Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Penser l'apprentissage : Lire

Dans le cadre du "Temps des penseurs" (http://pedagost.over-blog.com/2015/02/le-temps-des-penseurs-affine.html), il y a un temps, celui des apprentissages.

 

Après avoir exploré à plusieurs enseignants l'apprentissage "Dessiner", nous avons interrogé dans ma classe de CP/CE1 l'acte de Lire.

 

Voilà le déroulement :

 

1) Moment de questionnement sur "Pourquoi apprenons-nous à lire ?" Vous remarquerez à l'écoute que le fonctionnel de la lecture l'emporte sur le plaisir, mais les enfants sont jeunes, pas encore lecteurs-experts.

 

2) Second questionnement : "Pourquoi parfois certains n'aiment pas lire ?" Les enfants mettent beaucoup l'accent sur la longueur des textes qui peut effrayer et dissuader de lire.

 

3) Moment de tutorat : après avoir recensé les enfants disant volontiers ne pas aimer lire, nous avons constitué des duos, un enfant cherchant à donner envie de lire aux "réfractaires". J'ai pu filmer leur compte-rendu de tutorat :

 

 

 

Le "Temps des Penseurs" affiné

J'ai retravaillé sur le "Temps des penseurs", une proposition concrète de classe pour inscrire dans l'emploi des temps un moment quotidien consacré spécifiquement à penser - ce qui s'impose vraiment au regard de l'actualité - en complément de tout ce que nous faisons déjà en classe.
- penser l'apprentissage
- penser ses empêchements
- penser la classe, elle-même
- penser le monde
- penser la condition humaine.

Cette proposition est là : http://www.calameo.com/read/0000210258c91c9dd19f0

J'ai ajouté dans la nouvelle mouture une proposition de programmation sur l'année, en différenciant notamment les temps pour penser l'apprentissage de ceux consacrés à penser les empêchements à apprendre. Ce qui facilite notre travail, je pense.

N'hésitez pas à réagir !

Et si on le mettait en place et l'expérimentait à plusieurs l'année prochaine !

Daniel

C'est quoi une maladie ?

De retour en classe, après un arrêt maladie de plus de trois semaines, rien de plus logique que de reprendre les ateliers de réflexion collective des CP/CE1 sur ce thème : la maladie.

 

Les Pochettes à savoirs

Après un échange avec Catherine Pattinier, membre de l'Icem-Pédagogie Freinet, j'ai une idée à vous proposer, qui me parait intéressante à creuser ensemble.

 

1) Catherine a créé des "pochettes à histoires" avec sa classe de maternelle : Ces pochettes, qui partent pour chacune d'un livre, contiennent des textes, des créations, des activités récoltés ou proposés par les enfants de sa classe et ces pochettes, riches de tous ces savoirs, font l'aller-retour entre l'école et la maison. C'est génial, je trouve. Je vous laisse les découvrir. http://www.calameo.com/read/00002102547ffa585b45a

 

2) Alors, je me suis dit que l'idée de pochettes thématiques qu'on remplirait de plein de façons et qui feraient le chemin maison/école serait une belle réponse à nos questionnements sur comment rebondir en savoirs et en découvertes sur ce qui émerge en classe. Je pense ainsi aux pochettes à créer qui pourraient émerger du "Quoi de neuf ?" (qui dans ma classe s'appelle "Je fais partager") : pochettes à dents (à partir d'un enfant qui aurait raconté comment sa dent est tombée) ; pochettes à volcans ; pochettes à belles phrases (avec les plus belles phrases à inventer) ; pochettes à poésies ; pochettes à nombres ; pochettes généalogiques..................................

 

 

3) Je verrais bien par exemple une équipes de deux-trois élèves se charger de constituer une "pochette des dates", dans laquelle il y aurait les anniversaires, le calendrier, la présentation de dates de l'Histoire qui comptent, des textes libres qui raconteraient ce qui s'est passé à telle ou telle date (en vrai ou en fiction), etc.

 

 

Toutes ces pochettes représenteraient un savoir vivant et en développement et enrichissement  permanents.

 

Vos idées, réactions et prolongements sont bienvenus !

Le Temps des Penseurs

Bonjour à tous et bonne année à chacun !

