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Des pictogrammes qui font du bien

Un court témoignage sensible vécu récemment dans ma classe (un CE1). La façon dont ça s'est déroulé m'a bien surpris et m'a donné envie de vous l'écrire !

 

Un vendredi matin, K., à peine arrivée à l'école, m'a raconté le cambriolage dont sa famille avait été victime la veille. Puis, nous sommes montés en classe et avons démarré le "Temps libre et calme", temps de sas entre la maison et l'école, chacun menant l'activité de son choix. Nous avons poursuivi la matinée avec le "Je fais partager", au cours duquel des enfants volontaires présentent à la classe un récit, un objet, une création qui leur tient à coeur.

 

Il se trouve que ce matin-là, K. devait passer au "Je fais partager" (elle s'était inscrite le lundi) et elle est arrivée avec une demi-feuille comportant des espèces de pictogrammes quelque peu mystérieux. Elle les avait composés lors du "Temps libre et calme".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voici son commentaire de l'image (suivez bien les pictogrammes !) :

"En fait, avant la serrure, elle était normale. Et puis après, il y a eu les voleurs avec un marteau, ils ont cassé la serrure, ils ont pu entrer dans la maison et ils ont volé un Ipad et le vieux téléphone de mon père et de ma mère. Après, y a eu un ami du bureau, il a pris un tournevis, et puis il a un peu réparé la serrure. Et puis après, il y a quelqu'un qui a réparé la serrure. Il a enlevé la serrure, il en a mis une nouvelle, et il a donné de nouvelles clés, comme ça on peut re-entrer et sortir."

ou avec le son :

 

Ça confirme encore une fois la nécessité de ces temps où les enfants, "personnes du monde", peuvent exprimer ce qu'ils ont en eux, et ici, pour K., se soulager d'un évènement un peu perturbant.

De la curiosité tous azimuths

En mars et novembre 2014, je vous ai décrit ce moment de classe intitulé "Nos questions", au cours duquel nous partions chaque semaine d'une question proposée et élue par la classe pour essayer de trouver ensemble des réponses :

http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html

http://pedagost.over-blog.com/2014/11/un-moment-de-questionnement-en-cp-ce1.html

Ce temps, qui fait partie du "Temps des penseurs" (http://pedagost.over-blog.com/2015/01/le-temps-des-penseurs.html), est devenu un rituel incontournable dans ma classe, et pour cette année de CE1, il entraîne souvent de vrais moments de jubilation. Depuis le début de l'année, les envies spontanées de questions foisonnent. D'ailleurs, le vote de la question hebdomadaire est un crève-coeur, tant les propositions sont riches et incarnées.

Nous avons pu aborder à ce jour les thématiques suivantes :

Comment ont disparu les dinosaures ? Pourquoi Noël existe ? Pourquoi les saisons existent-elles ? Comment sont apparus les animaux ? Comment c’est fait un squelette ? Pourquoi les guilis nous font-ils rire ? Comment le cerveau fonctionne-t-il ? Comment trouve-t-on les pierres précieuses ? Pourquoi fait-on des décorations ? Pourquoi a-t-on inventé le sport ? Pourquoi a-t-on inventé les musées ? D’où vient la poussière ? A quoi ressemble le moteur d’une voiture ? Qu’est-ce qu’il y a sous les mares ? Pourquoi a-t-on inventé les prénoms ? Qu’est-ce qu’il y a sous les trottoirs ? Pourquoi il y a-t-il plusieurs langues ? Comment est fabriquée une brique ? Comment fabrique-t-on une maison ? Comment fabrique-t-on le savon ? Pourquoi on ne marche pas pareil sur Terre et sur la Lune ? Comment trouver le nord, le sud, l’est et l’ouest ? Pourquoi a-t-on inventé la musique ?

Et ce n’est pas fini !

