par le maître n'était vraiment pas la voie d'apprentissage la plus efficiente (ce qui ne veut pas dire que notre part dans les apprentissages soit secondaire !)

"Ça sert à quoi le « Je fais partager » ?

- Ça sert à faire partager ce qu’on a appris ou ce qu’on a fait. Comme ça, on peut apprendre des choses aux autres. C’est bien de faire partager, car comme ça, les autres, ils en savent plus sur nous, sur ce qu’on aime, sur ce qu’on présente.

Pourquoi est-ce important qu’ils sachent ce que tu aimes, toi ?

- C’est pas important, mais ça peut leur apprendre.

- Si elle leur fait connaître ce qu’elle aime bien, peut-être que si ensuite elle les invite pour son anniversaire, ils sauront ce qu’elle aime pour les cadeaux.

- Oui, ça peut apprendre, ça peut bien aider, par exemple un enfant qui ne sait pas du tout ce que c’est que l’hôpital, qui n'y est pas allé, moi, si je lui expliquais, il saurait un peu plus.

- Je trouve que c’est très important de connaître ses qualités, ce qu’on aime, car après, ça peut te donner des idées. Je pourrais me dire, tiens, je pourrais bien aimer les chevaux, moi aussi.

- C’est bien parce que quand on a appris des choses, on peut les apprendre aux autres. E., par exemple, il aime bien les clowns, et quand on a fêté son anniversaire, les personnes qui lui ont fait un cadeau pouvaient savoir et lui faire un dessin, par exemple un singe qui fait des acrobaties.

- Quand on a fêté l’anniversaire d’E., sur le « Joyeux anniversaire », j’avais dessiné un clown.

Imaginez que demain matin, je vous fasse un exposé sur le cheval ou sur l’hôpital. Que voyez-vous comme différence avec le « Je fais partager » ?

- C’est mieux qu’on écoute des enfants, qu’on s’écoute entre nous. Toi, c’est bien aussi, mais je pense que c’est mieux d’enfants à enfants. Toi, on sait que tu sais beaucoup de choses. Je pense que c’est mieux de savoir des choses sur les autres.

- Si tu parles du cheval et qu’après tu parles tout de suite de l’hôpital puis du « Bossu de Notre Dame », et enfin de Hanoukah, ça n’a rien à voir entre eux. Le problème, c’est qu’il y a la même distance entre les quatre.

- C ’est mieux que ce soit les enfants qui présentent, parce que si toi, tu présentes quelque chose sur le cheval, on sait que les adultes connaissent beaucoup de choses, et nous, on en connait moins. Moi, quand je présente quelque chose sur le cheval, j’ai beaucoup de sourires, et vu que j’adore les chevaux, j’aime bien le présenter. Alors que mes parents ou souvent les adultes, ça ne les intéresse pas trop.

- Quand nous, on présente quelque chose comme un livre, c’est parce que on l’aime bien, ça nous a fait du plaisir quand quelqu’un nous l’a acheté, alors que les adultes, par exemple toi, quand tu présentes, des fois, t’es pas super content. C’est pas toi vraiment qui as envie de le présenter. C’est aussi des gens qui décident : « Dans la classe, on va faire ça en premier, après c’est la récréation, puis cela ». C’est pas toi qui décides vraiment ce qu’on va faire. C’est plus amusant pour nous de présenter. Et aussi, ça nous apprend à s’écouter entre nous. C’est déjà pas mal.

- C’est mieux d’écouter les plus petits, car les plus grands, ils vont savoir plus de choses que nous, ils vont nous corriger, et il y a des enfants qui n’aiment pas du tout ça. C’est pas grave s’ils ne disent pas exactement la bonne phrase.

- J’ai un peu changé d’avis, parce que c’est aussi intéressant de t’écouter, parce que c’est quand même toi qui nous apprends. Tu dois quand même nous corriger. C’est aussi intéressant, mais un petit peu moins que quand c’est entre enfants.

