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Des questions qu'ils se posent

Je ne me lasse vraiment pas de ce moment où je pose mon bâton de maître qui explique, pour celui de l'homme qui écoute les enfants de la classe cheminer dans leurs pensées.

J'ai présenté le dispositif des ateliers de réflexion collective, inspirés par Jacques Lévine, dans cet article : http://pedagost.over-blog.com/article-ils-pensent-donc-ils-sont-103389304.html

Chaque semaine, nous nous regroupons en cercle par terre, moi inclus, et à partir d'une simple question, des fenêtres s'ouvrent, celle de la vraie pensée - pas celle qui consiste à simplement répondre aux questions orientées de l'enseignant -, celle d'un certain vertige - oh là là, où allons-nous dans nos recherches ? - celle de la remise en question personnelle devant les paroles divergentes de chacun.

Il s'agit d'un moment qui ne s'évalue pas - même avec des A, B, C, D yes - mais qui bâtit un groupe, des personnes, une culture commune.

Ecoutons-les :

1) A quoi ça sert de rêver ?

2) Pourquoi a-t-on inventé les jeux ?

Défis mathématiques : des nouveautés

Vous remarquerez certainement que dans ce blog, j'essaie de proposer des exemples les plus concrets possible de transformation de la classe et je m'attache au pédagogique bien plus qu'au didactique.

 

Mon objectif principal est de faire en sorte que l'accès aux apprentissages prennent le plus de sens possible pour l'enfant, qu'il en soit - ou au moins qu'il s'en ressente - l'auteur, comme on le dit en pédagogie Freinet. D'où, entre autres,  le journal de classe, les moments de questionnements, les projets personnels, le "Je fais partager", et ici, les défis mathématiques.

 

Si les mathématiques ne restent qu'abstraction, il manque alors l'idée de faire de cette discipline une discipline de vie. Aussi, chaque année, je consacre des temps à l'étude du milieu avec lunettes mathématiques. J'ai déjà écrit un article sur ce sujet : http://pedagost.over-blog.com/article-des-defis-mathematiques-en-cp-ce1-111201118.html

 

Voilà une nouvelle expérience, tout aussi intéressante que la précédente, me semble-t-il : les enfants, comme vous allez le voir sur la première vidéo, sont totalement investis dans le défi qu'ils ont choisi de relever.

 

Rappelons la procédure :

1) Nous mettons nos lunettes mathématiques pour porter un autre regard sur l'environnement de la classe et j'écris ce qu'ils remarquent. http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-599-avec-mes-lunettes-mathematiques-je-vois-a112633252

2) Les enfants et moi-même proposons des défis à relever : comptage, mesures, représentations, traçage, etc.

3) Des duos sont formés, prêts à relever les défis.

4) C'est parti !

5) Puis, chaque équipe présente son activité : ses découvertes, ses difficultés, ses résultats :

 

Un moment de questionnement en CP-CE1

J'ai eu l'occasion ces derniers mois de vous faire part de l'accent mis sur le questionnement dans ma classe :

http://pedagost.over-blog.com/2014/05/nos-questions.html

Aujourd'hui, pour vous donner davantage l'idée de comment ça se déroule, voilà une vidéo où l'on voit les élèves proposer leurs questions (ce qui donne par ailleurs l'occasion de mener un petit travail complémentaire d'encodage), suivi du vote pour la question de la semaine.

L'exemple donné par S.

Une classe, c'est une alchimie particulière.

Une alchimie faite de sécurité (les élèves ont besoin de sentir que la classe est un lieu sans danger), de stabilité (ils ont aussi besoin de sentir que tout ne va pas être chamboulé sans arrêt, d'où la difficulté, surtout chez les élèves les plus fragiles, d'accepter l'absence de leur enseignant référent), de légèreté (ils doivent se sentir reconnus dans leur âme d'enfant), de sens (ils doivent vivre la classe comme un lieu de conquête, et plus largement de vraie vie).

Cette alchimie ne se décrète pas, elle est favorisée par tout un dispositif qui vous est fréquemment décrit dans ce blog : expression libre, questionnements permanents, coopération, projets authentiques, reconnaissance de chacun, etc.

Elle est aussi facilitée par la présence de certains enfants, et là, j'aimerais vous parler de S.