Ce que je trouve formidable avec cette activité, c’est de voir comment, au fil de l'année, les enfants l’investissent chaque semaine davantage. Alors qu’au début de l’année, j’apportais des documents en plus des leurs, depuis février, le moment de réponses aux questionnements est totalement le leur, avec souvent trois-quatre enfants qui arrivent avec de petits textes, des illustrations (B. est arrivé avec un plan dessiné de sous la terre), des expériences à mener (A. nous a présenté une expérience sur le magnétisme), des objets (B. est venu avec une brique) et même des petits exposés (E. a fait un exposé sur les langues et A. un autre sur le savon). Alors, évidemment, ils sont aidés à la maison pour le faire, mais quelle fierté de pouvoir s’emparer, même brièvement, de questions qui sont souvent considérées comme "pas de leur âge" et quelle émulation pour le groupe.

D’ailleurs, à ce sujet, je considère que le fait que les thématiques abordées soient hors programme est totalement sans objet. Il s’agit là avant tout de donner un espace à cette curiosité naturelle de l’enfant.

Et ça marche !

Daniel Gostain

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

J'ai lancé depuis quelques semaines un nouveau temps de classe appelé Eurêka. Il fait partie de ce dispositif dont j'ai parlé plusieurs fois dans ce blog, intitulé "Le Temps des penseurs", et que je présente là : http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html           Ce projet Eurêka est plutôt du registre "Penser les apprentissages.

 

Une fois par semaine, le plus souvent avant le temps des Projets personnels, les enfants qui le souhaitent passent au tableau nous parler de ce qu'ils ont appris récemment et du plaisir qu'ils ont eu à l'apprendre en classe ou à l'école, et qu'ils veulent faire partager au groupe.

 

Ensuite, à l'issue de chaque passage, l'enfant responsable d'Eurêka pour la quinzaine demande à la classe si des projets pourraient naître, issus de cette présentation.

 

En voici un exemple :

Les enfants se sont très vite emparés de cette idée et de nombreux projets sont en cours :

Projet "Eurêka" : Pour dire ce qu'on a aimé apprendre !

Ce que je trouve emballant avec Eurêka, c'est la mise en évidence des apprentissages par les enfants eux-mêmes ainsi que l'accent mis sur le plaisir qu'on peut avoir à apprendre. Le nombre important d'enfants souhaitant passer témoigne de son intérêt, je pense.

Essayez, vous aussi !

Le Travail Individuel

Ça fait plusieurs semaines que je tourne autour de cet article qui vous présenterait ce temps de classe quotidien qui est à mes yeux et à ceux des élèves je crois, un moment-plaisir dans ma classe cette année : le Travail individuel. En effet, les enfants se sont appropriés ce mode de travail très rapidement.

 

Je le présente : le lundi, je distribue à chaque enfant une feuille de "plan de travail" qui sera valable pour une période de deux semaines.

 

Vous trouverez là le plan que j'utilise cette année et que je modifie un peu chaque quinzaine :

Le Travail Individuel

Chaque enfant a une pochette dans laquelle sont insérés le plan de travail qu'il remplit au fur et à mesure, des fiches d'activités que je propose en lien avec des apprentissages de classe, par exemple une fiche de compréhension à partir d'une lecture suivie, un travail sur une notion de maths en cours, un peu d'écriture. Il y a aussi dans ce plan de travail les rubriques suivantes : l'écriture de textes libres, le rallye lecture, la préparation d'exposés.

Pendant ces quinze jours, à chacun de procéder comme il le sent pour organiser son travail. S. par exemple m'a dit avoir opté pour les activités qui lui plaisent le moins au démarrage, comme lorsqu'elle est à table où elle commence par manger ce qu'elle aime le moins, m'a-t-elle dit.

Ce que j'ai fait beaucoup avancer, c'est la gestion de l'aide que je peux leur apporter pour que ce moment soit le plus fluide possible.

Cette avancée, je la dois à Jean-Charles Huver, qui a un cycle 3 à Mouans-Sartoux et que j'ai pu voir dans sa classe lors des vacances d'hiver, profitant des décalages entre les zones, et dont vous pouvez voir le fonctionnement de classe ici : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/45969 Je vous le conseille vraiment !

Je me suis emparé de certains de ses dispositifs :

Quand le temps de travail individuel démarre, j'inscris au tableau les prénoms d'enfants que je souhaite voir individuellement pour faire le point.

Le Travail Individuel

Par ailleurs, sous ces prénoms, les enfants qui en auront besoin pourront ajouter le leur pour venir me voir, chacun à son tour .