- C’est bien que les enfants expliquent des choses car des fois, il y a des personnes qui se moquent, quand on leur pose une question : « Tu vas pas savoir ! C’est trop compliqué pour toi ! » Des fois, au « Je fais partager », quand on leur montre des choses, les personnes qui se moquaient se moquent moins, parce qu’elles ne savaient pas, ça. Alors que la personne qui montre au « Je fais partager » savait. Ça nous montre qu’il ne faut pas se moquer des autres. Des fois, on sait des choses que l’autre personne ne sait pas, et des fois, le contraire.

- Faut pas se moquer des autres, car les petits peuvent apprendre aux grands. Par exemple, il y a tellement de pays que personne ne sait parler toutes les langues. Il y a donc peut-être des enfants qui apprennent le latin et qui l’apprendront à leurs parents.

Est-ce qu’il y a des moments où vous m’apprenez des choses ?

- Quand je t’ai présenté mon livre, peut-être que tu ne le connaissais pas. Quand A. a présenté son livre sur les chevaux, peut-être que tu ne savais pas tout ce qu’elle a expliqué. Et même à la maison, tu peux apprendre des choses à tes parents. La dernière fois, quand on est allé à la Cité de l’architecture, le soir ou le lendemain, j’ai expliqué à maman toutes les légendes qu’on avait apprises.

- Des fois, quand tu oublies quelque chose, on te le rappelle.

- Oui, c’est possible, parce que moi, quand je t’ai présenté Hanoukah, j’ai eu l’impression que t’as dit des choses que t’as remarqué et que tu ne les savais pas."

Cop'1 avec la Cop'21

Cette semaine, j'ai décidé d'être Cop'1 avec la Cop'21.

Pour cela, voici quelques propositions pour que les accès aux apprentissages soient en phase avec notre combat pour l'environnement.

1) Utilisons l'énergie solaire

Et si, lorsque le climat le permet, nous transférions la classe à ciel ouvert ? Que nos projets, nos découvertes, nos moments de transmission se fassent sans électricité, hors murs, dans la nature !

2) Répartissons différemment nos émissions de gaz carbonique

Et si nous laissions davantage l'expression aux élèves et par conséquent réduisions quelque peu notre expression à nous, enseignants ? Favorisons les temps de partage, de présentations, de pensées libres et réfléchies, tous ces temps qui peuvent devenir des moteurs naturels d'apprentissages.

3) Limitons les gaz à effets de serre

Et si nous privilégiions le milieu proche de l'école, pour ne pas utiliser inutilement les transports ? Ce serait l'occasion d'une (re)découverte de nos lieux de vie. Sommes-nous sûrs que les enfants connaissent leur environnement, son histoire ? Une façon de se l'approprier, voire d'en être fiers. De la géographie et de l'histoire incarnées.

4) Responsabilisons-nous

Et si nous inventions de nouvelles responsabilités dans la classe : le tamiseur qui éteint la lumière quand elle est superflue ; l'observateur, chargé de témoigner en direct des changements climatiques qui se déroulent par la fenêtre ; le glaneur, qui s'occupera des papiers usagés mais encore utilisables ; les éveilleurs qui alerteront en temps réel sur tout ce qui fait pollution en classe et dans l'école...

5) Réduisons les énergies fossiles

Et si nous développions les actions d'entraide et de tutorat entre pairs, pour que, grâce à la coopération, les énergies fossilisées de certains élèves, las des injonctions répétées de l'adulte, se réveillent peut-être et redeviennent solaires ?

6) Supprimons les usines à gaz

Et si l'administration de l'Education nationale favorisait vraiment les initiatives de chaque enseignant et de chaque équipe volontaire, en supprimant les procédures, filtrages hiérarchiques, papiers à remplir ? Rien de tel que la confiance pour permettre d'avancer !

7) Méfions-nous du tout technologique

Et si nous évitions de considérer le numérique comme l'unique réponse miracle aux difficultés d'apprentissage, et choisissions aussi l'humain, à travers notamment la culture et l'art ? Remplissons-nous d'histoires - de contes et de mythes par exemple pour faire culture commune - et de créations à mener ensemble, initiées par les élèves ou par l'enseignant.