S. est une petite fille de sept ans, qui était déjà dans ma classe de CP l'an dernier, et qui, plus j'y réfléchis, a une place essentielle dans la classe :

- Elle participe - à sa manière, discrète - à tout ce qui est proposé en classe : écriture de textes libres, rallyes lecture, passage au "Je fais partager" (aujourd'hui, elle nous a présenté un dessin d'autoroute qu'elle a réalisé à l'occasion d'un déplacement récent en voiture), paroles aux moments philo...

- Elle a accepté sans hésitation à se mettre à côté de F., dont j'ai déjà parlé dans l'article suivant (http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-vecu-288-la-metamorphose-de-f-a107848748), pour l'aider, et je la surprends régulièrement à se pencher vers lui pour lui montrer, lui réexpliquer, l'accompagner, sans qu'à aucun moment je n'aie besoin de le lui dire. Sans faire de bruit et sans recherche de gratification quelconque.

- Elle entre dans la classe à chaque retour de récréation avec un regard systématique sur l'emploi du temps qui est affiché au tableau et va aussitôt se positionner à l'endroit adéquat ou sortir les outils qui conviennent à l'activité à venir.

Précisons que ce n'est pas une élève issue d'un milieu social favorisé, ni une surdouée. Elle est là. Simplement là.

Alors, pourquoi a-t-elle selon moi une place si importante ? C'est parce que je considère que l'exemple donné par un pair est moteur pour les autres élèves - surtout quand cet exemple est gratuit, sans recherche de gloire ou de récompense de sa part -, bien plus moteur, ou plutôt, autrement moteur, que celui donné par l'enseignant. Et je sens depuis quelques semaines que S. fait peu à peu tache d'huile chez d'autres élèves plus récalcitrants.

Et puis, voilà un petit clin d'oeil pour parler encore un peu de S. Tout à l'heure, alors qu'on parlait ensemble de "pourquoi il y avait autrefois des chevaliers et plus aujourd'hui ?", elle est intervenue en disant qu'on dit le mot "chevalier", car le cheval et son maître sont très liés.

J'ai souri. C'était faux... et pourtant tellement juste !

Utiliser les scènes de clowns sur l'empêchement en classe

Utiliser les scènes de clowns avec une classe

Beaucoup de personnes se disent très intéressées par cette approche des "empêchements à apprendre" (http://www.empechementsaapprendre.com/) mais se demandent comment l'aborder en classe. Alors voilà un exemple sur l'empêchement "J'ai besoin de bouger" avec des CP/CE1.

Petite précision : Ce que vous allez voir en vidéo ne prétend aucunement être l'exemple à suivre ni un modèle, mais une façon de faire qui convient à l'enseignant, au niveau de classe, donc à l'âge des enfants, et à l'atmosphère de cette classe. Libre à chacun d'utiliser ces supports selon sa personnalité et donc de pousser l'exploitation vers plus de créations artistiques, plus de théâtre, plus d'échanges oraux, plus d'écriture, etc.

NB : Ces vidéos sont floutées mais cela n'empêche pas de suivre le déroulé.

1) Présentation de ce moment à la classe

2) Réagir à la scène initiale d'empêchement

3) Rejouer la scène en classe.

4) Chercher des solutions

5) Réagir à une solution des clowns

6) Mener un moment de réflexion collective sur cette thématique : "Est-ce bien de bouger ?"

Les empêchements à apprendre ont leur site !

Ça y est, il est là, le site des "empêchements à apprendre vus par les clowns", tout nouveau, tout beau - enfin, je trouve - et tout prêt à rendre service à l'enseignant/éducateur désireux de prendre en compte dans sa pratique ce qui empêche d'apprendre : scènes de clowns pour réfléchir, pistes pédagogiques pour faire bouger la classe.

http://www.empechementsaapprendre.com/

Bonne consultation.

Et si vous pouviez faire partager, ce serait chouette...

A quoi ça sert de lire ?

Suite à la sortie de la classe pour voir le film "Les fantastiques livres volants....", nous avons réfléchi ensemble à la question : "A quoi ça sert de lire ?"

Je trouve qu'ils donnent bien du sens à l'acte de lire dans l'ensemble.

 

De bien belles phrases !

Il y a peu de temps, sur un autre blog, je parlais d'un chouette temps de partage et de recherche que nous avons mis en place à quatre collègues tous les lundis midi : http://http://laclasseplaisir.eklablog.com/plaisir-a-vivre-827-reflechir-librement-en-equipe-a112472012

Après avoir déjà échangé sur nos expériences (ou non) de "Je fais partager", d'écriture de textes libres et des possibles prolongements en amélioration collective de textes, nous avons décidé lundi de nous amuser : Et si dans chacun dans nos classes de CP ou de CE1, nous cherchions à construire la phrase la plus belle du monde ! Ce qui serait une belle occasion pour aborder cette notion par un bout festif.