Comme Jean-Charles, je me suis installé au milieu des enfants avec une chaise à côté de la mienne pour celui que je vais aider, de façon à ce que que la circulation soit aussi facile que possible.

Le Travail Individuel

Et enfin, pour pouvoir suivre au mieux les enfants dans leur progression, j'ai aussi adopté un choix de Jean-Charles, qui est celui du suivi plus approfondi de cinq élèves par jour (donc, sur une semaine, tout le monde est "passé"). J'ai établi un tableau qui liste pour chaque jour de la semaine cinq prénoms d'enfants dont je corrigerai les cahiers, mais aussi dont j'étudierai soigneusement leur avancée dans le travail individuel, ce qui me permettra de faire le point avec eux, si besoin. Ce tableau apparait sur la première image de cette article.

Et pour finir, je vous fais partager un moment en vidéo, mais ça a été filmé avant les changements que je relate ci-dessus.

Ça réfléchit !

A peu près chaque jeudi à 13h30, nous avons "Je réfléchis", un temps de pensée collective autour de ce que nous vivons ensemble en classe dans le cadre de nos travaux, de nos créations, de nos vécus.

 

Voilà quatre moments que vous pourrez écouter, je l'espère, avec plaisir :

 

1) Pourquoi aime-t-on souvent les histoires de mythologie ? (A partir des lectures que je fais du feuilleton d'Hermès : http://pedagost.over-blog.com/2015/05/le-nourrissage-culturel.html)

 

2) Pourquoi a-t-on parfois envie de devenir chef ?

 

3) Est-ce qu'on doit savoir comment on est né ? (A partir d'une lecture en réseau des albums "Ernest et Célestine")

 

4) C'est quoi réussir sa vie ? (A partir du texte libre d'un enfant)

 

 

La Phrase du jour

Le titre de ce billet pourrait faire penser à une activité qui se pratique de plus en plus souvent en classes, la plupart du temps en début de journée, intitulée aussi "La Phrase du jour".  L'enseignant écrit une phrase à partir de laquelle une analyse grammaticale est effectuée. Les phrases choisies par l'enseignant sont faites pour travailler un thème précis en grammaire.

 

Ce que je vais vous présenter aujourd'hui se différencie sur de nombreux points de cette pratique et se rapproche bien davantage d'un des principes défendus en pédagogie Freinet : partir des textes des enfants pour apprendre à lire, à écrire, à étudier la langue, à correspondre, etc.

 

En effet :

1) La phrase que nous allons étudier est proposée par un élève de façon spontanée, glissée dans mon oreille lors du temps de l'Accueil.

2) L'activité autour de cette phrase ne se limite pas à une analyse grammaticale, mais touche aussi à un vrai travail de compréhension, fait de contextualisation, d'hypothèses orthographiques, et seulement après de recherche grammaticale. Le tout porté par le désir qu'ils ont de deviner ce qu'a bien pu proposer leur camarade.

 

Pour ces deux raisons, je considère que les enfants se sentent bien davantage impliqués pendant ce temps, et que nous pouvons donc parler de "plaisir de classe".

 

Le point de départ de l'activité est venu de moi : un matin, j'ai été heureux de voir que de plus en plus d'élèves me disaient bonjour dans la cour, sans que je le demande. Alors, j'ai voulu leur faire partager cette satisfaction personnelle, mais plutôt que de passer par l'oral, je l'ai écrit au tableau sous une forme que j'affectionne, celle du Texte-Initiale (Le Texte-Initiale).

J__ s____ b____ c________ q__ n_____ n_____d_______ b__________ l_ m__________ !

(Je suis bien content que nous nous disions bonjour le matin !)

 

Les enfants ont découvert ce texte énigmatique, avec sous chaque mot un numéro. L'activité qui a suivi a été de recomposer le texte : chaque enfant me proposait une lettre pour le mot qu'il m'indiquait (par exemple le "o" après le "c" de "content"). Si la lettre était juste, il pouvait en proposer une seconde, sinon, nous passions à un autre enfant. Peu à peu, le texte apparaissait, les enfants, très actifs, se lançant dans une vraie conquête de la langue comme des aventuriers.

 

Une fois, le texte finalisé, nous passions à un petit moment grammatical : recherche de la nature des mots (déterminant, nom commun, nom propre, verbe) et nous finissions par des propositions d'enrichissement oral du texte à l'aide d'adjectifs.