8) Favorisons le renouvellement des énergies

Et si, par le développement d'institutions comme le conseil d’enfants, les conseils de délégués d’école, et par la mise en place d’ateliers de réflexion collective, les enfants devenaient pleinement partenaires des décisions à prendre. Cet exercice quotidien de la citoyenneté créera certainement le désir de participer plus tard activement à la vie de la cité et donc d’influer sur le cours de l’histoire.

Alain Badiou : A partir des meurtres de masse

Je vais, une fois n'est pas coutume, sortir du champ pédagogique pour vous faire partager cette conférence passionnante d'Alain Badiou sur les évènements actuels.

Elle est longue, mais ce temps d'1h46 vaut vraiment la peine pour se distancier d'un discours médiatique bien pauvre, et même manipulateur, et essayer de mener un  travail de compréhension sur ce qui se passe.


https://vimeo.com/147061687

Faire penser les élèves

Jacques Lévine, un de mes maîtres à penser, écrit dans "L'enfant philosophe, avenir de l'humanité ?" (page 24) : Savons-nous utiliser correctement l'appareil à penser dont tout être est censé disposer et qui constitue un outil majeur pour lutter contre les déviances anti-civilisatrices ?

 

Question essentielle en ces temps tragiques !

 

Depuis quelques années, j'ai mis l'accent dans ma réflexion et mes pratiques sur les ateliers de philosophie, aidé par tout le travail conduit par l'Agsas (http://agsas.fr/index.php/spip/) , puis je l'ai élargi avec notre projet sur les empêchements à apprendre vus par le regard du clown (http://www.empechementsaapprendre.com/) , et plus largement maintenant par la proposition de mettre en place un "temps des penseurs" dans notre emploi des temps.

 

C'est en cela que je rejoins totalement l'idée de Jacques Lévine, qui est qu'en faisant penser les enfants à l'école, nous les préparons à lutter contre toutes les tentatives d'endoctrinement et de formatage, qui amènent, entre autres, au fanatisme.

 

Pendant ces vacances de la Toussaint, nous avons travaillé à la Fédération de stages de l'Icem-Pédagogie Freinet sur comment favoriser le penser en classe, avec notamment deux modalités que nous avons choisi d'expérimenter.

 

J'ai commencé à le faire dans ma classe. Voilà les premiers essais :

 

1) Le retour réflexif sur les temps de classe

 

Il s'agit là de permettre aux élèves d'exprimer leur ressenti à l'issue de chacune des activités conduite en classe : comment l'ont-ils vécue et pourquoi ?

 

Vous trouverez ci-dessous, un moment de "temps libre et calme" de début de journée, suivi du retour réflexif de certains enfants, aidés en cela par une carte recto-verso (Top/Pas top).

 

 

 

2) Le retour réflexif sur ce qu'ils ont appris

 

Le plus souvent, en classe, nous abordons un grand nombre de savoirs sans prendre le temps de s'interoger sur leur fondement. C'est pourquoi, une réflexion sur le pourquoi de ces apprentissages nous a semblé nécessaire à mener. 

 

A la fin de la semaine dernière, nous avons listé quelques-uns des nouveaux savoirs abordés en classe et j'ai laissé les enfants dire pourquoi, à leur avis, nous apprenions ceux-ci.

 

En voilà deux exemples, l'un sur la géométrie, l'autre sur les articulations.

 

 

Le Temps des penseurs : Réflexions et propositions

Nous nous sommes réunis à huit pour penser "le Temps des penseurs" lors de la Fédération de stages organisée par l'Icem-Pédagogie Freinet. Voilà le fruit bien synthétisé de nos réflexions, et surtout des pistes d'expérimentation à conduire en classe.