J'aimerais vous proposer de tester avec moi, dès la rentrée, un moment ritualisé de classe que j'ai appelé "Le Temps des penseurs", projet que je vous mets ci-dessous en lecture :

http://www.calameo.com/read/000021025424f6bffecc1 (si vous souhaitez pouvoir le télécharger et/ou l'imprimer, adressez-moi un message)
 

Ce temps, une demi-heure par jour environ, se renouvelant toutes les deux semaines, se propose d'intégrer dans l'emploi des temps un dispositif qui permette aux enfants de penser la classe, les apprentissages et leurs empêchements, le monde, notre condition humaine (ce qui ne signifie pas que le reste des temps, il n'y a pas à penser...)
Il reprend bien sûr des dispositifs bien connus en pédagogie Freinet : le Conseil coopératif en premier, les ateliers-philo aussi. Mais l'idée est ici de définir un tout, le "Temps des penseurs", revendiqué comme un moment aussi important que les autres, où l'on cherche à donner du sens à la posture d'élève, d'enfant, d'être humain.

Et si on essayait à plusieurs ce dispositif, puis on en faisait le point en fin d'année !?

Penser l'apprentissage

Depuis quelque temps, nous sommes plusieurs enseignants à réfléchir au "pourquoi" des apprentissages : Pourquoi apprenons-nous à dessiner/lire/compter/mesurer/étudier l'espace/etc ? Il s'agit pour nous d'expérimenter une sorte de recherche-action à laquelle nos élèves sont directement associés.

 

En décembre, nous avons choisi de nous pencher sur le "Dessiner" et avons mené avec nos élèves une réflexion sur cet apprentissage-là.

 

Première phase :

Nous avons commencé par nous interroger en atelier "philo" sur pourquoi nous apprenons à dessiner et pourquoi il y a des personnes qui n'aiment pas dessiner.

 

Deuxième phase :

Comment faire en sorte qu'il y ait un changement chez ceux qui n'aiment pas dessiner ou ne savent pas bien dessiner ?

J'ai proposé un moment de tutorat entre élèves en listant d'abord au tableau ceux qui disent ne pas aimer ou ne pas bien savoir dessiner, puis d'autres enfants se sont proposés comme tuteurs.

Voilà un moment filmé de ce tutorat :

 

Des questions qu'ils se posent

Je ne me lasse vraiment pas de ce moment où je pose mon bâton de maître qui explique, pour celui de l'homme qui écoute les enfants de la classe cheminer dans leurs pensées.

J'ai présenté le dispositif des ateliers de réflexion collective, inspirés par Jacques Lévine, dans cet article : http://pedagost.over-blog.com/article-ils-pensent-donc-ils-sont-103389304.html

Chaque semaine, nous nous regroupons en cercle par terre, moi inclus, et à partir d'une simple question, des fenêtres s'ouvrent, celle de la vraie pensée - pas celle qui consiste à simplement répondre aux questions orientées de l'enseignant -, celle d'un certain vertige - oh là là, où allons-nous dans nos recherches ? - celle de la remise en question personnelle devant les paroles divergentes de chacun.

Il s'agit d'un moment qui ne s'évalue pas - même avec des A, B, C, D yes - mais qui bâtit un groupe, des personnes, une culture commune.

Ecoutons-les :

1) A quoi ça sert de rêver ?

2) Pourquoi a-t-on inventé les jeux ?

Défis mathématiques : des nouveautés

Vous remarquerez certainement que dans ce blog, j'essaie de proposer des exemples les plus concrets possible de transformation de la classe et je m'attache au pédagogique bien plus qu'au didactique.

 

Mon objectif principal est de faire en sorte que l'accès aux apprentissages prennent le plus de sens possible pour l'enfant, qu'il en soit - ou au moins qu'il s'en ressente - l'auteur, comme on le dit en pédagogie Freinet. D'où, entre autres,  le journal de classe, les moments de questionnements, les projets personnels, le "Je fais partager", et ici, les défis mathématiques.

 

Si les mathématiques ne restent qu'abstraction, il manque alors l'idée de faire de cette discipline une discipline de vie. Aussi, chaque année, je consacre des temps à l'étude du milieu avec lunettes mathématiques. J'ai déjà écrit un article sur ce sujet : http://pedagost.over-blog.com/article-des-defis-mathematiques-en-cp-ce1-111201118.html

 

Voilà une nouvelle expérience, tout aussi intéressante que la précédente, me semble-t-il : les enfants, comme vous allez le voir sur la première vidéo, sont totalement investis dans le défi qu'ils ont choisi de relever.