 

Depuis ce premier temps que j'ai initié, chaque matin ou presque, un enfant me glisse dans la cour en secret un texte court à partir duquel nous menons l'activité.

 

Voilà un exemple en vidéo et une photo :

 

 

Plaisir VECU 900 : La Phrase du jour

Le visage de Fahd reflète bien la fierté que peut éprouver un enfant à ce que sa phrase devienne celle de toute la classe.

 

Cette association du "Je fais partager une phrase" (Le "Je fais partager") et du "Texte-Initiale" m'a semblé intéressante à vous décrire !

Faire du savoir un personnage (1)

Si vous parcourez ce blog régulièrement, vous pouvez y déceler un mélange de pédagogie Freinet, d'influences clownesques, à travers notamment le projet des "empêchements à apprendre" (http://www.empechementsaapprendre.com/), et un certain goût pour l'incarnation des savoirs, qu'on retrouve dans le livre que j'ai écrit, "Verbes, Sujets et compagnie".

 

Cette semaine, avec ma classe de CE1, nous avons commencé à étudier, en chercheur d'indices, ce qui constitue une phrase. Les enfants en ont inventé chacun une de leur choix puis nous en avons analysé deux prises au hasard au tableau.

 

Les voilà :

1) Le roi vit dans un château royal.

2) Une jument court dans des pierres.

 

Je leur ai demandé de dire ce qu'ils voyaient. La première, L., a remarqué que deux mots se ressemblaient : "un" et "une". Et puis, N. a ajouté que "le" et "des" ne leur ressemblaient pas mais étaient sans doute de la même famille, celle des petits mots. Alors, nous avons cherché à comprendre l'intérêt de ces mots, et très vite, les sens de singulier/pluriel et de masculin/féminin ont émergé. Un enfant nous a révélé qu'on les appelait "les déterminants", puis nous avons observé le lien existant entre chacun des déterminants et le mot d'à côté, le nom. Bref, un bon moment de lecture grammaticale.

 

Mais ce qui a été le plus fort et parlant pour moi, c'est la conclusion que nous avons donnée à cette séquence sous forme théâtrale. J'ai demandé à des enfants volontaires de jouer le personnage-déterminant venant raconter son histoire à la classe. Vous constaterez dans cette vidéo ci-dessous comment l'incarnation, qui permet l'émotion, le jeu, l'humour, le plaisir et le partage, donne de la force à un concept pourtant abstrait. Et sans doute une certaine permanence...

 

A poursuivre les semaines prochaines.

 

"On apprend mieux entre nous"

Lundi 7 décembre, une journée de classe qui démarre comme pour les autres semaines par un "Je fais partager". Douze enfants s'inscrivent pour présenter un livre, un texte d'écrivain, raconter un vécu personnel, etc. Donc quatre passeront ce lundi, quatre mercredi, quatre vendredi.

- A. nous a apporté un livre sur les chevaux. C'est sa passion. Elle a préparé sa présentation, puisqu'elle a même sélectionné certaines pages à l'aide de post-it.

- E. nous a parlé de son week-end avec les Eclaireurs Israélites. Ils ont confectionné des cadeaux pour les enfants des familles ayant peu d'argent. Il nous a parlé aussi de la fête de Hanoukah, de l'allumage des bougies et nous a écrit Hanoukah au tableau en hébreu.

- I. nous a présenté son livre "Le bossu de Notre dame" qu'elle est en train de lire.

- L., qui est arrivée ce matin-là avec des béquilles, nous a parlé de son entorse, ce que c'était et ce que ça impliquait pour elle pour les semaines à venir.

Ces quatre passages ont passionné les enfants de la classe, je l'ai tout de suite senti. Alors, porté par une subite impulsion, j'ai proposé aux quatre enfants un rendez-vous à 11h30 pour me parler de ce temps de "Je fais partager".

Je vous livre ci-dessous l'essentiel de ce qu'ils ont dit, en essayant de conserver leur expression. J'ai été séduit par leur pensée, et conforté dans l'idée que l'enseignement par le maître n'était vraiment pas la voie d'apprentissage la plus efficiente (ce qui ne veut pas dire que notre part dans les apprentissages soit secondaire !)