 

Notre plan de travail (synthétisé) pendant le stage

  • PENSER LES SITUATIONS D’APPRENTISSAGE QUE NOUS VIVONS
    Comment les vit-on en classe ? Pourquoi ce ressenti ?
  • PENSER LES CONTENUS D’APPRENTISSAGE

Quels sont les contenus fondamentaux ?
Comment faire en sorte que les enfants portent un regard de penseur sur leurs savoirs ?

Comment faire en sorte que les savoirs que nous avons à enseigner soient le plus possible pensés dans la classe ?

  • PENSER LES EMPÊCHEMENTS A APPRENDRE
    Quels empêchements observons-nous dans nos classes ?
    Comment travailler sur les empêchements ?
  • PENSER LE GROUPE
    Quelles sont les façons de constituer une culture de groupe dans nos classes ?
    Comment aider l’élève à penser le groupe ?
  • SE PENSER SOI (COMME ETRE HUMAIN)
    C’est comment un enfant penseur ?
    Comment faire en sorte que l’élève ait un penser sur lui-même ?
  • NE PAS PENSER (Pour mieux penser ?)
  • SYNTHESE/FINALISATIONS/BILAN/PERSPECTIVES

 

Synthèse de notre travail

 

  • Qu’est ce que penser ?
    • Un pas de côté
    • Faire des liens ; relier ; « c’est comme »
    • Conscientiser
    • Porter un regard sur ce que j’ai fait, sur ce qui se passe, et comment je l’ai vécu (relire)
    • Questionner

 

  • Pourquoi penser ?
    • Conquérir les secrets de la vie (cf Jacques Lévine)
    • Remise en cause de ce qui est proposé
    • Passer d’un monde chaotique à un monde cohérent
    • S’approprier ce qu’on vit à l’école
    • Se construire, agir en son nom propre
    • Interpréter, se représenter le monde, tout en nuances.

 

  • Comment penser / faire penser ?

Les dispositifs de la classe Freinet qui, en permettant l’expression, la création libre, le tâtonnement, le partage, l’aménagement coopératif de l’espace et du temps, favorisent un penser permanent sur les apprentissages (au sens large), sur soi et sur le groupe.

 

Et pour aider à la prise de conscience de ces actes de penser, nous avons repéré des dispositifs complémentaires :

 

Le retour réflexif sur ce qui se passe en classe :

 

  • Pour penser les situations d’apprentissage :
    Permettre aux élèves et/ou à l’enseignant d’exprimer son ressenti à l’issue d’un moment de classe et de réfléchir brièvement ensemble au pourquoi / comment (en prenant en compte aussi les empêchements), pour le prolonger, si nécessaire, au Conseil.
    (élève) Qu’est-ce qui s’est passé pour moi ?
    (enseignant) J’ai observé que …
    (à la classe) Qu’en pensez-vo
    us ?

 

  • Pour penser les contenus d’apprentissage :
    Prendre un moment en fin de journée ou d’activité pour que les élèves identifient ce qu’ils ont appris et pourquoi.
    (élève) Avant, je ne savais pas que …/et : J’ai appris que…
    (élève) Je voudrais savoir pourquoi nous apprenons …
    (enseignant) A votre avis, pourquoi avons-nous travaillé s
    ur …

 

  • Pour se penser soi-même :
    Offrir la possibilité avec un outil simple et approprié pour chacun des élèves (éventail de pictogrammes, nuancier des sentiments) d’exprimer un sentiment personnel
    Fatigue, lassitude, énervement, impuissance, …

 

  • Pour penser le groupe :
    Même dispositif que pour les autres modalités, avec une focalisation sur les interactions.

 

Des moments plus planifiés où l’on va penser ensemble :

 

  • les ateliers de philosophie et de psychologie (cf. travaux de Jacques Levine),
  • le conseil,
  • les empêchements clownesques (http://www.empechementsaapprendre.com/),
  • jeux de rôles,
  • portrait chinois personnel ou du groupe,
  • bilan météo
  • la médiation culturelle (cf. travaux de Serge Boimare)

 

NB : Penser se fait bien sûr aussi de façon non volontaire (pendant les activités de loisir et quotidiennes, ou de façon inconsciente, pendant le sommeil).