Nous avons opté pour une phrase minimale : "Un enfant joue" et chaque classe s'est mise au travail. Voilà le résultat :

- Mes CP ont abouti à : "Un enfant joue au foot avec ses copains, parce qu'il veut se muscler les jambes, et dès qu'il a fini de se muscler les jambes, il s'achète mille nouvelles jolies chaussures au Monoprix." Cette phrase a été bâtie collectivement, chacun proposant des ajouts.

- Mes CE1 sont eux arrivés à : "Un petit enfant et son copain jouent aux cartes Pokemon dans un jardin qui a des buis, des pierres et des roses, et un des deux enfants perd l'une de ses cartes Pokemon, qui est la plus forte.

- Des CE1 : Un enfant joue avec un ballon rouge et noir dans le jardin avec sa grande soeur, pendant que leur maman mange une glace vanille-chocolat et que leur papa dort dans une chaise longue verte et ronfle fort.

- Un autre CP : Un enfant qui s'appelle Ariella joue à la marelle avec une corde à sauter en plastique de toutes les couleurs dans la cour de récréation, pendant qu'un garçon, Arthur, joue au ballon dans un coin de la cour, et ils se regardent parce qu'ils sont amoureux.

- Un dernier CE1 : Il était une fois une maison avec un jardin où il y avait un petit enfant qui jouait avec sa petite sœur au ballon, debout sur un cheval au galop qui s’appelle Arc-en-ciel, et dans les nuages dorés et argentés, un rossignol chantait.

Je profite de ce travail sur la Phrase pour vous faire partager ces documents conçus pour rendre les notions plus accessibles, notamment en grammaire. Vous y trouverez par exemple une page sur l'embellissement de la phrase : http://fr.calameo.com/read/000021025a923e20983ff

5ème Salon de la pédagogie Freinet

5e Salon de la pédagogie Freinet

Mercredi 5 novembre 2014

A partir de 13 heures

Maison des métallos

94, rue Jean-Pierre Timbaud
Paris 11e

Salon organisé par l’ICEM – pédagogie Freinet

et l’IPEM, son groupe départemental parisien

Avec le partenariat de la Maison des métallos

Programme

13 h : Accueil des participants

13 h 20 : Ouverture du Salon par la Maison des métallos et par l'IPEM

13 h 30 à 15 h : Table-Ronde sur le thème « Désirs de savoirs, désir d'enseigner » avec :
- Philippe Meirieu, auteur récemment de Le plaisir d'apprendre ;
- Serge Boimare, auteur de Ces enfants empêchés de penser et La peur d'enseigner ;
- Martine Boncourt, membre de l'ICEM, auteur de L'autorité à l'école, mode d'emploi.

Animation : Philippe Mourrat (directeur de la Maison des métallos)

15 h à 15 h 30 : Pause (visite des stands, échanges informels)


15 h 30 à 16 h 30 : Ateliers autour du thème « Désirs de savoirs, désir d'enseigner. Et si la pédagogie Freinet... »


- Atelier 1 : Découvrir la pédagogie Freinet
- Atelier 2 : Agir contre les empêchements à apprendre
- Atelier 3 : Se lancer en créations mathématiques et en textes libres
- Atelier 4 : Faire vivre les désirs individuels et collectifs dans la classe
- Atelier 5 : Travailler en pédagogie Freinet sur un an


16 h 30 à 17 h 30 : Echanges informels

(les animateurs d'ateliers auront un badge indiquant l'atelier de façon à ce que les visiteurs puissent les repérer et aller plus loin dans l'échange)

Contact : Emilie Lassau elassaugmail.com">


Entrée libre en fonction des places disponibles

Nos premiers moments de "philosophie"

Nos premiers moments de réflexion collective ont bien démarré cette année avec les CP/CE1. Je suis déjà bien étonné par leur écoute, leurs débuts d'argumentation, mais aussi la capacité de certains à remettre en question leurs propos de départ.

A vous d'en juger :

1) Est-ce que les animaux carnivores sont méchants ?

2) Pourquoi les adultes veulent-ils souvent avoir des enfants ?

3) Est-ce que les enfants pourraient se débrouiller sans les adultes ?