"Ça sert à quoi le « Je fais partager » ?

- Ça sert à faire partager ce qu’on a appris ou ce qu’on a fait. Comme ça, on peut apprendre des choses aux autres. C’est bien de faire partager, car comme ça, les autres, ils en savent plus sur nous, sur ce qu’on aime, sur ce qu’on présente.

Pourquoi est-ce important qu’ils sachent ce que tu aimes, toi ?

- C’est pas important, mais ça peut leur apprendre.

- Si elle leur fait connaître ce qu’elle aime bien, peut-être que si ensuite elle les invite pour son anniversaire, ils sauront ce qu’elle aime pour les cadeaux.

- Oui, ça peut apprendre, ça peut bien aider, par exemple un enfant qui ne sait pas du tout ce que c’est que l’hôpital, qui n'y est pas allé, moi, si je lui expliquais, il saurait un peu plus.

- Je trouve que c’est très important de connaître ses qualités, ce qu’on aime, car après, ça peut te donner des idées. Je pourrais me dire, tiens, je pourrais bien aimer les chevaux, moi aussi.

- C’est bien parce que quand on a appris des choses, on peut les apprendre aux autres. E., par exemple, il aime bien les clowns, et quand on a fêté son anniversaire, les personnes qui lui ont fait un cadeau pouvaient savoir et lui faire un dessin, par exemple un singe qui fait des acrobaties.

- Quand on a fêté l’anniversaire d’E., sur le « Joyeux anniversaire », j’avais dessiné un clown.

Imaginez que demain matin, je vous fasse un exposé sur le cheval ou sur l’hôpital. Que voyez-vous comme différence avec le « Je fais partager » ?

- C’est mieux qu’on écoute des enfants, qu’on s’écoute entre nous. Toi, c’est bien aussi, mais je pense que c’est mieux d’enfants à enfants. Toi, on sait que tu sais beaucoup de choses. Je pense que c’est mieux de savoir des choses sur les autres.

- Si tu parles du cheval et qu’après tu parles tout de suite de l’hôpital puis du « Bossu de Notre Dame », et enfin de Hanoukah, ça n’a rien à voir entre eux. Le problème, c’est qu’il y a la même distance entre les quatre.

- C ’est mieux que ce soit les enfants qui présentent, parce que si toi, tu présentes quelque chose sur le cheval, on sait que les adultes connaissent beaucoup de choses, et nous, on en connait moins. Moi, quand je présente quelque chose sur le cheval, j’ai beaucoup de sourires, et vu que j’adore les chevaux, j’aime bien le présenter. Alors que mes parents ou souvent les adultes, ça ne les intéresse pas trop.

- Quand nous, on présente quelque chose comme un livre, c’est parce que on l’aime bien, ça nous a fait du plaisir quand quelqu’un nous l’a acheté, alors que les adultes, par exemple toi, quand tu présentes, des fois, t’es pas super content. C’est pas toi vraiment qui as envie de le présenter. C’est aussi des gens qui décident : « Dans la classe, on va faire ça en premier, après c’est la récréation, puis cela ». C’est pas toi qui décides vraiment ce qu’on va faire. C’est plus amusant pour nous de présenter. Et aussi, ça nous apprend à s’écouter entre nous. C’est déjà pas mal.

- C’est mieux d’écouter les plus petits, car les plus grands, ils vont savoir plus de choses que nous, ils vont nous corriger, et il y a des enfants qui n’aiment pas du tout ça. C’est pas grave s’ils ne disent pas exactement la bonne phrase.

- J’ai un peu changé d’avis, parce que c’est aussi intéressant de t’écouter, parce que c’est quand même toi qui nous apprends. Tu dois quand même nous corriger. C’est aussi intéressant, mais un petit peu moins que quand c’est entre enfants.

- C’est bien que les enfants expliquent des choses car des fois, il y a des personnes qui se moquent, quand on leur pose une question : « Tu vas pas savoir ! C’est trop compliqué pour toi ! » Des fois, au « Je fais partager », quand on leur montre des choses, les personnes qui se moquaient se moquent moins, parce qu’elles ne savaient pas, ça. Alors que la personne qui montre au « Je fais partager » savait. Ça nous montre qu’il ne faut pas se moquer des autres. Des fois, on sait des choses que l’autre personne ne sait pas, et des fois, le contraire.