 

Des prolongements évoqués

 

  • Chercher d’autres modalités pour faire penser qui ne soient pas verbales.
    Chacun selon ses penchants permet au groupe de les vivre pour ensuite les analyser.
    • Brain gym ;
    • Padovan ;
    • La méditation
    • Massage
    • Art du spectacle : mime ; marionnettes
    • Dispositif « Outil de représentation et de manipulation » © Céline / playmobil

 

  • Envisager un travail plus centré sur l’enseignant : penser sa classe, son travail, ses empêchements, sa personne.

 

Début de bibliographie

Jacques Lévine : « Anthropologie des savoirs scolaires »

Serge Boimare : « Ces enfants empêchés de penser »

André Tricot, sur les apprentissages naturels, adaptatifs.

Olivier Houdé : http://olivier.houde.free.fr/

Un article du Café pédagogique du 28/10/2015 : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/10/28102015Article635816158052873060.aspx

 

Le Temps des penseurs : Apprendre

Voilà nos premiers moments du Temps des penseurs dans la classe de CE1. Je vous conseille, pour en savoir plus sur la démarche, de relire cet article : http://pedagost.over-blog.com/2015/03/penser-a-l-ecole-penser-l-ecole.html

 

Vous pouvez écouter ci-dessous trois enregistrements consacrés au volet "Penser l'apprendre" :

 

1) Pourquoi apprend-on ?

 

2) Pourquoi parfois a-t-on du mal à apprendre ?

 

3) Que ressent-on quand on n'arrive pas à apprendre ?

La grammaire, autrement

Il y a quelques années, j'ai eu la chance que paraissent chez Bayard jeunesse trois livres que j'ai écrits, des livres cherchant à rendre les apprentissages plus ludiques et surtout "parlants" pour les enfants.

Il s'agit de "Verbes, sujets et compagnie", "Mat et Ma Tic et compagnie" et "Phrases, langues et fantaisies".

Les deux derniers ne sont plus diffusés, mais le premier, toujours, car il a connu un certain succès : plus de 20 000 exemplaires vendus !

Alors, je me permets de vous en reparler, ne l'ayant pas fait depuis longtemps. Si vous souhaitez faire découvrir à vos élèves et/ou à vos enfants une grammaire différente, peuplée de personnages auxquels s'identifier - en particulier le héros, le verbe Aimer - et la vivre et faire vivre comme une aventure, n'hésitez pas !

Quand j'avais des cycle 3, je lisais chaque semaine un épisode à mes élèves, qui entraient complètement dans l'histoire, et compléter cette lecture par des activités comme celles-ci : http://www.calameo.com/read/00002102540eefd03eed8

Il est "commandable" chez le diffuseur que vous préférez.

PS : Voilà un article paru sur le livre : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=17&srid=27&ida=5767

Les empêchements à apprendre sur scène et avec les solutions du public

Cet été 2015, Pépito, Chabotte Tripouille et Schlémil ont eu l'opportunité et la chance de sortir de leur studio d'enregistrement vidéo (et leur site d'accueil : http://www.empechementsaapprendre.com/) pour aller sur scène montrer leurs empêchements au public.

Ils l'ont fait d'abord en Belgique, lors de Rencontres pédagogiques d'été organisées par l'association "Changements pour l'égalité", puis lors du congrès de l'Icem-Pédagogie Freinet à Aix-en Provence.

Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont pris le risque d'expérimenter les solutions que leur proposerait le public, tout cela en totale improvisation, et avec le concours d'une Madame Loyal complice.

A vous de voir si le public et les clowns ont trouvé les bonnes réponses face à ces fameux empêchements ! (vous excuserez le "filmage" quelque peu chaotique...)

1) J'ai un souci

2) J'ai peur de rater

3) J'ai besoin de bouger

4) On me traite d'intello

5) Le spectacle, version courte et montée