 

Rappelons la procédure :

1) Nous mettons nos lunettes mathématiques pour porter un autre regard sur l'environnement de la classe et j'écris ce qu'ils remarquent. http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-599-avec-mes-lunettes-mathematiques-je-vois-a112633252

2) Les enfants et moi-même proposons des défis à relever : comptage, mesures, représentations, traçage, etc.

3) Des duos sont formés, prêts à relever les défis.

4) C'est parti !

5) Puis, chaque équipe présente son activité : ses découvertes, ses difficultés, ses résultats :

 

Un moment de questionnement en CP-CE1

J'ai eu l'occasion ces derniers mois de vous faire part de l'accent mis sur le questionnement dans ma classe :

http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html

Aujourd'hui, pour vous donner davantage l'idée de comment ça se déroule, voilà une vidéo où l'on voit les élèves proposer leurs questions (ce qui donne par ailleurs l'occasion de mener un petit travail complémentaire d'encodage), suivi du vote pour la question de la semaine.

L'exemple donné par S.

Une classe, c'est une alchimie particulière.

Une alchimie faite de sécurité (les élèves ont besoin de sentir que la classe est un lieu sans danger), de stabilité (ils ont aussi besoin de sentir que tout ne va pas être chamboulé sans arrêt, d'où la difficulté, surtout chez les élèves les plus fragiles, d'accepter l'absence de leur enseignant référent), de légèreté (ils doivent se sentir reconnus dans leur âme d'enfant), de sens (ils doivent vivre la classe comme un lieu de conquête, et plus largement de vraie vie).

Cette alchimie ne se décrète pas, elle est favorisée par tout un dispositif qui vous est fréquemment décrit dans ce blog : expression libre, questionnements permanents, coopération, projets authentiques, reconnaissance de chacun, etc.

Elle est aussi facilitée par la présence de certains enfants, et là, j'aimerais vous parler de S.

S. est une petite fille de sept ans, qui était déjà dans ma classe de CP l'an dernier, et qui, plus j'y réfléchis, a une place essentielle dans la classe :

- Elle participe - à sa manière, discrète - à tout ce qui est proposé en classe : écriture de textes libres, rallyes lecture, passage au "Je fais partager" (aujourd'hui, elle nous a présenté un dessin d'autoroute qu'elle a réalisé à l'occasion d'un déplacement récent en voiture), paroles aux moments philo...

- Elle a accepté sans hésitation à se mettre à côté de F., dont j'ai déjà parlé dans l'article suivant (http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-288-la-metamorphose-de-f-a107848748), pour l'aider, et je la surprends régulièrement à se pencher vers lui pour lui montrer, lui réexpliquer, l'accompagner, sans qu'à aucun moment je n'aie besoin de le lui dire. Sans faire de bruit et sans recherche de gratification quelconque.

- Elle entre dans la classe à chaque retour de récréation avec un regard systématique sur l'emploi du temps qui est affiché au tableau et va aussitôt se positionner à l'endroit adéquat ou sortir les outils qui conviennent à l'activité à venir.

Précisons que ce n'est pas une élève issue d'un milieu social favorisé, ni une surdouée. Elle est là. Simplement là.

Alors, pourquoi a-t-elle selon moi une place si importante ? C'est parce que je considère que l'exemple donné par un pair est moteur pour les autres élèves - surtout quand cet exemple est gratuit, sans recherche de gloire ou de récompense de sa part -, bien plus moteur, ou plutôt, autrement moteur, que celui donné par l'enseignant. Et je sens depuis quelques semaines que S. fait peu à peu tache d'huile chez d'autres élèves plus récalcitrants.

Et puis, voilà un petit clin d'oeil pour parler encore un peu de S. Tout à l'heure, alors qu'on parlait ensemble de "pourquoi il y avait autrefois des chevaliers et plus aujourd'hui ?", elle est intervenue en disant qu'on dit le mot "chevalier", car le cheval et son maître sont très liés.

J'ai souri. C'était faux... et pourtant tellement juste !