- Faut pas se moquer des autres, car les petits peuvent apprendre aux grands. Par exemple, il y a tellement de pays que personne ne sait parler toutes les langues. Il y a donc peut-être des enfants qui apprennent le latin et qui l’apprendront à leurs parents.

Est-ce qu’il y a des moments où vous m’apprenez des choses ?

- Quand je t’ai présenté mon livre, peut-être que tu ne le connaissais pas. Quand A. a présenté son livre sur les chevaux, peut-être que tu ne savais pas tout ce qu’elle a expliqué. Et même à la maison, tu peux apprendre des choses à tes parents. La dernière fois, quand on est allé à la Cité de l’architecture, le soir ou le lendemain, j’ai expliqué à maman toutes les légendes qu’on avait apprises.

- Des fois, quand tu oublies quelque chose, on te le rappelle.

- Oui, c’est possible, parce que moi, quand je t’ai présenté Hanoukah, j’ai eu l’impression que t’as dit des choses que t’as remarqué et que tu ne les savais pas."

Cop'1 avec la Cop'21

Cette semaine, j'ai décidé d'être Cop'1 avec la Cop'21.

Pour cela, voici quelques propositions pour que les accès aux apprentissages soient en phase avec notre combat pour l'environnement.

1) Utilisons l'énergie solaire

Et si, lorsque le climat le permet, nous transférions la classe à ciel ouvert ? Que nos projets, nos découvertes, nos moments de transmission se fassent sans électricité, hors murs, dans la nature !

2) Répartissons différemment nos émissions de gaz carbonique

Et si nous laissions davantage l'expression aux élèves et par conséquent réduisions quelque peu notre expression à nous, enseignants ? Favorisons les temps de partage, de présentations, de pensées libres et réfléchies, tous ces temps qui peuvent devenir des moteurs naturels d'apprentissages.

3) Limitons les gaz à effets de serre

Et si nous privilégiions le milieu proche de l'école, pour ne pas utiliser inutilement les transports ? Ce serait l'occasion d'une (re)découverte de nos lieux de vie. Sommes-nous sûrs que les enfants connaissent leur environnement, son histoire ? Une façon de se l'approprier, voire d'en être fiers. De la géographie et de l'histoire incarnées.

4) Responsabilisons-nous

Et si nous inventions de nouvelles responsabilités dans la classe : le tamiseur qui éteint la lumière quand elle est superflue ; l'observateur, chargé de témoigner en direct des changements climatiques qui se déroulent par la fenêtre ; le glaneur, qui s'occupera des papiers usagés mais encore utilisables ; les éveilleurs qui alerteront en temps réel sur tout ce qui fait pollution en classe et dans l'école...

5) Réduisons les énergies fossiles

Et si nous développions les actions d'entraide et de tutorat entre pairs, pour que, grâce à la coopération, les énergies fossilisées de certains élèves, las des injonctions répétées de l'adulte, se réveillent peut-être et redeviennent solaires ?

6) Supprimons les usines à gaz

Et si l'administration de l'Education nationale favorisait vraiment les initiatives de chaque enseignant et de chaque équipe volontaire, en supprimant les procédures, filtrages hiérarchiques, papiers à remplir ? Rien de tel que la confiance pour permettre d'avancer !

7) Méfions-nous du tout technologique

Et si nous évitions de considérer le numérique comme l'unique réponse miracle aux difficultés d'apprentissage, et choisissions aussi l'humain, à travers notamment la culture et l'art ? Remplissons-nous d'histoires - de contes et de mythes par exemple pour faire culture commune - et de créations à mener ensemble, initiées par les élèves ou par l'enseignant.

8) Favorisons le renouvellement des énergies

Et si, par le développement d'institutions comme le conseil d’enfants, les conseils de délégués d’école, et par la mise en place d’ateliers de réflexion collective, les enfants devenaient pleinement partenaires des décisions à prendre. Cet exercice quotidien de la citoyenneté créera certainement le désir de participer plus tard activement à la vie de la cité et donc d’influer sur le cours de l’histoire.